La β-synucléine, marqueur diagnostique plus précoce de la maladie d’Alzheimer

Caroline Guignot

Auteurs et déclarations

3 mars 2021

Baden-Württemberg, Allemagne Les patients atteints de maladie d’Alzheimer (MA), de troubles cognitifs légers (TCL), de démence ou de maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) présentent des taux anormalement élevés de β-synucléine, marqueur précoce de la perte synaptique. Selon des chercheurs allemands, le dosage ELISA de cette β-synucléine pourrait constituer un test diagnostique de la maladie d’Alzheimer plus précoce que le dosage des protéines tau ou peptide amyloïde Aβ42 [1].

Dosage par technique ELISA

La perte synaptique est un évènement précoce dans la neurodégénérescence liée à la maladie d’Alzheimer. Cette protéine est principalement exprimée au niveau des terminaisons synaptiques au niveau central et aurait un rôle dans les processus membranaires. Elle est surtout localisée dans le thalamus, le cervelet, le néocortex, l'hippocampe et le striatum.

La mise en évidence de la β-synucléine comme marqueur de l’atteinte synaptique a été décrite en 2016 par une équipe allemande, qui utilisait alors une méthode de dosage non utilisable en pratique clinique. Dans une nouvelle publication, la même équipe décrit son dosage par technique ELISA. Ce test pourrait offrir un diagnostic plus précoce et un outil supplémentaire pour évaluer les thérapeutiques développées pour contrer le processus neurodégénératif.

Taux de β-synucléine plus élevé dans le groupe MA

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de liquide céphalorachidien chez 393 patients répartis en groupes diagnostiques : MA, démence frontotemporale, maladie de Parkinson (MP), démence à corps de Lewy, démence liée à la MP, MCJ, sclérose latérale amyotrophique, patients contrôles. Ils ont permis de doser la β-synucléine, la protéine tau et le peptide Aβ42.

Du point de vue des performances, le test montrait une bonne efficacité, avec une corrélation entre le taux de β-synucléine et le taux de protéines tau, et une faible corrélation inverse entre le taux de β-synucléine et le taux de peptide Aβ42.

Le taux de β-synucléine était significativement plus élevé dans le groupe MA que dans tous les autres groupes, hormis les patients atteints de MCJ. L’élévation du taux était aussi observée parmi le sous-groupe de patients MA au stade TCL, tandis que les patients MP ayant une démence maintenaient un taux significativement plus faible. Le test permettait d’atteindre une sensibilité de 85% et une spécificité de 72%.

Par ailleurs, des analyses de tissus cérébraux prélevés sur des sujets MA décédés ont été réalisées. Elles ont montré un taux local faible de β-synucléine, suggérant une libération de la protéine dans le milieu extracellulaire à mesure de la dégradation des synapses.

 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....