POINT DE VUE

Difficultés de sommeil chez l’adolescent : spécificités et prise en charge

Dr Marie-Josèphe Challamel

Auteurs et déclarations

11 mai 2020

Paris, France— A l’occasion de la journée du sommeil, le Dr Marie Josèphe Challamel (pédiatre, spécialiste du sommeil de l’enfant) revient les spécificités du sommeil de l’adolescent et les difficultés qu’il peut rencontrer.

Chez l’adolescent, les besoins en sommeil sont d’au moins 9 à 10 heures par nuit alors que le plus souvent, il n’a que 7 heures de repos, en particulier les jours scolaires, indique le Dr Challamel. « Il existe donc une grande privation de sommeil chez l’adolescent », insiste-t-elle.

 
Il existe...une grande privation de sommeil chez l’adolescent. Dr Marie Josèphe Challamel
 

Il y a plusieurs raisons à ces nuits courtes. L’une d’elles est que les adolescents ont une tendance naturelle à décaler leur rythme de sommeil, en général vers 23 heures. Mais, les horaires très matinaux des années de collège et de lycée et la sur-consommation d’écrans, allant souvent jusqu’à 6 heures par jour, contribuent également à la privation de sommeil des adolescents.

Pour lutter contre cette privation de sommeil, le Dr Challamèle rappelle que les spécialistes préconisent depuis plusieurs années que les horaires scolaires soient décalés de 8h à 9h le matin. Elle souligne notamment qu’une expérience menée aux Etats-Unis a montré que retarder le début des cours permettait d’améliorer significativement la motivation, la mémoire et l’attention et diminuait le risque de dépression et d’obésité.

En termes de prise en charge des insomnies de l’adolescent, « les médicaments n’ont pas leur place, sauf quand les décalages d’endormissement sont très importants, après 2 heures du matin et que l’adolescent n’est plus capable de se lever pour se rendre au collège ou au lycée, où là on peut s’aider de la mélatonine », précise la pédiatre qui ajoute que « la prise en charge est avant tout comportementale ».

Cette prise en charge comportementale consiste à recaler l’adolescent sur un rythme jour/nuit avec d’abord des levés plus précoces puis des couchers moins tardifs.

Le Dr Challamel souligne sur l’importance d’être actif dès le réveil avec un déjeuner en famille par exemple et si possible une activité physique pratiquée à la lumière du jour. Elle insiste également sur la nécessité d’éliminer les d’écrans dans la chambre à coucher et en particulier les jeux vidéo violents ou compétitifs au moment du coucher.

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