En Île-de-France, la plupart des libéraux ont continué leur activité pendant le confinement

Serge Cannasse

Auteurs et déclarations

30 juin 2020

France – Pendant la deuxième quinzaine du mois de mai 2020, l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) a interrogé plus de 1700 médecins libéraux, généralistes et spécialistes, à propos de l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur leur pratique médicale.

Une baisse d’activité de 50 à 70% selon la spécialité

Il en ressort d’abord que la grande majorité d’entre eux (82%) a maintenu une activité pendant la période de confinement, avec cependant une baisse d’activité de 50 à 70% selon la spécialité. La plupart ont fait leurs consultations en présentiel, en mettant en place des mesures de protection telles que la désinfection du cabinet entre chaque patient, le respect des distances physiques en salle d’attente et des gestes barrières ainsi que le port d’un masque.

Les 18% autres invoquent le manque de protection individuelle, le fait d’être malade ou la présence d’un facteur de risque pour eux-mêmes ou leur entourage.

À la date de l’enquête, 66% des généralistes et 80% des spécialistes avaient encore une activité réduite, qu’ils expliquaient par les mesures barrières limitant les possibilités de prise en charge, un plus faible recours de la part des patients et la non réouverture des blocs chirurgicaux.

L'épidémie a contribué à faire entrer la téléconsultation dans les mœurs

Pendant le confinement, 79% des répondants ont eu recours à la téléconsultation (86% des généralistes, 71% des spécialistes), qui a représenté en moyenne un acte sur quatre. Pour cela, 58% des utilisateurs ont fait appel à une plateforme dédiée. Moyen simple de rester en contact avec les patients, le téléphone a été utilisé par 31% des praticiens. À noter que 39% ont fait appel à la télésurveillance pour leurs patients suspectés ou diagnostiqués Covid-19. Enfin, le dispositif COVIDOM piloté par l’AP-HP et l’URPS médecins (application pour smartphone de télésuivi des patients diagnostiqués Covid) a rencontré un grand succès.

L’épidémie a fortement contribué à faire entrer la téléconsultation dans les mœurs, puisque 68% des répondants sont désormais convaincus de son intérêt, contre 38% avant le confinement, et que 61% prévoient de maintenir son usage à l’avenir. Usage ciblé cependant : l’outil n’est pas adapté à toutes les situations.

La souplesse réglementaire plébiscitée

Le courriel est l’outil d’échanges entre praticiens et patients le plus utilisé (72%), alors que le DMP (dossier médical partagé) reste ultraconfidentiel (1%). Les autres outils de coordination ne sont guère connus.

Pour l’URPS Île-de-France médecins, « la souplesse réglementaire adoptée pendant la crise sanitaire mérite d’être reconduite », avec libre choix des outils de téléconsultation (et remboursement des consultations correspondantes par l’Assurance maladie), y compris le téléphone, auquel le recours est le plus facile. L’Union réclame également « la possibilité d’un accès direct remboursé en téléconsultation à un médecin libéral de proximité, (en capacité de recevoir le patient en présentiel), permettant ainsi, si besoin médical, de déboucher sur une consultation présentielle avec ce même médecin. »

Cet article a été publié initialement sur le site Univadis.fr, membre du réseau Medscape.

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