Gestion de la crise COVID-19: des perquisitions en haut lieu ce matin

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

15 octobre 2020

France -- Jeudi 15 octobre au matin, au lendemain de l’intervention du chef de l’Etat annonçant un couvre-feu pour 20 millions de français dans le but de limiter la propagation de la seconde vague de Covid-19, les domiciles de l’ancien premier ministre Edouard Philippe, de l’actuel et ancienne ministres de la santé, Olivier Véran et Agnès Buzyn, de l’ancienne porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, et du directeur général de la santé, Jérôme Salomon, ont été perquisitionnés dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la Cour de justice de la République (CJR) sur la gestion de la crise du Covid-19.

Les bureaux d’Olivier Véran, de Jérôme Salomon et les locaux de Santé Publique France ont également été perquisitionnés.

Depuis le début de la crise, près de 100 plaintes ont été déposées par des particuliers, des médecins (notamment du Collectif C19), des associations ou encore des détenus.

A ce jour, 9 plaintes ont été jugées recevables par la CJR, visant, Olivier Véran, Edouard Philippe, Agnès Buzyn, Sibeth Ndiaye ou encore l’actuel premier ministre Jean Castex pour l’une d’entre elles.

Le travail de la Cour de justice sera de déterminer si ces-derniers ont pu commettre des infractions pénales dans leur gestion de la crise sanitaire liée à l’épidémie de SARS-CoV-2. Auquel cas, ils pourraient être punis de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, selon Le Monde .

Les plaignants dénoncent des faits de « mise en danger de la vie d’autrui », d’« homicide involontaire » ou de « non-assistance à personne en danger ».

« Les auditions des plaignants, parmi lesquels des représentants d'un collectif de médecins, ont démarré début septembre. Ceux-ci fustigent notamment « l'incohérence des mesures » prises au sommet de l'Etat ou encore "l'absence d'application des recommandations de l'OMS" », précise une dépêche de l’Agence France Presse.

Ce matin, Maître Fabrice Di Vizio, l’avocat des professions de santé a l’origine des plaintes a commenté ces perquisitions sur CNews. « Si on voulait la vérité, il fallait que l'on passe par des actes coercitifs, comme les perquisitions qu'on avait demandées. Maintenant, les éléments que la justice estime pertinents, dont les ordinateurs, ont été saisis. On va exploiter leurs contenus et voir ce qu'ils contiennent », a-t-il expliqué.

Et d'ajouter : « La justice cherche à savoir qui savait quoi. Agnès Buzyn a dit qu'elle avait adressé des mails au Président de la République et au Premier ministre. On cherche à savoir le contenu de ces mails. On cherche à savoir quelles seraient les notes qui seraient remontées de la Direction générale de la Santé vers le ministère de la Santé sur l'état des stocks de masques. On veut des éléments concrets (...) S'il y a eu des échanges de mails, pourquoi rien n'a été fait derrière ? ».

 

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