POINT DE VUE

Suspicion d’infection au coronavirus : la présidente de la SFMU explique la conduite à tenir 

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

27 janvier 2020

Paris, France—Le bilan du nouveau coronavirus, 2019-nCov, ne cesse de s’alourdir en Chine avec près de 2000 contaminations et déjà 56 décès, selon la Commission nationale de la santé[1]. De son côté, la France est le premier pays européen touché par le virus. Vendredi soir, l’infection a été confirmée chez trois voyageurs récemment rentrés de Chine. L’un est hospitalisé à Bordeaux et les deux autres à Paris.

Dimanche matin, la ministre de la santé, le Pr Agnès Buzyn, a par ailleurs précisé, lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, que cinq nouvelles personnes étaient en évaluation, mises en isolement, et qu’une dizaine de cas étaient sous surveillance.

Cas suspect : la conduite à tenir

Dans ce contexte, la Société Française de Médecine d’Urgence (SFMU) a rappelé les règles de conduite essentielles à adopter pour tout cas de suspicion, à savoir en premier lieu appeler le 15 pour que la prise en charge du patient soit faite par transport sanitaire et qu'il ne soit pas en contact avec d'autres patients, notamment en salle d'attente [2].

« L’objectif est de repérer le moindre cas suspect pour pouvoir l’orienter vers la bonne filière et qu’il ne contamine pas d’autres personnes. Le moment est crucial puisque plus on détectera les cas tôt, plus on évitera d’avoir une pénétration épidémique sur notre territoire », a commenté le Dr Agnès Ricard-Hibon, présidente de la SFMU, pour Medscape édition française.

« Le message clé est de dire, ne vous déplacez pas aux urgences, ne vous déplacez pas dans les salles d’attente des médecins traitants. Appelez le 15 au moindre doute. Quand un cas non-repéré en contamine d’autres, il est ensuite beaucoup plus difficile d’enrayer la propagation », souligne-t-elle.

Le message clé est de dire, ne vous déplacez pas aux urgences, ni dans les salles d’attente des médecins traitants. Appelez le 15.

La procédure MARS

Lors de l’appel au 15, la procédure est très cadrée avec un questionnaire précis sur la chronologie des événements, la géolocalisation, les personnes avec lesquelles le cas a été en contact et les symptômes.

Les signes ne sont pas très spécifiques, ce sont les signes d’une infection respiratoire basse, comme ce de la grippe, mais les facteurs favorisants sont le voyage en Chine ou aux alentours ou le contact avec des gens venant de l’épicentre de l’épidémie.

En fonction des réponses, le cas suspect est alors transformé en cas possible ou en cas exclu.

« Si le cas est exclu, il faut rassurer, si le cas est possible et qu’il n’y a pas de signe de gravité nous avons des partenaires ambulanciers volontaires, qui sont formés, qui s’équipent, qui vont prendre des mesures d’hygiène et de protection (masques, gants…) et adresser le patient dans le service spécialisé qui est à même de gérer ces infections. S’il y a des signes de gravité, ce sont les équipes médicales du SAME qui sont, là aussi, formées et équipées qui amèneront les patients graves dans le service spécialisé qui les prendra en charge », précise l’urgentiste.

« En France, l’ensemble de cette procédure de message d’alerte rapide sanitaire (MARS), mise en place par la DGOS, est très claire. Nous sommes préparés. Il y a 36 centres capables d’accueillir les cas suspects qui vont faire les tests biologiques pour infirmer ou confirmer les cas », rassure le Dr Agnès Ricard-Hibon.

Faut-il porter un masque ?

Interrogé sur l’intérêt du port du masque, le Pr Christian Perronne (chef du service des maladies infectieuses, Hôpital Universitaire Raymond Poincaré, Garches) a indiqué que les mesures barrières étaient très efficaces, notamment en cas de contact avec un foyer de l’infection, pour stopper ce type d’épidémie. Il a cependant précisé, qu’à ce stade, « il n’était pas sûr que le port du masque en population générale ait un intérêt ».

En France, l’ensemble de cette procédure de message d’alerte rapide sanitaire (MARS) est très claire. Nous sommes préparés Dr Agnès Ricard-Hibon

 

Une équipe médicale mise en place à Roissy

En France, une « équipe médicale d’accueil » a été mise en place dimanche à l’aéroport de Roissy afin de prendre en charge, notamment, les personnes qui présenteraient des symptômes, a expliqué le directeur général de la santé, le Pr Jérôme Salomon. En parallèle, tous les voyageurs en provenance de Chine doivent désormais remplir un petit formulaire dans l'avion, avec toutes leurs coordonnées afin de pouvoir les tracer si besoin.

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