Etudiants en médecine : coût de la vie en augmentation de 5%

Philippe Anaton

20 août 2020

France -- L’indicateur du coût de la rentrée pour les étudiants en médecine, réalisé par l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) indique une augmentation du coût de la vie de +5%. L’association propose un panel de mesures qui permettrait de contraindre ces augmentations et de rendre le coût des études de médecine plus égalitaire.

Bilan comptable

Côté finances, 2020 n'aura pas été neutre pour les étudiants en médecine. Dans la colonne crédit, l’année aura été marquée par une revalorisation importante du salaire des externes. Suite au Ségur de la santé, le salaire net des externes va être augmenté : celui d’un étudiant en quatrième année (DFASM1) passera de 104 à 208 euros net par mois. Les étudiants en DFASM2 percevront, quant à eux, un salaire de 320 euros brut et les DFASM3 de 390 euros bruts par mois. Ce salaire est versé pour un travail de 5 demi-journées par semaine sur l’année réalisées à temps partiel ou à temps complet (cela correspondant à un salaire horaire net de 2,08 €). A été aussi créé une indemnité d'hébergement forfaitaire mensuelle de 150 euros bruts pour les stages ambulatoires en zone sous-dense. Dans la colonne débit, le coût de la vie étudiante, qui selon l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), a encore augmenté cette année.

Augmentation du coût de la vie étudiante

Comme chaque année depuis maintenant trois ans, l'Anemf établit un indicateur du coût de la rentrée, qui « évalue les différents postes de dépenses de la rentrée d’un étudiant rentrant en Parcours d’Accès Santé Spécifique (PASS), Licences d’Accès Santé (LAS) et d’un étudiant rentrant dans la première année du deuxième cycle des études médicales (DFASM1) ». Deux postes de dépense sont passés au scalpel : d'une part, les frais spécifiques de rentrée (frais de scolarité, complémentaire santé, assurance logement, frais d’agence et matériel pédagogique), d’autre part, les frais de vie courante (loyers, repas, équipements divers, téléphonie, internet et transports). Et les augmentations du coût de la vie sont éloquentes. Sur les frais spécifiques de rentrée, le Pass avec préparation et tutorat coûte en moyenne 5598,14 €, et augmente de +2,43%. Pour les premières années, le coût des frais spécifiques de rentrée est de 3668,34 euros et augmente de +5,67%.

Quel que soit le statut de l'étudiant, les frais mensuels de vie courante augmentent pour leur part de +4,46%.

Vie chère à Paris

Dans le détail, ce sont surtout les étudiants en Ile-de-France qui déboursent le plus. En région parisienne, le matériel pédagogique en Pass représente un coût de 7395,25 euros, contre 4116,28 euros en province, soit une différence de +79% ! Idem pour les DFASM1 : le coût du matériel pédagogique en Ile-de-France est de 2958,88 euros versus 1870,22 euros en province, soit une différence du simple au double (+58%) !

Pour ce qui est des frais mensuels, étrangement, les différences entre Ile-de-France et province sont moins importantes. Ainsi, les loyers et charges en région parisienne sont de 659,84 euros pour Paris et environs, contre 476,21 euros en province soir, soit un écart de 38%.

Promouvoir le tutorat

Pour lutter contre ces coûts prohibitifs et ramener un peu d'égalité entre étudiants, l'Anemf rappelle qu'il existe tout un panel de solutions à moindre coût, voire gratuites. Pour s’affranchir des organismes de préparation privés, dont le montant peut avoisiner les 7500 euros en Ile-de-France et 4120 euros en province pour le Pass, et 4700 euros en Ile-de-France pour la LAS (Licence accès santé), l'Anemf prône le développement des tutorats et leur mise en valeur par les universités. Pour rappel les tutorats, entièrement gratuits, sont des structures soutenues par les universités, « où les étudiants en deuxième ou troisième année vont aider les étudiants en PASS et en LAS en proposant des stages de pré-rentrée, des concours blancs réguliers, des séances d’exercices corrigés hebdomadaires, des fiches de cours, des polycopiés d’annales, des activités de loisirs ».

Référentiels gratuits en version numérique

L'Anemf rappelle aussi que les référentiels de spécialité restent le premier pôle de dépense pour les étudiants en DFASM. « L’achat de l’ensemble des référentiels existants nécessaires à la préparation des ECNi représente une dépense de 1 368,87 € », neufs. Pour minimiser ce pôle de dépense, l'Anemf encourage la mise à disposition gratuite de l'ensemble des référentiels en version numérique aux étudiants en DFASM.

Autre solution pour réduire les coûts scolaires : faire en sorte que les livres universitaires soient considérés comme des livres scolaires, dont le prix peut être fixé par les associations. Dans le cadre de la préparation aux ECNi, l'Anemf, pour contrer le coût des services d'aide privés à la préparation, incite « au maximum les facultés à enrichir la plateforme SIDES de DP, de QI, et autres types de docimologie, corrigés ». À l'instar des premières années, le tutorat doit aussi se développer pour la préparation aux ECNi.

300 euros nets par mois

Sur le poste de dépenses frais mensuels, des solutions là aussi existent pour contenir le coût de la vie. Dans un premier temps, l'Anemf demande à ce que le salaire des étudiants en santé soit identique à celui des étudiants stagiaires, soit 300 euros nets par mois. Exclus du dispositif de primes d'activité, en raison de revenus trop modestes, les étudiants en médecine sont victime d’une double peine, estime l'Anemf, qui demande aussi le maintien des bourses durant l'été.

Pour réduire le coût du logement, l'Anemf encourage la « création, développement et rénovation des internats en hébergements territoriaux des étudiants en santé » mais aussi l' « extension de l’indemnité d’hébergement de 150€ brut pour les stages ambulatoires en zones sous-denses aux stages réalisés en centres hospitaliers ».

Sur le poste restauration, l'Anemf demande à ce que des tarifs adaptés aux étudiants soit instaurés dans les hôpitaux.

Pour les étudiants réalisant leurs service sanitaire, l'Anemf exige « des garanties sur l’implication des collectivités territoriales vis-à-vis des aides » ou l'octroi d'une aide au logement d'un montant de 235 euros. En matière d'alimentation, l'Anemf demande la mise à disposition « d’un service de restauration dans les structures accueillant des étudiants réalisant leur Service Sanitaire ».
 

 

 

 

 

 

 

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