Lyrica : une prescription sur ordonnance sécurisée limitée à 6 mois

Fanny Le Brun

5 mars 2021

France-- La prégabaline (Lyrica® et génériques) est indiquée dans la prise en charge des douleurs neuropathiques, de certaines formes d’épilepsie et du trouble anxieux généralisé mais il existe un mésusage de cette molécule qui est en augmentation ces dernières années. C’est pourquoi, les conditions de prescription et de délivrance de ce médicament vont être modifiées à partir du 24 mai 2021 , a annoncé l’ANSM[1]. La prescription devra se faire sur une ordonnance sécurisée et ne pourra être renouvelée en pharmacie que 5 fois, sur mention du prescripteur, permettant ainsi une délivrance de 6 mois de traitement maximum. Si nécessaire, une nouvelle visite médicale sera à prévoir tous les 6 mois.

L’usage détourné de la prégabaline est essentiellement à visée de défonce/euphorie dans un contexte de polyconsommation de substances psychoactives, mais aussi à visée anxiolytique, antalgique ou hypnotique. Elle est obtenue illégalement dans près de la moitié des cas (ordonnance falsifiée, nomadisme ou deal/achat de rue) et est devenue la première substance faisant l’objet d’ordonnance falsifiée.

Le mésusage de la prégabaline peut notamment entraîner un coma, des troubles de la conscience, une désorientation et une confusion. Sa prise pourrait diminuer le seuil de tolérance aux opioïdes, ce qui entraineraît un risque augmenté de dépression respiratoire et de décès liés aux opioïdes. La prégabaline peut ainsi être impliquée dans des décès liés à l’usage de drogues, toujours en association avec d’autres substances, et dans des décès liés à l’utilisation d’antalgiques.

Il est rappelé que :

  • La posologie de la prégabaline doit être diminuée progressivement avant l’arrêt du traitement pour éviter un syndrome de sevrage,

  • La délivrance doit se faire en utilisant les plus petits conditionnements possibles, adaptés à la prescription,

  • Toute prescription concomitante de prégabaline avec des opioïdes doit être effectuée avec précaution,

  • Chez les patients présentant un risque de mésusage, un report vers la gabapentine (Neurontin® et générique) doit être surveillé et signalé le cas échéant au centre d’addictovigilance de la région (CEIP-A).

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

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