COVID-19 : l’actualité internationale marquante de la semaine

L’équipe rédactionnelle

Auteurs et déclarations

20 novembre 2020

International — En raison de l'évolution de la pandémie COVID-19, nous vous proposons désormais chaque semaine une sélection d’actualités internationales couvertes par nos équipes éditoriales locales*.

GENERAL

Alors que nous assistons à une surenchère d’annonces sur l’efficacité à court terme des vaccins, de nombreux pays passent déjà commande.

EUROPE

Les premiers résultats très positifs avec les nouveaux vaccins à ARNm Corona ont suscité beaucoup d'enthousiasme en Allemagne ― comme ailleurs dans le monde. L’édition allemande de Medscape a donc demandé à ses lecteurs s'ils étaient prêts à se faire vacciner, quelles personnes devraient selon eux être les premières à recevoir le vaccin et ce qu'ils pensaient de la sécurité, concernant notamment le développement et les tests très rapides du vaccin. Plus de 1 000 médecins allemands ont répondu: 42% se feraient vacciner le plus tôt possible, 39% préfèreraient attendre un peu et 19% ne se feraient pas vacciner. Deux tiers (64%) craignent que le vaccin ait été développé trop rapidement et que l'innocuité ne soit pas garantie.

Le gouvernement belge a annoncé lundi son intention de vacciner au moins 70% de la population du pays contre le COVID-19. Le vaccin ne sera pas obligatoire et sera gratuit pour tous les habitants. Environ 1 Belge sur 6 a déclaré ne pas vouloir être vacciné contre le coronavirus, selon un récent sondage. La Belgique compte 11,5 millions d'habitants et près de 540 000 cas de COVID-19.  C’est l'un des pays les plus durement touchés en Europe avec plus de 14 000 décès déjà enregistrés.

Domenico Arcuri, chargé du COVID-19 au ministère italien de la Santé, a annoncé les lignes directrices de son plan visant à administrer le vaccin dès que disponible. Le premier approvisionnement ira aux hôpitaux et aux maisons de retraite, très touchées par la pandémie. Le deuxième ravitaillement sera livré « en drive » suivant une liste de priorité stricte qui est toujours en discussion avec les épidémiologistes et les comités d’éthique (les personnes fragiles, comme les personnes âgées et les patients chroniques devraient être vaccinées en premier).

En Espagne, le nombre d'infections semble se stabiliser, « voire décliner ». Malgré cette tendance, l'Espagne a atteint un nouveau pic de décès au cours de la deuxième vague (435), et a dépassé 1,5 million de cas confirmés de COVID-19. Le gouvernement a annoncé une réduction des taxes sur les masques de 21% à 4% et prévoit de faire de même avec les gels hydroalcooliques. L'Agence des médicaments et des produits de santé (AEMPS) a autorisé le premier essai clinique de phase III pour le vaccin contre le COVID-19 de Johnson & Johnson dans neuf hôpitaux espagnols.

Au Royaume-Uni , le Premier ministre Boris Johnson est retourné à l'isolement après avoir été en contact avec une personne testée positive au COVID-19. Selon ses propos, il est juste de suivre les règles même s'il est « débordant d'anticorps » après s'être remis de la maladie plus tôt dans l'année.

Sur le plan scientifique, le vaccin Oxford / AstraZeneca a produit une réponse immunitaire « encourageante », selon les données de phase 2/3 sur 560 adultes en bonne santé publiées dans The Lancet . Il est également sûr et bien toléré, a rapporté l'équipe de recherche. L'auteur principal de l'étude, le Pr Andrew Pollard, a commenté: « Les réponses immunitaires des vaccins sont souvent diminuées chez les personnes âgées car le système immunitaire se détériore progressivement avec l'âge, ce qui rend également les personnes âgées plus vulnérables aux infections. Par conséquent, il est crucial que les vaccins COVID-19 soient testés dans ce groupe qui est également un groupe prioritaire pour la vaccination. »

En France, outre l’émulation induite par les annonces sur de potentiels vaccins, une embellie s’amorce avec un nombre d’hospitalisations pour COVID-19 qui diminue (15 960 vs 18 800 la semaine dernière). Toutefois, la situation dans les services de réanimation reste très tendue et le moral des français est en berne. « La santé mentale des Français s'est à nouveau dégradée entre fin septembre et début novembre », a déclaré Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé. Celle des professionnels de santé est également fortement affectée, puisque 63% des médecins français déclarent que le COVID a aggravé leurs symptômes de burnout, dans une récente enquête Medscape édition française. Un tiers d’entre eux a même déjà envisagé le suicide.

