Pneumonie : l’autre épidémie qui pourrait menacer Marseille

Dr Isabelle Catala

13 février 2020

Marseille, France -- Ville portuaire et infrastructures d’infectiologie font de Marseille une ville à haut risque infectieux. Après le rapatriement et la quarantaine des français à risque de 2019-nCoV, une épidémie de pneumonie s’est déclarée chez les travailleurs des chantiers navals.

Dans ce contexte d’accueil des possible cas de 2019-nCoV (voir encadré), Marseille et son IHU Méditerranée Infection, dirigé par le Pr Didier Raoult, ont aussi dû faire face à une épidémie d’infections à pneumocoque. L’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur a en effet été alertée le 28 janvier dernier de la survenue de 13 cas de pneumonie à pneumocoque chez des personnes travaillant sur la rénovation d'un bateau de croisière (le Norwegian Spirit) dans le chantier naval de Marseille [1]. Le premier cas a été diagnostiqué le 9 janvier.  Il y aurait au total 44 cas possibles, 16 cas confirmés et 2 malades en soins intensifs.

Opération de vaccination de grande envergure

Une filière de soins a immédiatement été organisée et des mesures de précaution ont été prises : renforcement du lavage des mains, port de masque pour les personnes malades (3000 masques ont été mis à disposition), isolement de tout cas suspect en cabine individuelle…

Une opération de vaccination de grande envergure (sur la base du volontariat) a été mise en place dès le 3 février.

Les infirmiers marins pompiers de Marseille, les médecins de l’IHU et des représentants de l’ARS ont vacciné en 4 jours 4 000 personnes contre différentes souches de pneumocoque.

L’épidémie de pneumonies semble circonscrite pour l’instant selon le service de communication de l’IHU.

Le choix de Marseille n’est pas un hasard

Les marseillais se retrouvent donc actuellement dans une situation un peu particulière : avec, outre les 4 000 travailleurs des chantiers navals vaccinés contre le pneumocoque, 300 personnes – majoritairement des expatriés travaillant pour des industries françaises – en provenance de Wuhan en Chine qui sont encore en quarantaine dans un centre de vacances de Carry le Rouet.

Mais, comme l’explique à Medscape édition française, le service de communication de l’IHU « le choix de Marseille pour la prise en charge des personnes revenant de Chine n’est pas lié au hasard. En effet, l’IHU Méditerranée Infection de Marseille a été mis en place en 2016 pour répondre aux crises infectieuses de façon coordonnée avec dans un même endroit des lieux d’hospitalisation allant jusqu’au confinement, des possibilités de diagnostic rapide et l’existence de laboratoires P3 permettant la mise en place rapide de programmes de recherche ».

Le fait que les français venant de Chine ont été rapatriés au voisinage de l’IHU relève donc d’un choix stratégique. En collaboration avec le SAMU, ils ont subi des tests (tous négatifs au 6 février 2020) et les cas suspects ont été hospitalisés (mais le diagnostic de 2019-nCoV a été écarté). « Cette structure cohérente et globale au sein même de la ville permet d’éviter le plus grand danger des crises sanitaires : la panique, qui n’est pas justifiée pour une maladie respiratoire dont la contagion à ce jour n’est pas supérieure à celle des autres virus respiratoires », explique le Pr Didier Raoult, directeur de l’institut [2].

 

 

 

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