Baisse globale des passages aux urgences pour noyades en juin : l’effet COVID

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

12 août 2020

Saint-Maurice – Entre le 1er juin et le 30 juin 2020, 157 passages aux urgences pour cause de noyade en France ont été enregistrés dans le réseau de surveillance OSCOUR®. Un nombre en baisse de 29 % par rapport au nombre des passages en 2018 (210 passages aux urgences pour noyades) et en 2019 (233 passages aux urgences pour noyades) pour la même période, et que les auteurs attribuent pour une grande part aux conséquences de l’épidémie de Covid.

Accès réduit aux piscines et plages

« Cette baisse, écrivent-ils, est probablement liée à la fermeture des piscines publiques ou privées payantes (municipales, bases de loisirs, parcs d’attractions) et des piscines privées à usage collectif (hôtels, résidences de vacances, camping, clubs de vacances) et aux conditions restrictives d’accès de certaines plages jusqu’au 22 juin qui ont réduit fortement les baignades et donc le risque de noyades. » S’y ajoute des conditions climatiques (températures, ensoleillement, pluviométrie) ont été moins favorables au cours de ce mois de juin que lors des deux années précédentes, malgré un épisode de fortes chaleurs fin juin 2020. Enfin, troisième argument, selon Santé publique France, « les week-ends, périodes plus propices à la baignade sont moins nombreux en juin 2020 : 4 week-ends contre 4 et un samedi en 2018 et 5 en 2019 ».

Entre le 1er juin et le 30 juin 2020, 45 % des passages aux urgences pour cause de noyade en France ont concerné les enfants de moins de 6 ans et 14 % les 65 ans et plus. Cette répartition par âge du recours aux urgences pour noyade reste globalement similaire à celle observée en 2018 et 2019 sur la même période.

La baisse globale des passages aux urgences pour noyade au mois de juin 2020 (par rapport aux mêmes périodes en 2018 et 2019) concerne toutes les régions sauf la Corse, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays-de-la-Loire et l’Outre-mer où le nombre de passages aux urgences pour noyade reste stable. Néanmoins, les régions du littoral restent celles enregistrant le plus grand nombre de recours aux urgences pour noyade sur la période.

Reste à savoir si la reprise des activités estivales au cours des mois d’été verra cette baisse perdurer, ou au contraire, être compensée par un excès d’accidents dû au manque d’entrainement, ou à la prise excessive de risque.

Qu’est-ce que le réseau OSCOUR® ?

Les données proviennent du réseau de surveillance OSCOUR® (Organisation de la surveillance coordonnée des urgences) coordonné par Santé publique France. Au 1er février 2020, un peu plus de 690 services d'accueil participent au réseau OSCOUR® parmi les 710 unités d'urgence (21 millions de passages annuels, soit près de 59 000 passages par jour en moyenne) couvrant ainsi 93 % des passages aux urgences en France. On compte au moins un service d'urgence contribuant au réseau OSCOUR® dans tous les départements (hormis la Martinique).

A la différence des enquêtes NOYADES, le système Oscour® ne comptabilise pas les victimes des noyades les plus graves, celles dont l'état a nécessité un transfert en réanimation à l'arrivée à l'hôpital et celles décédées sur le lieu de noyade, précise Santé Publique France En outre, les données du réseau Oscour® ne permettent pas de distinguer les victimes d'une noyade accidentelle d’une noyade intentionnelle (tentative de suicide ou agression).

 

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