Les démissions en chaîne des chefs de service ont débuté

Aude Lecrubier

28 janvier 2020

Paris, France —Les chef.ffe.s de service avaient prévenu. Si aucun nouveau geste n’était fait par le gouvernement pour « sauver » l’hôpital public, ils démissionneraient de leurs fonctions administratives en ce début de semaine. Depuis hier, ils mettent, tour à tour, leur menace à exécution.

« Nous avons eu une réunion nationale du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) dimanche pour décider de l’agenda des démissions. Nous avons fait le point sur ce qu’a proposé Agnès Buzyn le 17 janvier dernier et nous avons tous considéré que c’était complètement insuffisant. Il nous fallait des moyens tout de suite, pour 2020, et elle ne l’a pas du tout proposé. Nous avons donc décidé la mise à exécution de notre menace de démission de nos postes administratifs », a commenté, pour Medscape édition française, le Dr Antoinette Perlat (responsable de l’Unité fonctionnelle de médecine interne et immunologie clinique au CHU de Rennes), membre de la délégation de 6 chef.fe.s de service ayant rencontré la Ministre de la Santé le 17 janvier.

Les chef.fe.s de service du CHU de Rennes ont été les premiers à faire ce geste fort mais, le mouvement de démission national prend de l’ampleur. 

« Dans des CHU et des centres hospitaliers de toutes tailles, de très nombreux chef.fe.s de service (de tous types d’activités) ont porté leur démission à leur direction, a expliqué à Medscape le Pr Stéphane Dauger (chef du service de réanimation et surveillance continue et pédiatrique à l’hôpital Robert Debré). Les démissions ont débuté hier et devraient continuer tout à long de la semaine en fonction des situations – très hétérogènes – et ce, sur l’ensemble du territoire ».

« A l’hôpital Robert Debré, 75 % des chef.fe.s de service ont remis leur démission ce matin à 10h30. Nous avons passé trois-quarts d’heure dans le bureau de la direction pour expliquer très calmement notre décision. C’était très émouvant, très lourd, parce que cela représente beaucoup pour nous, mais nous n’avons pas le choix », a-t-il précisé.

A l’hôpital Robert Debré, 75 % des chef.fe.s de service ont remis leur démission ce matin à 10h30  Pr Stéphane Dauger

De nouvelles actions prévues

En ce qui concerne les hôpitaux publics parisiens, si la position du gouvernement ne s’infléchit pas et que, par conséquent, les chef.fe.s de service ne se remettent pas au travail, il est prévu qu’en début de semaine prochaine, un bilan de la situation des démissions soit envoyé par les chef.fe.s de service de l’APHP à Martin Hirsch, directeur général,  mais aussi au directeur de l’ARS, à la Présidente de région, Valérie Pécresse et à la Maire de Paris, a expliqué le Pr Dauger.

Aussi, le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) a décidé de nouvelles actions. « Il y aura des actions locales, comme des chaines humaines autour des hôpitaux, le 2 février et une grande manifestation le 14 février à laquelle nous souhaitons pouvoir associer les associations de patients, les usagers parce qu’ils sont très nombreux à nous soutenir », a indiqué le Dr Perlat.

 

 

 

 

 

 

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