Châtaignes et marrons : attention aux confusions et au risque d’intoxication

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

22 octobre 2020

France – Après les fleurs et les champignons (voir encadré Champignons), l’A gence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) met en garde contre les confusions entre les fruits du marronnier et du châtaignier, bien plus fréquentes que ce que l’on pourrait penser et à l’origine d’intoxications. L’Agence donne par ailleurs des conseils en prévention et en cas d’intoxication (voir encadré Vigilance).

Dans  une étude de l’Anses sur les confusions des plantes  enregistrées par les centres antipoison de 2012 à 2018, les confusions de marrons avec des châtaignes représentaient 11% des confusions, toutes saisons confondues, et étaient les plus fréquentes après les confusions de plantes à bulbes (12% des confusions).

L’Agence rappelle donc que si les châtaignes, cultivées ou sauvages, sont comestibles, les marrons d’Inde sont eux toxiques, et peuvent entraîner des troubles digestifs tels que des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements, ou des irritations de la gorge…

  • Celle des châtaignes, appelée « bogue », est brune, hérissée de nombreux et longs piquants, et contient 2 à 3 châtaignes à la fois, plutôt petites, aplaties et triangulaires ;

  • Celle des marrons d’Inde est épaisse, verte, pourvue de petits pics espacés et courts, et contient généralement un seul marron, plus gros et arrondi.

  • Les marronniers sont dans les villes, les parcs, les allées et les cours d’école… tandis que les châtaigniers sont dans les bois, les forêts ou les vergers ;

Les feuilles du marronnier sont composées chacune de plusieurs « petites feuilles » (folioles) de forme ovale, qui donnent à l’ensemble de la feuille un aspect palmé, alors que les feuilles du châtaignier sont simples sans foliole et allongées.

Champignons : les intoxications ont surtout lieu en octobre

Il y a quelques semaines, l’Anses rapportait qu’en 2019, plus de 2000 cas d’intoxication ont été rapportés aux Centres antipoison, entre le 1 juillet et le 31 décembre [2]. Ces intoxications ont eu lieu principalement au mois d’octobre (57% des cas), période favorable aux champignons et à leur cueillette. La majorité des cas d’intoxication était liée à des champignons cueillis mais pour certains cas, il s’agissait d’un achat sur un marché, dans un commerce ou une consommation dans un restaurant (4%). Si les personnes s’étaient majoritairement intoxiquées au cours d’un repas, dans 3% des cas, il s’agissait de l’ingestion d’un morceau de champignon non comestible par un enfant en bas âge ou par un adulte présentant des troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, déficience intellectuelle etc.). Les symptômes observés étaient essentiellement digestifs: douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées. Si ces intoxications sont pour la plupart de faible gravité, 24 cas de forte gravité pouvant menacer le pronostic vital ont été recensés ainsi que 3 décès.

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