Cas clinique : suivi endocrinologique après un carcinome papillaire de la thyroïde

Dr José Gotés Palazuelos

Auteurs et déclarations

19 mars 2021

Le cas clinique décrit ci-dessus est celui d’une patiente présentant un profil de dyslipidémie mixte associant hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie avec un taux de triglycérides très élevé.

La définition de l’hypertriglycéridémie sévère varie selon les sociétés savantes. [En France, des taux de triglycérides >1,5 g/l indiquent une hypertriglycéridémie légère, majeure à 5g/l et sévère à 20 g/L.]

Il est généralement admis que des valeurs supérieures à 5g/L augmentent considérablement le risque de pancréatite, de sorte qu’un traitement rapide et ciblé doit être mis en place, ainsi qu’un suivi strict de son application.

Dans la plupart des cas, l’hypertriglycéridémie est d’origine multifactorielle, due à des facteurs environnementaux, des comorbidités et une hérédité familiale.

Parmi les causes environnementales les plus fréquentes figurent la consommation d’alcool, de tabac, de médicaments (diurétiques thiazidiques, bétabloquants, antipsychotiques, œstrogènes oraux…), une alimentation riche en glucides ou en lipides, associées à une faible activité physique.

De la même manière, la coexistence de troubles métaboliques tels qu’un état de pré-diabète, un surpoids, une obésité et un syndrome des ovaires polykystiques favorisent l’apparition d’une dyslipidémie.

Parmi les causes génétiques en lien avec une hypertriglycéridémie, nous pouvons citer l’hyperlipidémie familiale combinée, l’hypertriglycéridémie familiale et la dysbétaliporotéinémie. [1]

L’hyperlipidémie familiale combinée représente la dyslipidémie primaire la plus fréquente. De nature polygénique, elle est caractérisée par des fluctuations de concentrations sériques des taux lipidiques et peut se présenter sous la forme d’une hypercholestérolémie, d’une hypertriglycéridémie isolée ou l’association des deux avec la présence d’antécédents familiaux de dyslipidémie (un parent ayant une hypercholestérolémie ou un autre ayant une hypertriglycéridémie ou un autre ayant les deux) et une possible hérédité coronarienne.

L’hyperlipidémie familiale combinée est généralement associée à des troubles métaboliques tels que le diabète de type 2, la stéatose hépatique non alcoolique, la stéatohépatite et le syndrome métabolique, responsables d’une exacerbation de la dyslipidémie. [2]

Dans le cas clinique présenté : nous pouvons observer qu’outre l’hypertriglycéridémie, la patiente présente une hypercholestérolémie (la valeur des lipoprotéines de basse densité ne peut pas être prise comme référence, car les triglycérides supérieurs à 4 g/l affectent le calcul effectué dans certains laboratoires), ainsi que des facteurs de risque tels qu’un syndrome des ovaires polykystiques et un surpoids.

Il est également rapporté une prise de poids de 5 kg dans les 6 derniers mois, ce qui suggère un bilan énergétique positif.

L’histoire familiale retrouve une dyslipidémie chez le père et une hypercholestérolémie chez le frère.

Tout ceci concorde avec une dyslipidémie secondaire à une hyperlipidémie familiale combinée chez cette patiente, exacerbée par des comorbidités fréquemment associées et un bilan énergétique positif.

La néphropathie et l’hypothyroïdie ont été exclues en raison des résultats des tests de laboratoire et l’hypertriglycéridémie familiale due à la présence d’une dyslipidémie mixte associant à la fois hypercholestérolémie et hypertriglycéridémie.

Lorsqu’une hyperlipidémie familiale combinée est suspectée, il est possible de doser le taux sanguin d’apolipoprotéine B. S’il est supérieur au 90ème percentile pour la population et le sexe, il peut confirmer le diagnostic de dyslipidémie.

 

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