Comment la e-santé a-t-elle évolué ces 3 dernières années?

Véronique Duqueroy

Auteurs et déclarations

13 juillet 2020

COLLABORATION EDITORIALE

Medscape &

Paris, France ― Trois ans après le lancement du diplôme universitaire (DU) sur la e-santé et du partenariat de l’Université Paris-Diderot avec Medscape, le Dr Boris Hansel (diabétologue, hôpital Bichat) explique comment la santé connectée a évolué, entrainant avec elle une évolution pédagogique, centrée sur le DU, mais également à destination du grand public.

Medscape édition française Comment la e-santé a-t-elle évolué depuis les 3 dernières années?

Boris Hansel : Nous avons observé trois points importants dans le développement de la e-santé depuis la création du DU :

  • Tout d’abord, il y a de plus en plus de projets très ambitieux en lien avec l’intelligence artificielle et le big data. Nous commençons à voir des applications pratiques, en particuliers dans le domaine de la réalité augmentée, notamment en chirurgie et en psychiatrie.

  • Ensuite, nous avons toujours une profusion de projets « classiques », c’est-à-dire qui ne sont pas forcément innovateurs ― p. ex. des capteurs de glycémie présentés comme « le futur » mais qui n’évoluent pas, des applications en nutrition qui sont une répétition de ce qui existe déjà, ou des solutions de parcours de soins qui réinventent ce qui a déjà été pensé il y a 20 ans.

  • Enfin, il y a eu l’effet Covid : depuis 6 mois, nous assistons à une évolution majeure, voire un virage à 90⁰, chez les soignants, et à un certain degré chez les patients. Les indifférents et les réfractaires à l’utilisation de la télémédecine ont découvert, de façon forcée, des solutions qu’ils ont maintenant adoptées, probablement de manière pérenne, au-delà de l’épidémie. Le frein technologique a été levé : quand on utilise, on apprend. D’autant plus que le soutien de la part des institutions administratives est maintenant renforcé. Mais la plupart des solutions technologiques existaient avant le Covid, la nouveauté étant qu’elles sont désormais très utilisées. Cela a également accentué la prise de conscience de la possibilité de l’enseignement à distance.

Comment le DU sur la santé connectée , proposé par l’Université Paris-Diderot, at-t-il lui-même évolué depuis sa création il y a 3 ans?

BH : Le DU, dont le co-directeur est le Pr Patrick Nataf, a évolué en fonction des besoins des étudiants. Nous avons ainsi identifié plusieurs besoins :

  • rester au fait de l’actualité de la e-santé : il faut des informations rapidement actualisées, car il est difficile de suivre les évolutions, comme par exemple les réglementations.

  • être mis en réseau (networking) : nous en sommes maintenant à notre 3e promotion, nous pouvons donc mettre en relation de plus en plus d’étudiants.

  • renforcer les ateliers pratiques : nous proposons des mises en situations réelles de développer un projet de santé connecté, et de penser à tous les aspects entourant ce projet ― c.-à-d. d’un point de vue médical, mais aussi juridique, éthique, technique et économique.

  • être en interaction avec les soignants : c’est un des avantages d’être dans une faculté de santé et non pas dans une école d’ingénieurs ou de commerce. Il y a un acquis des connaissances en santé. Ceux qui développent des solutions ont besoin de comprendre les pathologies, de connaître les recommandations médicales et de comprendre ce qu’est une évaluation scientifique.

L’Université Paris-Diderot a, elle aussi, évolué. Pouvez-vous nous en dire plus?

BH : Début 2020, les deux grandes universités parisiennes Paris-Diderot et Paris-Descartes ont fusionné pour devenir l’Université de Paris. Dans le domaine de la santé, il s’agit du regroupement des deux UFR Médecine sous une seule faculté de médecine, et à cela se sont ajoutées la faculté de pharmacie (initialement de Paris-Descartes) et la faculté dentaire (de Paris-Diderot). Le regroupement des activités d’enseignement de la santé s’installe donc progressivement.

L’Université de Paris a lancé, il y a un 1 an, une chaîne vidéo pour accompagner le DU. Quel en est l’objectif?

BH : Nous avons lancé la chaîne PuMS dans un contexte d’enseignement, pour offrir des connaissances médicales non seulement à nos étudiants, mais également aux patients, voire aux professionnels qui souhaitent découvrir des informations en dehors de leur spécialité. J’avais mené une enquête auprès des étudiants de notre DU et elle a révélé que la 2e source d’information en santé la plus utilisée était les médias grand public (télévision et Internet). Nous estimons donc qu’il y a, pour l’université, un rôle pédagogique qui va au-delà des étudiants, c’est-à-dire auprès du grand public, pour une diffusion d’information fiable, dans un monde saturé d’actualité dans le domaine de la santé.

Vous avez notamment consacré une émission sur l’actualité de la santé connectée.

BH : Oui, elle est disponible sur Youtube (voir Révolution en santé : les objets connectés).

Nous avons actualisé les informations dans des domaines que nous avions notamment abordés dans le partenariat avec Medscape, comme par exemple l’hypertension artérielle avec le Pr Xavier Girerd ou le telenursing avec Mme Gladys Gubranski. Dans l'emission, nous abordons également la prescription et le remboursement de la santé connectée par l’Assurance maladie, avec Cyril Olivier (HAS). De façon très originale, nous découvrons également la e-santé en odontologie, avec le Pr Géraldine Lescaille, qui est elle-même une ancienne élève du DU et qui présente des projets très intéressants.

Medscape est fier d’avoir été partenaire de l’Université Paris-Diderot pour le lancement du DU, et d’avoir contribué à améliorer les connaissances sur les applications pratiques de la santé connectée. Pour continuer à suivre l’information dédiée aux professionnels de santé, voir notre centre de ressource sur la e-santé .

Pour vous inscrire au Diplôme Universitaire de Santé Connectée, de l’Université de Paris, et pour en savoir plus sur le programme d’enseignement, consultez : http://medecine-connectee.fr/

Pour vous abonner à la chaine grand public PuMS, consultez https://pums.fr/

 

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