Manifestation du 30 juin : les médecins rejoignent les soignants

Stéphanie Lavaud

29 juin 2020

France -- Les médecins hospitaliers sont appelés à se joindre à la grève des soignants prévue demain, le mardi 30 juin. Objectif : accélérer le mouvement enclenché par le Ségur de la Santé, qui selon les collectifs de soignants et les organisations syndicales, tarde à réformer l’hôpital public et à relancer l’attractivité des carrières médicales.

Organisations, syndicats et collectifs

Le préavis a été déposé par l’ensemble des organisations de personnels médicaux et non médicaux, Action praticiens hôpital (APH) en tête, laquelle, prévoyante, a rédigé un « Guide du praticien en grève ». Suivent de près par l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH), l’Intersyndicale des internes (Isni) et le syndicat Jeunes médecins. Vendredi dernier, le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux ont fait savoir qu’il rejoignait lui-aussi le mouvement. Quant aux syndicats de la fonction publique hospitalière (CGT, FO, Unsa, SUD), la plupart ont eux aussi appelé à la mobilisation, soutenus par plusieurs collectifs de soignants (Inter-Urgences, Inter-Hôpitaux…).

Pour les soignants, qui ont obtenu une enveloppe de 6 milliards d’euros pour augmenter les salaires des personnels non médicaux – à partager entre hôpitaux et Ehpad publics, mais aussi pour partie avec le secteur privé –, les revendications concernent désormais les embauches de personnel pour lesquelles, « aucun plan n’est prévu » souligne le Collectif Inter Hôpitaux dans son communiqué du 26 juin.

Embauche de personnels et démocratie participative à l’hôpital

La revalorisation salariale ne suffit pas, il faut plus de personnels, disent-ils. C’est pourquoi « le CIH demande l’abandon des normes de personnels déconnectées du réel et rappelle la nécessité d’augmenter drastiquement le temps soignant au lit du patient. »

Autre revendication récurrente : plus de « démocratie participative au sein des hôpitaux », un « élément majeur pour garantir une confiance retrouvée en redonnant leur place aux soignants » considère le CIH. « La consultation de tous les soignants concernés de l’établissement doit être déterminante dans le choix des organisations » ajoute le collectif, qui a, par ailleurs, critiqué les propositions du rapport Claris sur la gouvernance hospitalière.

Les médecins hospitaliers réclament une revalorisation de la grille salariale

De leur côté, les médecins hospitaliers font remarquer qu’aucune enveloppe n’a été mise sur la table à leur attention. Une situation qui agace les syndicats, qui évaluent les besoins à près de 7 milliards d’euros. Ils réclament notamment une hausse immédiate de 300 euros net mensuel pour les internes et une forte revalorisation de leur grille de salaire, avec un minimum de 5 000 euros net en début de carrière, contre 3 754 euros actuellement, et 10 000 euros en fin de carrière (contre 6 384 euros).

Selon les syndicats, une réunion consacrée à la rémunération des médecins hospitaliers est prévue ce lundi à 16 heures, en présence d’Olivier Véran.

 

Déclarons notre amour à l'hôpital public

Depuis des années, l’hôpital public est en crise. L’exaspération des personnels de santé a provoqué la révolte des services d’urgence (CIU), puis celle de l’ensemble des
services hospitaliers, rassemblés en septembre 2019 au sein du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) ; manifestations et grèves des personnels se sont multipliées.
Les mêmes qui se sont portés volontaires et ont supporté le choc du Covid-19 et que le pays entier a applaudi chaque soir. De ces quelques mois, de décembre 2019 à aujourd’hui, le Collectif inter Hôpitaux en a fait un livre qui entend restituer au travers de textes et de photographies, les pétitions, témoignages ou déclarations d’amour des usagers et des soignants à « leur » hôpital public.

Les auteurs sont : Marie Citrini, représentante des usagers au conseil de surveillance de l'AP-HP, Tiphaine Morvan, infirmière à l’hôpital Saint-Louis, Paris, Dr François Salachas, neurologue, Pitié-Salpêtrière, Dr Agnès Hartemann, diabétologue, Pitié-Salpêtrière, Dr Hélène Gros, infectiologue, centre hospitalier Robert-Ballanger, Dr Sophie Crozier, neurologue, Pitié-Salpêtrière, membre du Comité consultatif national d’éthique,
Marie Desplechin, romancière et les témoignages de nombreux anonymes.

Déclarons notre amour à l'hôpital public, 2020, défense et illustration d'un service public

Hémisphères éditions / maisonneuve & larose, nouvelles éditions, juin 2020, 164 pages + cahier couleurs de 8 pages,10 €

 

 

 

 

 

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