Revue de presse en cardiologie

La revue de presse de décembre en cardiologie

Dr Walid Amara

Auteurs et déclarations

5 décembre 2019

LA SÉLECTION DU MOIS DE DÉCEMBRE 2019

Dans cette revue de presse, Walid Amara traite de 4 articles récents qui ont retenu son attention.

TRANSCRIPTION

  1. Le premier article est une méta-analyse publiée par Tatiana Potpara et al. dans la revue Europace  [1] qui s'intéressait aux essais randomisés avec les AOD chez les patients recevant des stents et qui comparent la double thérapie anticoagulant (AOD) avec un seul antiagrégant versus la trithérapie (AVK et la double antiagrégation plaquettaire). Il s'agit de trois essais  PIONEER, RE-DUAL PCI et AUGUSTUS. Les chercheurs se sont donc intéressés au risque d’hémorragie majeure qui était significativement moins important dans le groupe « double traitement » versus le groupe « triple traitement », et était également significativement moindre dans le groupe AOD que dans le groupe AVK. Dans les autres critères de jugement, j’ai noté essentiellement que c’était le risque de thrombose de stent qui sortait non significatif dans la plupart des essais pris séparément. Ici, il était augmenté significativement dans le groupe « double traitement » versus le groupe « triple traitement », mais cela se voyait surtout lorsqu’on utilisait la double thérapie avec la faible dose de dabigatran à 110mg x 2/jour.
    Conclusion des auteurs : il faut préférer les AOD aux AVK lorsqu’on est en post-angioplastie et le choix entre double traitement et triple traitement doit se faire après une évaluation du rapport bénéfice-risque ; et lorsqu’on choisit un double traitement, il faut plutôt utiliser l’apixaban 5 mg x 2/j, le dabigatran 150 mg x 2/j, et pour le rivaroxaban ils recommandent 15 mg, 1 prise par jour.

  2. Le deuxième article qui m’a marqué porte sur l’ablation de la fibrillation atriale (FA). C’est une étude de cohorte publiée par Daniel Modin et al. dans Europace. [2] Cette cohorte est de 25 000 patients qui ont eu une cardioversion, et au cours du suivi de plusieurs années, 3500 patients ont eu une ablation de FA. Les chercheurs ont évalué si l’ablation de la FA avait un effet significatif sur les événements cardiovasculaires (CV).
    Résultat : l’ablation de la FA était associée à une réduction du critère combiné, critère primaire qui comprenait la mortalité, des décès CV et des principaux événements classiques retrouvés dans les événements CV majeurs. Par contre, bien entendu, cela ne réduisait pas le risque d’AVC, comme on s’y attend puisque la décision quant au traitement anticoagulant est, pour le moment, basée sur le score CHADS-VASC.

  3. La troisième étude répond à une interrogation que j’ai de temps en temps concernant les porteurs de défibrillateur qui doivent avoir une cardioversion électrique pour une FA.  [3] Je me suis toujours posé la question : « pourquoi on ne choque pas les patients tout simplement par leur défibrillateur, ce qui permettrait, éventuellement, de tester le défibrillateur tant qu’on y est, au prix peut-être d’une réduction de la durée de vie de la batterie, que j’estime à environ trois mois ? » Dans cette étude on avait 230 patients randomisés entre cardioversion externe et cardioversion interne par le défibrillateur. Le critère primaire de jugement est le taux de rythme sinusal. 

Résultat : Le rythme sinusal est largement plus souvent obtenu lorsqu’on fait des cardioversions externes, puisque là on prend bien l’oreillette, alors qu’en cardioversion interne la plupart des sondes qu’on met actuellement sont des sondes simple coil, donc plutôt situées dans le ventricule droit. Le taux de succès du retour au rythme sinusal après une cardioversion interne était environ à 65 %. Par contre, il y a eu trois patients chez qui on a détecté une dysfonction de la sonde de défibrillation, donc finalement, a priori, il faut plutôt continuer sur la pratique de faire des cardioversions externes, mais la cardioversion interne peut avoir un intérêt de tester le défibrillateur.

4. La dernière étude porte sur une question qui m’a été posée encore récemment : est-ce que cela vaut le coup de baisser le cholestérol à des patients de plus de 75 ans ? C’est même discuté dans les recommandations européennes sur les dyslipidémies publiées tout récemment à l’ESC 2019. L’étude japonaise EWTOPIA 75[4] a randomisé des patients entre ézétimibe et placebo sur un critère composite CV.
Résultat : Les événements CV étaient largement réduits avec l’ézétimibe versus le traitement conventionnel, donc là on n’évaluait même pas les statines. Donc il y a plutôt un intérêt à baisser le cholestérol, et cela va se rajouter à toutes les discussions que vous pouvez imaginer.

 

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