POINT DE VUE

Revue de presse en cardiologie 

Dr Walid Amara

Auteurs et déclarations

8 février 2021

LA SÉLECTION DU MOIS DE FEVRIER 2021

La sélection du mois en cardiologie par Walid Amara.

TRANSCRIPTION

  1. Le premier article que j’ai sélectionné a été publié fin 2020. Il est intéressant d’y revenir car il s'agit des résultats à long terme de l'étude DAPA . [1] Alors ce n’est pas DAPA-HF, mais bien DAPA TRIAL [NTR105], une étude randomisée qui s’est intéressée à l’utilisation précoce du défibrillateur. Dans l’étude MADIT II, les patients avaient été inclus tardivement après un infarctus du myocarde. Ici, dans DAPA, le défibrillateur a été implanté 30 à 60 jours après l’infarctus. Il y avait environ 130 patients par groupe.

    Résultats : L’étude retrouve des données assez similaires à celles de MADIT II, puisqu’il y a à la fois une baisse de la mortalité cardiaque, mais également de la mortalité totale. À 1 an, on est à 19 % versus 38 %, et à 5 ans on est à 5,13 %. Bien sûr, il s'agit ici de patients qui ont fait un infarctus, qui ont une fraction d’éjection à moins de 30 %. On est en prévention primaire, ce qui montre bien que, finalement, le défibrillateur en prévention primaire, ce n’est pas terminé. Donc je trouvais cela intéressant dans cette ambiance où, de plus en plus, on se pose la question « faut-il implanter des patients en prévention primaire ? ». Il y a encore des études qui le démontrent.

  2. La deuxième étude est publiée dans le JAMA  [2] et s’intéresse à la question : « faut-il traiter les hypertendus lorsqu’ils sont admis dans un service de médecine pour des motifs non cardiaques ? » C’est une étude très intéressante, avec une cohorte qui a inclus près de 22 800 patients hospitalisés pour autre chose que la cardiologie. Étaient comparés les patients qui recevaient soit un traitement i. v., un nouveau traitement, versus ceux qui n’en recevaient pas, pour des chiffres tensionnels élevés.

    Résultats : Les sujets traités avaient un plus mauvais pronostic et une moins bonne tolérance, puisque plus souvent ils développaient des signes d’insuffisance rénale aiguë (10,3 % versus 7,9 %) ou myocardique (1,2 % versus 0,6 %), et sans qu’il n’y ait de différence de pression artérielle au long cours. Donc finalement, est-ce que ces chiffres tensionnels qu’on découvre chez les patients hospitalisés ne sont pas obligatoirement liés à leur hypertension artérielle ?

  3. L'étude EARLIER Trial, qui est négative, a été publiée dans l’European Journal of Cardiovascular Pharmacotherapy [3.]Elle n’a pas tout à fait la puissance nécessaire pour démontrer quelque chose, mais elle s’intéresse à l’éplérénone utilisée précocement dans l’insuffisance cardiaque aiguë.

    Résultats : L'étude n’avait pas assez de puissance pour démontrer un bénéfice cardiovasculaire ou une diminution des réhospitalisations, sachant que le hazard ratio était à 0,55 dans le groupe éplérénone, mais l’intervalle de confiance était large et dépassait le 1. Élément intéressant : le traitement était très bien toléré. Donc cela se rapproche de ce qu’on fait parfois en pratique — on débute le traitement relativement précocement. Finalement ce traitement pourra être débuté précocement.

  4. Et pour finir, une étude française — je salue mon ami Frédéric Sebag qui l’a publiée dans Archives of Cardiovascular Disease [4] avec d’autres centres (institut Montsouris, clinique Ambroise-Paré, hôpital Saint-Joseph, CCN, Parly 2, hôpital Henri Mondor) — qui s’est intéressé à un élément simple qui est l’ablation du flutter atrial. Lorsqu’on fait une ablation du flutter atrial, on utilise souvent plusieurs cathéters pour démontrer le bloc bidirectionnel.

    Résultats : Ils ont démontré qu’il est possible de n’utiliser qu’un seul cathéter avec une méthode assez intéressante, qui est de stimuler avec la sonde d’ablation au niveau de la paroi latérale et au niveau de la paroi septale, et de mesurer tout simplement l’intervalle PR entre le stimulus et le QRS. Ils ont fait la différence entre les deux PR — bien sûr le PR latéral sera plus long que le PR septal — et lorsque la différence est supérieure ou égale à 70 ms, ils retrouvent une sensibilité et une spécificité de 100 % pour prédire le bloc bidirectionnel après l’ablation. Donc c’est assez intéressant. Si demain on est amené à faire des économies pour réduire le nombre de cathéters diagnostiques — qui, en l’occurrence, ne sont pas très chers et qui ne jouent pas de manière majeure dans le prix de l’hospitalisation — cela pourrait être intéressant de pouvoir réduire le nombre de cathéters qu’on utilise. 

À très bientôt sur Medscape. 

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