Coronavirus Covid-19 : pourquoi le nombre de cas a-t-il subitement augmenté ?

Stéphanie Lavaud

13 février 2020

France — Alors qu’il était question d’un possible infléchissement du nombre de cas, l’annonce des Autorités chinoises hier soir a mis fin aux espoirs de freinage du côté de l’épidémie de Covid-19 (ex nCov19). Suite à un changement de définition des cas d’infection, la Chine a annoncé 15 000 contaminations en plus. Pourquoi cette hausse du nombre de cas et pourquoi ce nouveau nom ? Explications.

Nouvelle définition « clinique » des cas d’infections

La Chine a annoncé ce jeudi 13 février, quelque 15 000 contaminations supplémentaires par le virus Covid-19, rapporte France 24 sur son site Internet [1].  La commission de la santé de Hubei (centre de la Chine) a, quant à elle, annoncé 242 nouveaux décès dans la province. Ces nouveaux chiffres portent le bilan humain en Chine à plus de 60 000 cas confirmés et au moins 1 370 morts, à en croire l’actualisation du Johns Hopkins Hospital (à l’heure où nous écrivons).

A l’origine de cette hausse des chiffres : une nouvelle définition des cas d'infection, dont le diagnostic peut désormais être fait cliniquement et non plus sur une base moléculaire de détection du virus.

Alors que jusqu’à présent, une preuve de la présence du virus obtenue par amplification d’ADN (PCR) était nécessaire pour affirmer le diagnostic, une radio pulmonaire sera désormais considérée comme suffisante.

Les autorités chinoises « justifient cette nouvelle méthode par leur « meilleure connaissance » de la maladie et de ses symptômes, mais aussi par leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d'un traitement » selon France 24 [1].

Covid-19 : un nom plus « facile à prononcer »

Ce 11 février, l'actuel coronavirus a été renommé "Covid-19" après s'être appelé "2019-nCoV". C'est l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a annoncé cette décision sur son compte Twitter notamment. L’organisme mondial a indiqué que Co renvoie au type de virus, ici « corona » en rapport avec la forme en couronne des pics à la surface du virus observée au microscope, que « vi » est l’abréviation de « virus », « d », l’initiale de « disease », tandis que 19 correspond à 2019, soit l’année d’apparition du virus. Selon l'OMS, « Covid-19 » est « facile à prononcer », sans être « stigmatisant » pour un pays ou une population. Il vient remplacer le nom précédent, "2019-nCoV", provisoire, qui signifiait simplement "nouveau coronavirus". 

Comme l’a expliqué Crystal Watson, une chercheuse du Johns Hopkins Center for Health Security à la BBC, nommer un nouveau virus ne fait pas partie des priorités, qui est de se concentrer sur la réponse de santé publique à apporter, mais il ne faut pas non plus tarder à lui donner un nom approprié – tâche qui revient au Comité international de taxonomie des virus (ICTV). « Le danger lorsque vous n'avez pas de nom officiel est que les gens commencent à utiliser des termes comme China Virus, ce qui peut entrainer des réactions négatives contre ou dans certaines populations », ajoute Crystal Watson. En 2009, alors que le virus H1N1 avait été surnommé "grippe porcine", l'Égypte a alors abattu tous les porcs de son territoire, alors qu’ils n'étaient pas responsables de la transmission du virus. Et en 2015, alors qu’un coronavirus avait été appelé "Mers" (syndrome respiratoire du Moyen-Orient), l'OMS avait rappelé dans un communiqué un code de bonne pratique et fixé des règles, en recommandant notamment de ne pas utiliser d'emplacements géographiques, de noms de peuples, d'animaux, d'aliment ou de métiers ou de termes provoquant la peur ou susceptibles de stigmatiser un lieu ou une communauté. 

Une durée d’incubation plus longue ?

Selon des chercheurs chinois qui ont analysé les données de 1 099 patients atteints du Covid-19 et hospitalisés en Chine, la durée d’incubation du coronavirus serait plus longue que nous le pensions initialement, rapporte LCI sur son site Internet [3]. Elle pourrait en effet s’étendre, selon eux, à 24 jours ! Si ce délai était justifié, alors le temps de mise en quarantaine, qui est actuellement de 14 jours, pourrait être remis en question. Précisons toutefois que ces données demandent à être affinées ; les chercheurs ont en effet diffusé les résultats avant même publication de leur étude. Interrogés par LCI, des chercheurs français se veulent rassurant, à l’image de Sandrine Belouzard, chercheuse du CNRS au centre d’infection et d’immunité de Lille. « L’intervalle de temps de 0 à 24 signifie juste que le temps le plus long est de 24 jours. Mais peut-être est-ce une observation pour une seule personne et que l’ensemble des autres patients se situent entre 0 et 10 jours » estime la chercheuse, qui regrette, par ailleurs, le manque de données à propos de cette étude.
 

A noter : Pour connaître les chiffres de contamination en temps réel en Chine et dans le monde entier, consulter  la carte du Johns Hopkins Hospital.  Vendredi 21 février après-midi, le nombre de décès dépassait les 2248.

 

 

 

 

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