SOLO2 : de nouvelles données de survie globale assoient la place de l’olaparib dans le cancer de l’ovaire

Liam Davenport, Marine Cygler

Auteurs et déclarations

29 mai 2020

 Etats-Unis- La place des anti-PARP dans le cancer de l'ovaire se confirme. Les femmes en récidive d'un cancer de l'ovaire sensible aux platines et ayant une mutation BRCA pourraient voir leur survie augmentée d'une année grâce à un traitement de maintenance par l'anti-PARP olaparib (Lynpaza®, AstraZeneca).

Mises en avant lors d’une session scientifique du congrès virtuel de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO 2020), les nouvelles données de survie globale de l’essai randomisé de phase III SOLO2 viennent d'être présentées à la presse[1].

Le Pr Richard Schilsky, directeur médical de l'ASCO, considère qu’il s’agit d’une « avance significative » dans un cancer « historiquement de très mauvais pronostic ».

« Une survie globale à 42 % à 60 mois, c'est incroyable. Et ce type de thérapie orale est plutôt bien toléré. Pour rappel, il y a 10 à 15 ans, à 5 ans, les patientes atteintes de ces cancers étaient toutes décédées», a commenté pour sa part le Pr Frédérique Penault-Llorca (Vice-présidente Unicancer– Directrice générale du Centre Jean Perrin de Clermont-Ferrand), lors d'un point presse Unicancer.

Ces nouvelles données sur la survie globale viennent conforter la place du médicament et l’AMM déjà octroyée dans cette indication.

Des premiers résultats enthousiasmants

L'étude SOLO2 a randomisé 300 femmes en rechute d'un cancer de l'ovaire avec BRCA muté répondant à une chimiothérapie à base de platine avec une thérapie de maintenance utilisant soit de l'olaparib soit un placebo.

Pour rappel, les anti-PARP bloquent la réparation de l’ADN dans les tumeurs porteuses d’un défaut de recombinaison autologue dont font partie les mutations BRCA1 et BRCA2.

Présentés à l'ESMO 2018, les premiers résultats avaient démontré les bénéfices de l’olaparib seul en première ligne de maintenance versus le traitement standard chez les patientes avec mutations BRCA (RR=0,30, survie sans progression à trois ans à 60 % versus 25 % dans le groupe placebo).

Appelé à commenter ces nouvelles données, le Dr Konstantin Zakashansky (Mount Sinai West, New York) qui n'a pas participé à cette étude, a salué ces résultats.

 « Les essais avec les anti-PARP ont révolutionné le traitement des cancers ovariens en première ligne ou après récidive. Toutes ces études présentées récemment indiquent un gain significatif de la survie sans progression » a-t-il indiqué « Les données de survie globale, que l'on considère comme le critère d'évaluation le plus pertinent en oncologie et qui reste le gold-standard en raison de sa pertinence et de son objectivité, étaient cependant assez limitées » a-t-il poursuivi.

La survie globale, le gold-standard

Pour lui, ces nouveaux résultats « répondent à la question » et montrent à ce jour « la meilleure amélioration en survie globale de tous les essais cliniques menés sur des patientes en rechute d'un cancer ovarien ».

Les nouvelles données de cet essai, présentées par le Dr Andrés Poveda (Hôpital Quironsalud, Valence, Espagne), indiquent que l'olaparib améliore la survie globale médiane de 12,9 mois par rapport au placebo (51,7 mois avec l'olaparib vs 38,8 mois avec le placebo, hazard ratio 0,74 ; P=0,054).

Après un suivi de cinq ans, 42,1 % des femmes du bras « olaparib » étaient toujours en vie, contre 33,2 % de celles du bras « placebo ».

Le gain en survie globale est « impressionnant » et offre « un bénéfice conséquent pour nos patientes », a expliqué le Dr Poveda dans un communiqué de presse de l'ASCO.

« Cette étude inaugure une nouvelle ère de la médecine personnalisée pour les femmes atteintes de ce cancer si difficile à traiter » a-t-il ajouté.

 
Cette étude inaugure une nouvelle ère de la médecine personnalisée pour les femmes atteintes de ce cancer si difficile à traiter. Dr Andrés Poveda
 

 « Le fait que 22% des patientes du groupe « olaparib » aient reçu le traitement sur une durée de plus de cinq ans est sans précédent dans le contexte d'une rechute ».

Le Dr Schilsky considère que ces données confirment que l'olaparib « devrait être le standard pour le traitement de maintenance des femmes atteintes d'un cancer ovarien en récidive avec BRCA muté et répondant à une chimiothérapie à base de platine ».

Quid des effets indésirables ?

D'après le Dr Poveda, les effets indésirables constatés pendant l'étude ont été cohérents avec le profil de tolérance connu de l'olaparib : nausées, fatigue/asthénie et anémie quel que soit le grade. L'effet indésirable le plus fréquent d'un grade supérieur ou égal à 3 était l'anémie.

L'interruption du traitement pour cause d'effets indésirables a concerné 50 % des patientes recevant l'olaparib et 19 % de celles traitées avec le placebo. La réduction des doses pour effets indésirables a, elle, concerné respectivement 28 % et 3 % des patientes.

Un traitement administré de façon discontinue en raison des effets indésirables a été rapporté pour 17 % des patientes avec l'olaparib et 3 % dans le bras placebo.

L'étude a été financée par AstraZeneca et Merck Sharp & Dohme Corp. Le Dr Poveda a rapporté des liens avec AstraZeneca, Clovis Oncology, PharmaMar, Roche, Tesaro et PharmaMar. Plusieurs co-auteurs ont également rapporté des liens avec des firmes pharmaceutiques

Cet articla a été publié initialement sur medscape.com sous l’intitulé New OS Data With Olaparib Support 'New Era' for Ovarian Cancer ; adapté par Marine Cygler.

 

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