Sur le plan thérapeutique, une intervention exceptionnelle a été réalisée. Pour la première fois en France, un patient atteint par le coronavirus a bénéficié d'une greffe des deux poumons, alors que ses organes respiratoires étaient pratiquement détruits.

Au Portugal, le nombre de cas et de personnes nécessitant une hospitalisation est en augmentation. Le 16 novembre, le pays a inauguré une plateforme plus avancée pour le traitement des données et des informations pertinentes concernant la pandémie, BI-SINAVE.

AMERIQUES

Les États-Unis ont franchi cette semaine une nouvelle étape , avec plus de 250 000 décès depuis le début de la pandémie au printemps dernier. Alors que le nombre de cas continue d'augmenter, les États et les autorités locales ont imposé de nouvelles restrictions, notamment l'obligation de porter des masques et la fermeture de restaurants et de bars. Dans le même temps, une enquête menée auprès des infirmières a révélé que les équipements de protection individuelle sont encore rares et un médecin a déclaré à Medscape qu'il s'inquiétait de ce qu'il adviendrait des ressources matérielles et humaines si trop de régions du pays « s'enflammaient » en même temps.

En parallèle, la FDA a délivré une autorisation d'utilisation d'urgence pour le premier test de diagnostic rapide COVID-19 à domicile, et Pfizer a lancé un programme pilote de livraison dans quatre États américains pour son vaccin COVID-19. Pfizer a également communiqué des données plus complètes sur son vaccin, qui indique désormais une efficacité de 95%, ce qui est similaire à l'efficacité de 94,5% que Moderna avait signalée pour son vaccin quelques jours plus tôt.

Des cas continuent d'être identifiés en Amérique latine où il existe une mosaïque de situations épidémiologiques en fonction des pays. Neuf mois après le premier cas de COVID-19 au Mexique, le 14 novembre, 1 million de cas ont été confirmés dans le pays selon le Secrétariat fédéral de la santé.

Au Brésil, où l’on redoute de plus en plus une seconde vague (augmentation de 71% des nouveaux cas au cours des 7 derniers jours), des chercheurs ont développé un outil qui permet de différencier les radiographies pulmonaires des personnes atteintes d'une infection par le SARS-CoV-2 des autres pneumonies virales et bactériennes.

ASIE-OCEANIE

L'Australie-Méridionale a mis en place un couvre-feu de six jours à partir du jeudi 19 novembre pour arrêter la propagation d'une récente épidémie « hautement contagieuse » de COVID-19. L'État comptait 35 cas actifs au mercredi 18 novembre, dont plusieurs provenant d'un seul groupe à Adélaïde.

En dépit des spéculations sur une éventuelle « troisième vague », le Japon enregistre plus de 2000 cas quotidiens de COVID-19. Tokyo a rapporté un record de 493 infections le mercredi 18 novembre, dépassant le précédent record quotidien atteint en août 2020.

AFRIQUE

En Afrique, continent plutôt préservé par l’épidémie, c’est surtout dans les Etats du Maghreb qu’est observée une nouvelle flambée du virus. Mais, certains pays, qui n’avaient pas connu de première vague grâce aux mesures de confinement, sont maintenant touchés, comme l’Angola, indique Laurence Caramel, journaliste au « Monde Afrique ».

A noter : Ce tour d’horizon donne un aperçu de pratiques cliniques, recommandations et découvertes émergentes au cours de cette pandémie. Toutes les informations concernant le COVID-19 sont susceptibles de devoir être actualisées avec l’avancée des connaissances. Les dates de publication des articles sont plus que jamais importantes. Certaines des informations ci-dessous peuvent également ne pas être en adéquation avec les directives des autorités sanitaires françaises. 

*Ont collaboré à cet article Aude Lecrubier (Medscape, édition française), Sonja Boehm (Medscape, édition allemande), Leoleli Schwartz (Medscape, édition portugaise), Tim Locke (Medscape Royaume-Uni), Mariana Lopez (Medscape, édition espagnole), Sabine Verschelde (MediQuality), Daniela Ovadia (Univadis Italie).

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