COVID-19 : continuer à surveiller la fonction cardiaque en post-hospitalisation des formes modérées

Nathalie Barrès

Auteurs et déclarations

22 mars 2021

Hong Kong, Chine — Une nouvelle étude récente réalisée chez des sujets ayant eu une infection à SARS-CoV-2 modérée montre que 42,3% avaient des atteintes cardiaques une à quatre semaines après leur sortie hospitalière alors que leur fonction cardiaque était normale à l’admission. Trois sur dix avaient une bradycardie sinusale de novo. Celle-ci était invalidante, mais se résolvait dans le temps. Ainsi, ces résultats soulignent l’intérêt d’une surveillance cardiaque en post-hospitalisation chez ces sujets. Ils ont été publiés dans la revue Plos One[1].

Augmentation des taux de troponine sérique

De précédentes études ont montré que les sujets qui ont des antécédents de pathologies cardiovasculaires ont un moins bon pronostic que les autres lorsqu’ils sont infectés par le SARS-CoV-2. D’autres études ont mis en évidence l’augmentation des taux de troponine sérique au-delà des limites supérieures de référence chez près de 30% des patients Covid-19 positifs, soulignant une atteinte aiguë du myocarde. Il s’agit là d’un taux 10 fois supérieur à celui habituellement constaté lors d’une infection par le virus de la grippe (2,9%). Il était donc essentiel de caractériser les atteintes cardiaques post-hospitalisation chez les sujets Covid positifs afin de mieux les surveiller.

Bradycardie sinusale chez 30% des patients

Un suivi de la fonction cardiaque (ECG, électrocardiogramme, troponine sérique, NT-proBNP, et épreuve d’effort sur tapis roulant et IRM cardiaque au besoin) a été réalisé de manière systématique, 1 à 4 semaines après la sortie hospitalière chez 97 sujets guéris d’une COVID-19 modérée. Cette étude chinoise a inclus 97 sujets (âge moyen 46,5 ans, 54% étaient des hommes). Tous ont eu une infection à SARS-CoV-2 jugée non sévère et sans manifestation cardiaque initiale. Aucun n’a eu besoin de soins intensifs.

Parmi les participants, 22,1% avaient des antécédents d’hypertension, 10,6% un diabète, 6,2% une coronaropathie. La tension artérielle moyenne à l’inclusion était de 137,4/81,6 mmHg et la fréquence cardiaque moyenne de 85,9 battements/min.

Le délai médian d’hospitalisation était de 17 jours et la durée médiane entre la sortie hospitalière et l’évaluation de la fonction cardiaque de 11 jours.

Sur l’ensemble des individus suivis, 42,3% avaient des anomalies cardiaques dont 29,9% une bradycardie sinusale (7,2% avec une fréquence cardiaque significativement basse <50 battements/minutes), 8,2% des anomalies de l’onde T de novo, 6,2% un taux de troponine élevé, 1,0% une fibrillation atriale et 1,0% une dysfonction ventriculaire gauche avec élévation du taux de NT-proBNT. La bradycardie sinusale était autolimitante mais se résolvait dans le temps. Chez les sujets qui avaient des taux élevés en troponine dans le temps ou des anomalies de l’onde T nouvellement détectée, ni l’échographie cardiaque, ni l’IRM n’ont révélé la présence d’un début d’infarctus, une myocardite ou une dysfonction ventriculaire gauche.

A noter que les sujets qui présentaient des atteintes cardiaques à l’inclusion ont été exclus.

 

Cet article a été initialement publié sur le site Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

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