Revue de presse

Revue de presse en cardiologie de janvier

La sélection de janvier

Dr Walid Amara

Auteurs et déclarations

18 janvier 2021

LA SÉLECTION DU MOIS DE JANVIER 2021

TRANSCRIPTION

Bonjour et bienvenue dans cette revue de presse dans laquelle j’ai sélectionné quatre articles :

  1. En premier, je voudrais partager un article du JACC du mois de décembre 2020 [1] qui montre l’évolution des maladies cardiovasculaires (MCV) dans les différents pays et régions du monde. Il y a plusieurs messages intéressants dans cette publication.
    Résultats : L’étude montre notamment que l’extension des MCV continue et que globalement la mortalité continue à progresser, malgré les différentes avancées. Ce sont des statistiques de 2019, qui n’ont pas inclus le COVID, mais qui montrent que les pathologies et la mortalité cardiovasculaires continuent à progresser dans différentes régions du monde. Autre point intéressant, les facteurs de risque : les auteurs comparent 1990 à 2019 et on voit que les facteurs de risque modifiables importants restent globalement les mêmes. L’hypertension reste numéro 1, la diététique # 2, le cholestérol # 3 et la pollution de l’air # 4. En revanche, le tabac, qui était  # 5, passe # 6, et l’obésité ou l’augmentation de l’index de masse corporelle, qui était # 6, passe # 5. Ce sont quasiment les seuls changements dans le classement des principaux facteurs de risque. Pour information, la glycémie est en # 7. Les pays qui ont, en nombre absolu, le plus grand nombre de décès sont également ceux qui ont les populations les plus importantes. Et ces pays progressent de manière importante, que ce soit la Chine ou l’Inde — dans une moindre mesure la Russie. La Russie est un des rares pays qui voient le nombre de décès cardiovasculaires baisser. Les États-Unis et l’Indonésie voient leur nombre de décès cardiovasculaires augmenter. Donc c’est assez intéressant. Je vous invite à lire cet article [1]dans lequel on apprend plein de choses.

  2. Le deuxième article, publié l’European Heart Journal , [2] va à contresens des différentes recommandations européennes, américaines ou de l’OMS, qui sont de réduire la consommation en sel. Je remercie Jean-Jacques Mourad qui a pointé cette étude dans un post LinkedIn et qui me l’a fait découvrir. Elle montre que la consommation en sel dans les pays développés est corrélée de manière inverse à la mortalité, et corrélée positivement à l’espérance de vie. Finalement, cette limite de 2 g de sel par jour de l’OMS (ou un peu plus de 2 g par les recommandations européennes) n’est peut-être pas si juste. Il est suggéré que c’est peut-être le "bon" sel, peut-être qu’il faut prendre du gros sel de Guérande par exemple, mais effectivement, peut-être que les vérités d’aujourd’hui ne sont pas obligatoirement celles de demain.

  3. Pour être un peu plus terre-à-terre, j’ai retenu dans le JAMA une étude qui s’appelle RATE-AF[3] et qui s’est intéressée à comparer de manière randomisée la digoxine au bisoprolol dans le ralentissement de la FA concernant à la qualité de vie. Vous savez très bien que la digoxine n’a pas le vent en poupe actuellement.
    Résultats : Cette étude s’est donc intéressée à la qualité de vie et ce qui est intéressant, c’est qu’avec des doses médianes de bisoprolol et de digoxine (ce n’était pas, le plus souvent, des fortes doses — 161 µg/jour de digoxine ou 3,2 mg/jour de bisoprolol, mais on n’est peut-être pas si loin de la réalité), il n’y avait pas de différence de qualité de vie rapportée par les patients entre les 2 traitements.

  4. Enfin une étude dans une revue importante, le New England Journal of Medicine, qui s’intéresse à l’artérite des membres inférieurs et dont l’auteur principal est Joakim Nordanstig. [4] C’est un essai randomisé qui s’intéresse à la mortalité chez les patients ayant une artérite des membres inférieurs, randomisés entre des devices avec le paclitaxel, c’est-à-dire des angioplasties au ballon ou stent avec le paclitaxel, versus non actif (donc sans paclitaxel). C’est une analyse intermédiaire d’une étude randomisée multicentrique qui a accumulé quasiment 300 patients.
    Résultats : Cette étude ne montre pas de différence entre les deux groupes (paclitaxel versus non actif) dans la mortalité au cours de quatre ans de suivi. C’est une étude qui a été sponsorisée par le Council de recherche suédois, donc c’est assez intéressant. Elle montre que, pour le moment, ce qu’on a démontré dans les coronaires n’est pas ce qu’on démontre dans l’artérite des membres inférieurs.

Voilà  une revue de presse avec des domaines assez variés de la cardiologie. J’espère que cela vous a intéressé et je vous dis à très bientôt sur Medscape.

 

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