Crise de l’hôpital : face à face poignant entre un neurologue de la Pitié et Emmanuel Macron

Aude Lecrubier

27 février 2020

Paris, France — Alors qu’Emmanuel Macron était en visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière où un français est décédé du coronavirus mercredi à Paris, il a été interpelé de façon poignante sur la crise dans l'hôpital public par le Dr François Salachas, neurologue et membre du Collectif inter-hôpitaux (CIH).

Le président visiblement touché par le médecin lui a indiqué qu'il était prêt à le recevoir en présence de quelques confrères et du nouveau ministre de la Santé.

Tenant tout du long la main du Président, le Dr Salachas a lancé un appel du dernier espoir à Emmanuel Macron [1] : « Je suis là parce que notre dernier espoir c’est vous, vous en tant que Président, vous en tant que protecteur des citoyens. On est au bout, on est vraiment au bout […] Prenez la main et donnez les moyens au ministre de la santé, à Martin Hirsch […] On a besoin d’un choc, d’un choc d’attractivité. Il faut absolument refinancer en urgence l’hôpital public. Je suis désolé. C’est extrêmement important, je ne suis pas là pour moi. Je suis là pour l’ensemble du corps du personnel soignant. On ne peut pas se contenter d’effets d’annonce. Je suis désolé […] Quand il a fallu sauver Notre Dame, il y avait beaucoup de monde pour être ému, là il faut sauver l’hôpital public qui est en train de flamber à la même vitesse que Notre Dame. Cela c’est joué à rien et là aussi ça se joue à rien ».

https://twitter.com/franceinfoplus/status/1232980613981986817?s=20

Touché, Emmanuel Macron a répondu qu’il était prêt à recevoir le collectif inter-hôpitaux et quelques confrères. Il a toutefois demandé à ce qu’il soit reconnu que le gouvernement n’était pas resté « assis sur sa chaise depuis deux ans et demi » [2].

Faisant référence à l’abandon du numérus clausus, il a rappelé que le gouvernement avait mis fin à des décennies de contraintes sur le nombre de médecins formés. Il a également souligné que son gouvernement avait stoppé plus de 12 années de déflation du tarif hospitalier. Il a rappelé les mesures d’urgences annoncées sur la dette, la réorganisation, les augmentations…Tout en reconnaissant, sur ce point, qu’il fallait que ces mesures d’urgences descendent sur le terrain rapidement.

Quelque peu dépité par la rancœur des médecins présents dans la petite salle de l’hôpital, il a lui aussi exprimé une certaine aigreur : « J’ai parfois le sentiment de payer l’addition de beaucoup de comptes qui sont restés non soldés. Je veux bien les prendre mais je veux avoir au moins un petit peu de reconnaissance pour ça ». Ce à quoi le Dr Salachas lui a répondu que concernant les efforts faits par le gouvernement jusqu’ici, le CIH se montrerait « transparent ».

 

Quand il a fallu sauver Notre Dame, il y avait beaucoup de monde pour être ému, là il faut sauver l’hôpital public qui est en train de flamber à la même vitesse que Notre Dame  Dr François Salachas

 

 

 

 

 

 

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