Personnels médicaux, internes et étudiants appellent à cesser le travail le 17 décembre

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

16 décembre 2019

France La mobilisation des professionnels de l’hôpital public ne faiblit pas. Une dizaine d’organisations syndicales appelle à cesser le travail le 17 décembre et à manifester à Paris (et localement compte-tenu des grèves de transports) pour faire entendre leurs revendications [1]. Les internes en particulier, par la voix de son InterSyndicale nationale (Isni), sont très remontés. Ils dénoncent les conditions dans lesquelles se déroule leur formation et craignent la réforme des études à venir [2].

A ugmentation du budget hospitalier, revalorisation des carrières, gouvernance partagée

« Face à l’inertie du Gouvernement », les organisations syndicales des personnels médicaux, des internes et des étudiants (SNAM-HP, AH, AJPH, FNSIP-BM, INPH, Jeunes Médecins, ISNI, CMH, ANEMF, FNSIP-BM, CPH) appellent une nouvelle fois tous les professionnels hospitaliers à cesser le travail le 17 décembre pour exiger les mesures immédiates de sauvegarde de l’hôpital public, peut-on lire dans un communiqué commun [1].

Au rang des revendications communes, plus de considération, de respect et de démocratie avec des demandes concernant :

  • l’augmentation du budget hospitalier – au moins égal à l’évolution naturelle des dépenses (4,4%) ;

  • la revalorisation massive des carrières médicales et non médicales, notamment en début de carrière ;

  • la gouvernance partagée plus ouverte aux professionnels médecins et soignants.

Demandes spécifiques des internes

Entrés en grève le 10 décembre dernier, les internes de médecine ont, de leur côté, des demandes plus spécifiques, concernant notamment leur formation, qu’ils reprochent à l’Etat de « sacrifier » au profit du fonctionnement d’établissements dont il s’est désengagé « plus depuis 10 ans ».

Quant aux réponses attendues, elles sont, selon l’InterSyndicale nationale des internes, loin d’être au rendez-vous.

Exemple : pour lutter contre les dérives de leur temps de travail et de formation, les internes demandent le décompte de leurs heures pour identifier les services avec les plus importantes dérives. La réponse du Gouvernement qui consisterait à présenter en CME annuellement un compte-rendu du temps de travail des internes est jugée par l’Isni « complètement à côté de [ses] revendications ».

D’abord parce que « ce principe existe depuis 2015 pour les astreintes des internes et n’est pas respecté (Arrêté du 6 août 2015) », écrit l’Isni. Deuxièmement, « sans décompte horaire précis du temps de travail, ces comptes-rendus ne pourront jamais représenter la réalité ». Enfin, les CME ont déjà l’obligation de rapporter l’activité des internes et notamment le respect du repos de sécurité. « Sans outils fiables, considère l’Isni, tout cela est vain ».

Demi-gardes et réforme des études

Autre sujet de colère : l’annonce de la (re)création des demi-gardes (18h – minuit ou autres horaires). « Une régression sociale complète », selon l’Isni. « Leur interdiction en 2012 avait été obtenue de haute lutte. Ce n’est ni une solution pour revaloriser la rémunération des internes, ni une solution pour limiter la charge de travail, considère le syndicat qui y voit « le concept par excellence de « l’interne bouche trou » ». 

Ils demandent aussi le report d’une mesure mal préparée de la réforme de leurs études, « mettant en danger la construction de leur projet professionnel ».

« Sur le big matching (voir infographie de l’ANEMF), nous répétons notre revendication : il est trop tard pour une mise en place harmonieuse ». L’Isni demande donc un report de cette mesure. A noter que les inquiétudes sur la réforme des études et le big matching sont aussi partagées par la Conférence des doyens (Lire Réforme des études de santé : les doyens inquiets).

De Lariboisière à République

Considérant qu’aucune annonce n’a été réalisée sur leurs revendications, les internes disent poursuivre la mobilisation. Ils participeront avec l’ensemble des professionnels et usagers de la santé à la journée du 17 décembre pour défendre la santé en France.

À Paris, ils rejoindront la manifestation sur la santé qui débutera à 11h hôpital de Lariboisière pour terminer à République. Des manifestations locales auront lieu dans les autres villes (en raison notamment des problèmes dans les transports).

Et comme pour faire part de leur engagement à rester mobiliser et à ne rien lâcher, l’Isni lance, d’ores et déjà, un appel à une manifestation nationale à Paris le lundi 20 janvier.

Crédit visuel : compte Twitter de l’Isni

 

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