Nouvelles recommandations européennes en cardiologie du sport: focus sur les arythmies

Vincent Richeux

6 octobre 2020

Dans cet article

Extrasystoles ventriculaires et tachycardie ventriculaire non soutenue

Concernant les recommandations sur les extrasystoles ventriculaires, « elles incitent clairement à pratiquer davantage de bilans approfondis », estime le Dr Doutreleau. « Il faut désormais une seule extrasystole ventriculaire chez un athlète de haut niveau pour déclencher une évaluation cardiaque complète, alors que c’est une situation souvent rencontrée en consultation ».

Selon les auteurs des recommandations, « les extrasystoles ventriculaires (ESVs) peuvent être révélatrices d’une maladie cardiaque sous-jacente, potentiellement de mauvais pronostic, même chez les individus asymptomatiques ». Une origine multifocale, des extrasystoles complexes ou plus fréquentes pendant l’effort doivent alerter sur une possible cardiopathie.

Il faut désormais une seule extrasystole ventriculaire chez un athlète de haut niveau pour déclencher une évaluation cardiaque complète.

« Une diminution ou une disparition des extrasystoles ventriculaires avec une activité physique croissante est caractéristique d’une arythmie ventriculaire bénigne ou idiopathique ». En revanche, l’apparition d’extrasystoles pendant l’effort « doit être considéré comme un drapeau rouge », car elles sont souvent le signe d’une maladie cardiaque.

Afin d’exclure des anomalies structurelles ou arythmogènes sous-jacentes chez les sportifs présentant 2 ESVs ou plus sur ECG de base (ou au moins une chez les sportifs d’endurance de haut niveau), il est recommandé d’effectuer une évaluation approfondie, notamment sur la fréquence, la complexité des arythmies et les antécédents familiaux (IC).

Chez les individus souffrant d’extrasystoles fréquentes et de tachycardie ventriculaire non soutenue, une évaluation approfondie est à mener avec une surveillance Holter, un ECG à 12 dérivations, un test d’effort et une imagerie appropriée (IC).

Il est recommandé d’autoriser toutes les activités sportives de compétition et de loisirs, avec une réévaluation périodique chez les personnes ne souffrant pas de maladie sous-jacente familiale ou structurelle (IC). « Une deuxième évaluation peut être nécessaire après un délai de six mois à deux ans », précisent les experts.

« Sur ce point également, il me semble difficile de renouveler un bilan après six mois seulement », souligne le Dr Doutreleau. « A mon avis, plutôt que de multiplier les examens, il faut davantage faire confiance au cardiologue, qui sait distinguer les cas les plus préoccupants nécessitant une surveillance renforcée. Mais, dans tous les cas, l’éducation du sportif aux symptômes est primordiale»

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