Yoga : y penser lorsque la réadaptation cardiaque est inaccessible 

Emily Willingham, PhD

Auteurs et déclarations

20 avril 2020

France-- Suite à un infarctus du myocarde, le yoga pourrait être une option intéressante en cas d’indisponibilité de la réadaptation cardiaque conventionnelle. Une notion qui interpelle en ces temps de confinement et de saturation des services de réadaptation dûs à la pandémie de Covid-19.

D’après l’essai Yoga-CaRe[1] publié dans le JACC, le yoga apporte des améliorations significatives sur les résultats autoévalués et sur le retour aux activités de la vie quotidienne. En revanche, l’essai n’a pas disposé de la puissance statistique suffisante pour détecter une différence sur les événements cardiaques indésirables majeurs (MACE).

En tout, l’étude a porté sur 3959 patients de 18 à 80 ans provenant de 24 centres médicaux en Inde. Tous avaient été victimes d’un infarctus du myocarde. Ils ont été randomisés pour suivre un programme de yoga (n = 1 970)  ou recevoir des soins standards améliorés (n = 1 989).

Le programme Yoga-CaRe comportait quatre phases. Il était composé de 13 séances dispensées par un seul moniteur de yoga avec une formation de base, sur une période de 3 mois, avec encouragement à l'auto-pratique au quotidien. Bien que le programme s'adresse principalement aux patients atteints d'un infarctus du myocarde, les membres de leur famille / soignants ont été également encouragés à pratiquer si possible.

En parallèle, les patients du groupe de soins standard améliorés ont reçu 3 séances de conseils pédagogiques à l'aide d'un dépliant, réparties sur la même période que les séances de Yoga-CaRe.

Le suivi médian était de 22 mois et le suivi minimum de 6 mois. Les critères primaires d’évaluation étaient d’une part la survenue d’un événement cardiaque indésirable majeur (MACE) soit un critère composite combinant mortalité toutes causes, infarctus du myocarde, AVC ou hospitalisation en urgence pour une cause cardiovasculaire. D’autre part une autoévaluation (échelle visuelle analogique : European Quality of Life–5 Dimensions–5 Level) à 12 semaines.

Un bénéfice ressenti avec le yoga

Il en ressort que le taux de MACE était de :

  • 6,7 % avec le yoga ;

  • 7,4 % avec les soins standards améliorés ;

  • rapport de risque (RR) : 0,90 (IC à 95 % : 0,71–1,15 ; P = 0,41).

Les scores d’autoévaluations de l’état de santé (échelle visuelle analogique EuroQol à 5 dimensions et à 5 niveaux [EuroQoL 5-Dimension 5-Level, EQ-5D-5L] ; 0–100)  étaient de :

  • 77 avec le yoga ;

  • 75,7 avec les soins standards améliorés.

  • Différence moyenne corrigée à l’inclusion : 1,50 (IC à 95 % : 0,53–2,48 ; P = 0,002).

Le score concernant le retour aux activités pratiquées avant l’événement à 12 semaines était plus élevé avec le yoga (maximum : 100) :

  • 88,3 avec le yoga ;

  • 87,0 avec les soins standards améliorés.

  • Différence en moyenne : 1,30 (IC à 95 % : 0,06–2,54 ; P = 0,039).

Enfin, le groupe du yoga avait fait l’objet de moins de réhospitalisations pour cause cardiovasculaire. Aussi, aucune différence n’a été observée sur l’arrêt du tabac ou l’adhésion aux traitements entre les deux groupes (critères secondaires).

Financement : Conseil indien pour la recherche médicale ; Conseil de la recherche médicale (Medical Research Council), Royaume-Uni.

Cet article a été publié initialement sur Univadis.fr sous l’intitulé : « Réadaptation cardiaque basée sur le yoga : une solution dans une période où la télémédecine est devenue une nécessité ?» adapté par Aude Lecrubier pour medscape.fr

 

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