Lien de causalité probable entre l’hypertension artérielle et la fibrillation auriculaire

Megan Brooks

Auteurs et déclarations

16 mars 2021

Grèce – Une étude de randomisation mendélienne fournit des preuves solides que l'hypertension artérielle contribue à la survenue de la fibrillation auriculaire (FA), ce qui signifie que la FA pourrait être évitée, selon les chercheurs.

« De fait, les cliniciens devraient encourager et donner la priorité au contrôle de la pression artérielle chez les patients à haut risque de fibrillation auriculaire. Il s'agit d'une stratégie efficace pour prévenir cette arythmie fréquente ainsi que ses complications qui incluent les accidents vasculaires cérébraux, l'insuffisance cardiaque, la démence et la dépression », a déclaré le Dr Georgios Georgiopoulos du King's College London, au Royaume-Uni, et de l'Université d'Athènes, en Grèce.

Bien que plusieurs études observationnelles aient montré une forte corrélation entre la tension artérielle et le risque de FA, on ne peut pas affirmer avec certitude qu'il s'agit bien d'une relation de cause à effet en raison de biais potentiels dans leur conception, a déclaré le Dr Georgiopoulos.

Etude d'association pangénomique

Cette nouvelle étude est basée sur des données génétiques et sur une analyse de randomisation mendélienne, « qui minimise la probabilité d'une causalité inverse (c'est-à-dire que la fibrillation auriculaire soit à l’origine de l'hypertension artérielle) ou que d'autres traits liés à la fibrillation auriculaire (facteurs confondants) soient responsables puisque les allèles sont assortis de façon aléatoire à la conception, assurant une distribution équilibrée des facteurs confondants non mesurés », a-t-il expliqué.

Les chercheurs se sont basés sur des variants génétiques associés à la pression artérielle dans les études d'association pangénomique (GWAS : Genome Wide Association Studies) du Consortium international pour la pression artérielle.

Sur les 901 variants recensés, 894 ont été évalués dans ce type d’étude sur la génétique de la FA, qui a inclus plus d'un million de personnes d'origine européenne, dont 60 620 avaient de FA et 970 216 n'en avaient pas.

 
Ces résultats fournissent des preuves solides d'une relation de cause à effet entre la pression artérielle et la fibrillation auriculaire Dr Georgiopoulos
 

Dans leur analyse de randomisation mendélienne, les chercheurs ont mis en évidence une corrélation significative entre une tension artérielle élevée et un risque accru de FA. Plus précisément, les chercheurs expliquent dans l'European  Journal of Preventive Cardiology qu'une augmentation de 1 mm Hg de la pression artérielle systolique, de la pression artérielle diastolique et de la pression pulsée était associée à une augmentation relative du risque de FA, de 1,8%, 2,6% et 1,4%, respectivement.

« Ces résultats fournissent des preuves solides d'une relation de cause à effet entre la pression artérielle et la fibrillation auriculaire. En outre, notre étude a montré que cette corrélation n'était pas due à d'autres pathologies, notamment les maladies coronariennes ou l'obésité », a déclaré le Dr Georgiopoulos.

Il a souligné que « des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre la relation entre la pression artérielle et la fibrillation auriculaire ainsi que pour évaluer l'effet bénéfique potentiel de différentes classes d'antihypertenseurs sur le risque ultérieur de cette arythmie ».

De l’importance d’atteindre les objectifs de pression artérielle

Le Dr Alon Gitig, directeur de la cardiologie au Mount Sinai Doctors-Westchester à New York, a déclaré que ces résultats « confirment ceux des études observationnelles précédentes et suggèrent que le lien entre la pression artérielle et la fibrillation auriculaire n'est pas simplement qu'elles s'associent toutes deux à d'autres facteurs de risque de mauvaise santé cardiovasculaire, mais plutôt que l'exposition chronique du cœur à une pression artérielle élevée entraîne des changements mécaniques et électriques qui, avec le temps, favorisent la génération d'arythmie ».

Par conséquent, a-t-il déclaré à l’agence Reuters, « si nous pouvons atteindre les objectifs de pression artérielle, par l'utilisation combinée d'interventions sur le mode de vie et le choix judicieux des médicaments, nous pourrons probablement réduire le fardeau de la fibrillation auriculaire, qui entraîne un recours fréquent au système de soins de santé et des symptômes chroniques qui ont un impact sur la qualité de vie de nombreux patients ». Le Dr Gitig n'a pas participé à l'étude.

L'étude n'a pas été sponsorisée et les auteurs n'ont mentionné aucun conflit d'intérêts.

Cet article a initialement été publié sur Medscape.com sous le titre High Blood Pressure Likely to Be Causally Linked to Atrial Fibrillation, membre du réseau Medscape. Traduit par MediQuality.
 

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