COVID-19 : l’épidémie progresse en France

Aude Lecrubier  

Auteurs et déclarations

24 juillet 2020

France – La situation épidémiologique est marquée par une hausse du nombre de cas de Covid-19 en France, plus de 1000 pour la seule journée du 23 juillet. Hors Guyane, l’augmentation du nombre est de +26 % par rapport à la semaine précédente, de +18% et +11% par rapport aux 2 semaines précédentes, soit une croissance de +66% sur 3 semaines, indique Santé Publique France (SPF) dans un point de situation[1]. L’institution juge que l’épidémie progresse de façon « modérée »[1].

Le nombre de « clusters » augmente également depuis le 9 mai avec désormais 570 foyers de cas groupés dont 10 nouveaux entre le 22 et le 23 juillet. SPF souligne toutefois que 361 clusters ont été clôturés depuis le 9 mai.

Autre indicateur de la progression de l’épidémie, le nombre de reproduction est désormais supérieur à 1. En France métropolitaine, le nombre de reproduction calculé grâce aux données virologiques (SI-DEP) est de 1,29 (IC95%) : 1,25-1,33) et celui calculé à partir des données de passages aux urgences (OSCOUR®) est de 1,26 (IC95% : 1,20-1,32).

Situation régionale

Sept départements ont un taux d’incidence > 10/100 000 habitants cette semaine, selon SPF. La Mayenne est classée en niveau de vulnérabilité élevé avec une incidence des cas en augmentation, une très forte activité de dépistage, des taux de positivité en diminution, et 2 clusters avec diffusion communautaire. Aussi, le Finistère, la Gironde et les Vosges sont classés en niveau de vulnérabilité modéré. En Guyane et à Mayotte, les pics épidémiques sont franchis et la circulation du virus se poursuit à un niveau élevé.

Plus d’appels à SOS médecins et de passages aux urgences

Le nombre d’actes médicaux de SOS médecins pour suspicion de COVID, tous âges confondus, est en hausse pour la quatrième semaine consécutive (+35% entre le 13 et le 19 juillet (S29) soit +824 actes, par rapport aux 2 339 actes enregistrés en semaine 28). Les quatre régions où les actes augmentent le plus rapidement sont la Bretagne (+88%), le Centre-Val de Loire (+74%), la Nouvelle Aquitaine (+69%) et le Grand-Est (+64%).

En parallèle, aux urgences, du 13 au 19 juillet 2020, 1914 passages pour suspicion de Covid-19 ont été rapportés, soit une hausse de 26% par rapport à la semaine précédente. Les plus fortes hausses sont observées en Bourgogne-Franche-Comté (+75%), Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Île-de-France (+43%).

Enfin, SPF signale aussi un arrêt de la diminution des admissions en réanimation.

Dépistage : le nombre de tests positifs en augmentation

Concernant le dépistage, entre le 13 et le 19 juillet, 344 357 patients ont été testés et 3589 patients se sont révélés positifs pour le SARS-CoV-2 (54% des cas positifs étaient asymptomatiques). Le nombre de patients positifs pour le SARS-CoV-2 était en augmentation pour la troisième semaine consécutive : S27 : 2 348 (+13%), S28 : 2 832 (+21%), S29 : 3 589 (+27%) et l’augmentation s’intensifie.

 
Au moindre symptôme, il est plus que jamais nécessaire de se faire dépister par test virologique, en s’isolant avant même d’avoir un rendez-vous.
 

Par ailleurs, SPF spécifie que « l’augmentation des cas observée depuis la semaine 27 n’est pas uniquement liée à l’intensification des actions de dépistage de personnes asymptomatiques telles que mises en place dans le cadre d’investigations, mais reflète une augmentation réelle du nombre de cas symptomatiques ».

« Cette tendance de fond indique que nos habitudes récentes favorisent la circulation du virus depuis déjà plusieurs semaines », souligne le ministère de la santé dans un communiqué[2].

« Au cours de l’été et pendant les vacances, il peut sembler artificiel de se saluer en gardant ses distances, de discuter de loin, de se laver régulièrement les mains et de porter un masque grand public dans les espaces clos, mais cet effort individuel et collectif est crucial pour empêcher le virus d’empiéter sur notre liberté et l’épidémie de rebondir.

« Au moindre symptôme, il est plus que jamais nécessaire de se faire dépister par test virologique, en s’isolant avant même d’avoir un rendez-vous, puis dans l’attente du résultat », insiste le ministère. 

Retrouvez tous les lieux de prélèvements sur le site  sante.fr  
 

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