Actualité thérapeutique dans la SEP

Caroline Guignot

8 janvier 2021

Virtuel — Lors d’une session des Rencontres de Neurologies 2020, le Pr Éric Thouvenot (Nîmes) a présenté les dernières données relatives aux stratégies et aux nouvelles molécules évaluées dans le traitement de la sclérose en plaques [1].

Actualité des traitements de fond et d’induction

Aujourd’hui, les études en face à face entre un traitement de fond et un comparateur actif sont rares. Les études visant à comparer indirectement les essais pivots menés versus placebo ont conduit à des données contradictoires selon les modèles d’analyse choisis. Seule une étude clinique randomisée directe peut apporter des informations en ce sens. Récemment, deux études ont ainsi décrit la supériorité du natalizumab sur le fingolimod sur le taux annualisé de poussées (Meca-Lallana 2020) ou sur le NEDA-3 ( No Evidence of Disease Activity ) (Cohen, 2020), même si cette balance bénéfice-risque doit prend en compte le risque lié aux infections par le VJC.

Une autre question d’actualité est la capacité à se maintenir sous traitement de fond (persistance du traitement) : une étude suédoise rétrospective en vie réelle suggère que les patients sous rituximab ont le plus faible taux d’arrêt (Granqvist, 2018), les motifs d’arrêt -inefficacité ou intolérance- n’étant cependant pas établis.

Concernant les traitements d’induction, qui visent une immunosuppression puissante, puis une reconstitution immunitaire et une rémission maintenue après l’arrêt du traitement, plusieurs pistes sont aujourd’hui explorées : anti-CD20, alemtuzumab, cladribine, greffe de cellules souches. Une revue récente propose un tour d’horizon de ces alternatives (Lünemann, 2019).

Enfin, le débat de la stratégie optimale, escalade thérapeutique ou traitement intensif précoce (utilisant d’emblée des traitements de deuxième ligne) chez des patients à risque de pronostic sévère se poursuit. Récemment, une étude a montré que cette seconde approche (par alemtuzumab ou natalizumab) offrait un risque de poussées inférieur à 5 ans par rapport à l’approche classique (Harding, 2019). De nouvelles études de confirmation sont cependant nécessaires.

Développement thérapeutique

Le fingolimod est le chef de file des inhibiteurs de sphingosine-1-phosphate (S1P). De nouvelles molécules ont depuis été développées afin de présenter notamment une meilleure tolérance au niveau cardiaque. Parmi elles, des molécules actives sur les récepteurs S1P1 et S1P5, et qui permettraient de favoriser la remyélinisation et peut être la neurogenèse, donnent pour l’heure de premiers résultats encourageants : l’ozanimod (Cohen, 2020 ;Comi, 2020) et le siponimod diminuent le risque de progression du handicap (Kappos, 2020).

Le développement des anti-CD20 qui ciblent les lymphocytes B se poursuit, après le rituximab (pas d’AMM), avec l’ocrélizumab (AMM dans la SEP avec poussées ou progressive), et plus récemment l’ofatumumab (soumission dans la SEP avec poussée). Ces traitements ont ouvert la porte aux inhibiteurs de Bruton Tyrosine kinases (BTKi) qui ont une action sur la maturation, la prolifération et l’activité des lymphocytes B et agissent également sur les macrophages et la microglie. Les premiers candidats de cette voie thérapeutique sont le SAR442168 et l’évobrutinib. Les études de phase 3 sont en cours.

Parmi les autres perspectives, les approches utilisant des neuroprotecteurs comme la biotine (Cree, 2020) ou des remyélinisants comme l’opicinumab (Cadavid, 2019) ont été décevantes pour l’heure. Cependant, d’autres molécules semblent favoriser la remyélinisation dans des modèles animaux et sont aujourd’hui évaluées comme la clémastine, la metformine ou les BTKi.

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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