Qui est Olivier Véran, le nouveau ministre de la Santé ?

Philippe Anaton

18 février 2020

Paris, France -- À peine nommé, Olivier Véran, tout nouveau ministre des Solidarités et de la Santé, a dû descendre dans l'arène pour défendre la réforme du système de retraite universelle, en discussion à l'Assemblée nationale. Mais quand on y regarde de plus près, il n'y a pas de grand changement pour celui qui, avant d'être nommé successeur d'Agnès Buzyn à l'avenue Duquesne, était rapporteur du volet organique de la réforme. Lundi 17 février dans l'hémicycle, Olivier Véran a placé la réforme sous les auspices des « pères fondateurs de la sécurité sociale »", notamment du ministre communiste Ambroise Croizat, présenté comme le père de la sécurité sociale. Rien de moins.

Sur le front de la crise hospitalière, Olivier Véran a annoncé, lors de la passation de pouvoir au ministère de la santé, qu’il « lancerait une enquête nationale pour consulter les hospitaliers, pour tenter de saisir le sens de leur engagement et les raisons du mal-être ».

Une nouvelle enquête qui a du mal à passer auprès de certains hospitaliers comme en témoigne ce tweet du Pr Francis Bérenbaum (chef de service de rhumatologie à l’hôpital Saint-Antoine, Paris) : « C’est vrai qu’après plus d’une année de grèves, de manifestations, de communiqués, d’interviews des personnels, de reportages divers et variés sur toutes les chaînes, de sondages, de rapports, notre nouveau ministre va tenter de saisir un sens de notre engagement par une ... enquête !! ».

De gauche

Le ministre de la santé vient des rangs de la gauche. Avant de rejoindre la République en marche, Olivier Véran, grenoblois, a fait ses premières armes au Parti socialiste, qui le combat actuellement à l'Assemblée nationale. Né le 22 avril 1980 dans l'Isère, Olivier Véran, neurologue, a gouté aux joies de la politique aux côtés de l'ancienne ministre de l'enseignement supérieure et député de l'Isère, Geneviève Fioraso . Il fut son suppléant à l'Assemblée nationale de 2012 à 2015. Et profita du fait que Geneviève Fioraso était ministre, pour siéger à sa place à l'Assemblée nationale. Celui qui fut en 2018 porte-parole de l'intersyndicale nationale des internes en 2008, se fit très tôt remarquer pour ses rapports dans le domaine sanitaire. On lui doit, entre autres, un premier rapport sur la filière du sang, pour défendre le don du sang anonyme et gratuit.

Intérim médical

Mais c'est surtout son rapport sur l'intérim médical remis en décembre 2013 qui l'a fait connaître médiatiquement. Il y défendait notamment le plafonnement de la rémunération des médecins intérimaires, mesure qui fut reprise par la ministre des solidarités et de la santé de l'époque Marisol Touraine.

Dans la foulée, il est nommé en 2014 rapporteur du projet de lui de financement de la sécurité sociale, et défend une de ses mesures, la création des hôtels hospitaliers. Lorsque, pour des raisons de santé, Geneviève Fioraso quitte le gouvernement et récupère son siège à l'Assemblée nationale, son suppléant Olivier Véran, doit s'éclipser. Il échoue, en 2015, aux élections départementales, mais est élu conseiller régional en Auvergne Rhône Alpes fin décembre 2015. Marisol Touraine ne l'oublie pas pour autant et lui confie en 2016 le pilotage du comité de réforme du mode de financement des établissements de santé. Il défend, dans son rapport, non pas la suppression de la T2A, mais sa modulation, en la mettant en concurrence avec d'autres modes de financement, comme le financement à la qualité. Cette réforme de la T2a sera reprise par Agnès Buzyn dans son programme Ma santé 2022. Ce n'est pas un hasard car Olivier Véran fait partie des premiers à suivre Emmanuel Macron dans sa course à la présidentielle.

Référent santé d’Emmanuel Macron

Il est le référent santé du candidat Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle mais n'est pas choisi par le Premier ministre Édouard Philippe pour occuper les locaux de l'avenue Duquesne. En juin 2017, néanmoins, Olivier Véran est élu titulaire député de l'Isère et retrouve les bancs de l'Assemblée nationale. Il est rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2018 et défend notamment la suppression du numérus clausus. Il est de nouveau rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 et fait voter un forfait de réorientation des urgences, qui lui vaut les foudres des syndicats de la médecine libérale. En janvier 2020, il est reconduit rapporteur général de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, et rapporteur du volet organique de la réforme des retraites. Depuis sa nomination avenue Duquesne, c'est Cendra Motin qui le remplace sur ce volet.

 

Chronologie de la crise politique

Printemps 2018 : Benjamin Griveaux fait parvenir des vidéos intimes à Alexandre de Taddeo, avec qui il entretient des relations intimes.

Mercredi 12 février : l’artiste russe Piotr Pavlenski dit s’être procuré les vidéos intimes de Benjamin Griveaux, qu’il publie sur son site Internet pornopolitique.com

Jeudi 13 février : des twittos, dont les docteur Joachim Son Forget et Laurent Alexandre twittent le lien de pornopolitique.com. Les vidéos font le buzz.

Vendredi 14 février : Benjamin Griveaux retire sa candidature aux municipales à Paris.

Dimanche 16 février : Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la Santé, annonce avoir été choisie candidate La République en marche pour les municipales à Paris. Elle démissionne de son poste de ministre des Solidarités et de la santé. Olivier Véran lui succède le même jour avenue Duquesne.

Lundi 17 février : Passation de pouvoir d’Agnès Buzyn, émue aux larmes, à Olivier Véran.

 

 

 

 

 

 

 

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