L’abémaciclib adjuvant, une nouvelle option qui modifie la pratique dans le cadre du cancer du sein précoce

Cristina Ferrario — Agenzia Zoe

24 septembre 2020

Virtuel— Chez les patientes atteintes d’un cancer du sein précoce (CSP) à haut risque, à récepteurs hormonaux positifs (Hormone Receptor positive, HR+) et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (Human Epidermal Growth Factor Receptor 2, HER2) négatif (HER2-), un traitement adjuvant par abémaciclib associé à une endocrinothérapie (ET) a permis d’obtenir une amélioration statistiquement significative de la survie sans maladie invasive (SSMI), comparativement à l’ET seule, selon une analyse intermédiaire pré-planifiée de l’essai de phase 3 monarchE présentée lors du congrès de l’ESMO 2020 |1].

Aucun nouveau problème relatif à la sécurité d’emploi n’est survenu.

Il s’agit de la première avancée dans le domaine des traitements adjuvants chez ces patientes depuis plus de 20 ans.

Pourquoi est-ce important ?

  • Jusqu’à 30 % des patientes atteintes d’un CSP HR+ ont une maladie à haut risque et présenteront une récidive au cours des 10 premières années de traitement.

  • De nouvelles options de traitement sont nécessaires.

Méthodologie

  • Étude de phase III menée en ouvert (monarchE).

  • 5 637 patientes atteintes d’un CSP à haut risque HR+ et HER2- ont été incluses et affectées de manière aléatoire pour recevoir de l’abémaciclib (150 mg 2 fois par jour pendant une durée maximale de 2 ans) et une ET (5–10 ans selon l’indication clinique), ou bien une ET seule.

  • Objectif principal : SSMI.

  • Objectifs secondaires : survie sans rechute à distance (SSRD), SG, sécurité d’emploi, résultats rapportés par les patientes, pharmacocinétique.

  • Financement : Eli Lilly and Company.

Principaux résultats

  • Lors de l’analyse intermédiaire :

    • La durée de suivi médiane était de 15,5 mois.

    • Plus de 70 % des patientes sont toujours dans la période de traitement de 2 ans.

  • Des améliorations de la SSMI ont été observées avec le traitement combiné, comparativement à l’ET seule (rapport de risque [RR] de 0,747 ; P = 0,0096), le risque de maladie invasive a donc été réduit de 25,3 %.  

  • Taux de SSMI à 2 ans : 92,2 % avec l’abémaciclib, contre 88,7 % sans.

  • Des valeurs similaires ont été observées pour la SSRD (RR de 0,717 ; P = 0,0085), avec un taux de SSRD à 2 ans de 93,6 % avec l’abémaciclib et de 90,3 % sans.

  • Les données de SG ne sont pas encore arrivées à maturité.

  • La sécurité d’emploi était cohérente avec le profil connu de l’abémaciclib.

Commentaire d’expert

« Il s’agit d’un essai très important et ses résultats vont modifier la pratique. À l’avenir, il sera important de comprendre si nous pouvons potentiellement éviter de recourir à la chimiothérapie dans ce groupe de patientes traitées par inhibiteur des CDK4/6 », a déclaré Giuseppe Curigliano, maître de conférences en oncologie médicale à l’Université de Milan, en Italie, et à la tête du Comité des recommandations de l’ESMO.

 
Il s’agit d’un essai très important et ses résultats vont modifier la pratique. Giuseppe Curigliano
 

Ce résumé Clinique a été publié initialement sur Univadis.fr

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