COVID-19 : Macron rend hommage aux « héros en blouses blanches » et après ?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

13 mars 2020

Paris, France— Hier soir, le Président de la République s’est adressé aux français pour annoncer des nouvelles mesures de lutte contre la propagation de l’épidémie de Covid-19, répétant une fois de plus que « nous sommes au début de l’épidémie », parlant d’une possible deuxième vague de l’épidémie et soulignant que « L'urgence est de freiner l'épidémie, afin de protéger nos hôpitaux, nos services d'urgences et de réanimation, nos soignants ».

Il a par ailleurs rendu un hommage vibrant aux professionnels de santé, les qualifiants de « héros de la nation ». Une reconnaissance que certains jugent bien tardive au vu des alertes lancées depuis des mois sur les conditions de travail et de soins dégradées à l’hôpital public (voir réactions en fin de texte).

Les annonces

Outre, l’annonce choc de la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités, et les désormais habituelles recommandations sur les mesures barrières, le Président a invité « toutes les personnes âgées de plus de 70 ans », mais aussi « celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires » ou sont « en situation de handicap », à « rester autant que possible à leur domicile ».

Concernant les professionnels de santé, il annoncé que le maximum de médecins seraient mobilisés notamment les étudiants et les jeunes retraités, que les soins non urgents seraient repoussés. Il a déclaré que des systèmes de gardes d’enfants pour le personnel soignant seraient mis en place pour leur permettre de travailler, sans en expliciter les modalités.

Un hommage qui passe mal

Enfin, il a rendu hommage aux médecins, exprimé sa « reconnaissance de la Nation à ces héros en blouses blanches », « ces milliers de femmes et d'hommes admirables qui n'ont d'autre boussole que le soin » et qui ont « tous répondu présents ».  

Plus généralement, il a vanté le principe de la « santé gratuite pour tous » et souligné que la santé comme l’alimentation et la protection, faisait partie des biens qui devaient « être placés en dehors des lois du marché », que « nous devions en reprendre le contrôle ».

Un discours qui n’a pas manqué de faire réagir les médecins en lutte depuis des mois, voire des années pour certains, pour dénoncer la politique « d’entreprise commerciale » menée à l’hôpital public.

« Une déclaration d’amour à l’hôpital public, c’est bien. Des moyens humains et financiers pour pouvoir soigner tous les français, c’est mieux ! », a déclaré le Collectif Inter-Hôpitaux sur twitter.

https://twitter.com/CollectInterHop/status/1238365185351593985

Interrogé par Medscape édition française, le Dr Guillaume Fond (Service d'Information Médicale unité Psychiatrie, AP-HM, Marseille) s’est dit, lui aussi, choqué par cette dernière partie du discours du Président : « Après avoir tenu la politique qui a été faite en France, droite comme gauche, pendant ces 15 dernières années en France sur le système public, et alors que l’hôpital public est en train de se désintégré, attendre une pandémie pour dire que la santé est prioritaire est hallucinant. Il a dit qu’il y aurait des décisions de rupture. J’espère que cela n’est pas un effet d’annonce. Nous attendons du concret », explique-t-il.

 
Attendre une pandémie pour dire que la santé est prioritaire est hallucinant.

 

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