Mélanome avancé : combinaison anti-PD1, inhibiteur de BRAF et/ou inhibiteur de MEK, est-ce une stratégie sûre ?

Nathalie Barrès

Auteurs et déclarations

24 août 2020

France -- Les résultats d’une étude française multicentrique menée en pratique clinique réelle a évalué la sécurité du recours à un traitement associant un anti-PD1, un inhibiteur BRAF et/ou d’un inhibiteur MEK chez les patients antérieurement présentant un mélanome avancé, traités par inhibiteurs de check point immunitaires (ICI) et thérapie ciblée (TC). Les résultats, publiés dans la revue Cancer, montrent que 12% des patients ont eu des évènements indésirables graves (grade 3-4)[1].

Malgré des progrès significatifs dans la prise en charge et la survie post-mélanome, la recherche se poursuit afin de trouver des solutions pour les tumeurs continuant leur progression sous inhibiteurs de check point immunitaires ou de résistance aux thérapies ciblées dans les tumeurs BRAF muté.

Cette étude a été menée à partir des données de la cohorte MelBase incluant des patients traités par combinaison un anti-PD1 (pembrolizumab/nivolumab) et un inhibiteur de BRAF (dabrafenib/vemurafenib) et/ou un inhibiteur MEK (trametinib/cobimetinib) pour les mélanomes mutés sur BRAF ou les mélanomes avancés de type sauvage.

Au total 59 patients ont été inclus dans cette étude entre le 27 octobre 2014 et le 1er janvier 2019 au sein des 10 centres français participant. Sur l’ensemble de la popultaion, 54% étaient des hommes et l’âge médian était de 57 ans. Tous avaient un mélanome de stade IV et avaient déjà reçu au moins un traitement systémique. Pour les trois quarts des sujets, la principale raison de l’initiation de la combinaison thérapeutique était la progression de la maladie. Parmi l’ensemble des patients, 30% ont reçu la triple combinaison, 34% un anti-PD1 et un inhibiteur BRAF et 36% un anti-PD1 et un inhibiteur MEK. La durée médiane de suivi était de 5 mois et la durée médiane de traitement par la combinaison était de 2 mois.

12 % d’effets indésirables de grade 3-4

Au moins un événement indésirable (tout grade confondu) est survenu chez 56% des individus : 61% avec la triple combinaison, 45% avec l’anti-PD1 et l’inhibiteur de BRAF et 62% sous inhibiteurs de MEK et anti-PD1. Des évènements indésirables de grade 3-4 sont survenus chez 12% des sujets. Il s’agissait principalement d’une augmentation des aminotransférases ou de la créatine phosphokinase, d’une hyponatrémie, de diarrhées, de faiblesses musculaires ou d’une toxicité cutanée. Chez 14% des patients, un arrêt total du traitement a été décidé, et chez 7% la dose des traitements a été diminuée.

Au sein du sous-groupe de sujets BRAF muté, le taux de réponse était de 12%, le contrôle de la maladie était atteint dans 52% des cas, et la médiane de survie sans progression était de 2,5 mois. Chez les sujets porteurs d’un mélanome BRAF sauvage, le taux de réponse était de 11%, le traitement par inhibiteur de MEK et anti-PD1 a conduit à un contrôle de la tumeur dans 83% des cas et à une médiane de survie sans progression de la maladie de 7,1 mois. 

Ainsi, l’association d’un anti-PD1, d’un inhibiteur BRAF et/ou d’un inhibiteur MEK est une option thérapeutique acceptable d'un point de vue sécurité d'utilisation pour la prise en charge des patients souffrant de mélanome avancé et initialement traités par ICI/TC.

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, du groupe Medscape.

 

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