Diabète de type 2: résultats prometteurs avec le premier représentant des glimines

Dr Jean-Claude Lemaire

Auteurs et déclarations

9 octobre 2019

Barcelone, Espagne -  L’iméglimine, premier représentant des glimines, une nouvelle classe d’antidiabétique oral, s’est montré efficace et bien toléré dans le traitement du diabète de type 2, selon l’essai de phase 3 TIMES 1 mené au Japon. Les résultats ont été présentés lors du congrès EASD 2019[1].

Cet essai laisse espérer une autorisation de mise sur le marché asiatique fin 2019 ou début 2020. Des études de phase 3 sont prévues aux Etats-Unis et en Europe, qui cibleront plus particulièrement des diabétiques de type 2 plus fragiles et présentant une atteinte rénale (stade 3b et 4).

« Aux États-Unis et en Europe, il a été observé que l'iméglimine présentait une efficacité et une sécurité d'emploi similaires entre les patients présentant une insuffisance rénale et ceux présentant une fonction rénale normale, ce qui signifie que cet agent pourrait avoir des avantages chez certaines populations de patients », a souligné le Pr Ralph De Fronzo (University of Texas Health Science Center, San Antonio, Etats-Unis), qui a présidé une session consacrée à l’iméglimine [2].

Les essais de phase 3 vont se succéder aux 17 essais de phase 1 et aux 8 essais de phase 2, qui ont montré que l'iméglimine est efficace en monothérapie ou associée avec la metformine et l’inhibiteur de DPP-4 sitagliptine et bien toléré.

Action sur les mitochondries

L'iméglimine est le premier représentant des glimines, une nouvelle classe d'antidiabétiques oraux. Il s’agit du premier traitement à cibler les deux principales anomalies du diabète de type 2, à savoir le déficit en insuline et l’insulinorésitance, en agissant sur l’activité mitochondriale.

 
Cet agent pourrait avoir des avantages chez certaines populations de patients. Pr Ralph De Fronzo
 

En améliorant la fonction des mitochondries et en augmentant la production d'ATP, l'iméglimine contribue à accroitre la sécrétion d'insuline gluco-dépendante par le pancréas, à augmenter la sensibilité à l'insuline du tissu musculaire et à diminuer la néoglucogenèse hépatique. Ces actions sur le pancréas, le foie et le muscles, les trois organes clés qui jouent un rôle dans le traitement du diabète de type 2, ont été démontrées dans des modèles précliniques et cliniques.

Au Japon, le programme de développement clinique de l'iméglimine est bien avancé. Le produit y est développé en monothérapie, essentiellement pour les personnes qui ne peuvent pas prendre de metformine, ou en association avec d'autres antidiabétiques. Il devrait arriver sur le marché asiatique en 2020.

Les premiers essais japonais de phase 3 ont déjà livré d'importantes informations. Ces essais sont regroupés dans le programme TIMES (Trials of Imeglimin for Efficacy and Safety), qui comprend trois études randomisées en double aveugle: TIMES 1, TIMES 2 et TIMES 3. Ces études ont été détaillées par le Dr Julie Dubourg, directrice médicale à Poxel, la société qui développe l'iméglimine.  

HbA1c réduit de 0,9%

Dans l’étude TIMES 1, l’efficacité et la sécurité de l'iméglimine en monothérapie ont été évaluées sur une durée de 6 mois. Au total, 213 patients avec un diabète de type 2 depuis plus de trois mois ont été randomisés pour recevoir, soit la monothérapie, soit un placebo.

Les patients présentaient initialement un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) compris entre 7 et 10%. Le critère d’évaluation principal portait sur le niveau de HbA1c après 24 semaines de traitement. Les résultats montrent que l'iméglimine fait mieux que le placebo, avec une baisse moyenne de l’HbA1c de 0,87% et une diminution de la glycémie de 19 mg/dL.

 
Il s’agit du premier traitement à cibler...le déficit en insuline et l’insulinorésitance, en agissant sur l’activité mitochondriale.
 

Plus d’un tiers des patients (35,8%) ont atteint un niveau d’HbA1c< 7%, contre 7,5% dans le groupe placebo. L’efficacité du traitement ne varie pas selon l’âge, l’effet chez les moins de 65 ans étant similaire à celui observé chez les plus âgés. De même, il n’y a pas de différence en cas d’atteinte rénale de stade 1,2 ou 3.

Les résultats sont également positifs avec tous les critères secondaires (glycémie à jeun, pourcentage de patients répondeurs et patients nécessitant le recours à d'autres traitements).  

Le traitement a été bien toléré. Des effets indésirables sont apparus chez 44,3% des patients sous iméglimine, contre 44,9% dans le groupe placebo. La différence n’est pas significative. Les complications gastro-intestinales sont apparues chez respectivement 11,3% et 8,4% des patients. Aucune hypoglycémie sévère n’a été rapportée.

Résultats positifs avec l’insuline

Dans TIMES 2, l’objectif est d’évaluer le profil de sécurité à un an de l'iméglimine à long terme en monothérapie et en association avec l'ensemble des antidiabétiques présents sur le marché, y compris les agonistes GLP-1. Les résultats sont attendus pour fin 2019.

Enfin, l’essai TIMES 3 évalue l’ajout d’iméglimine à l'insuline chez des patients non contrôlés par insuline seule. Elle comporte une étude d'efficacité de 16 semaines menée en double aveugle insuline + iméglimine versus insuline + placebo. Les résultats révèlent une baisse supplémentaire du taux d’HbA1c de 0,6 %, sans risque accru d’hypoglycémie.

 
L'iméglimine a vocation à devenir une nouvelle option efficace et bien tolérée pour les diabétiques de type 2  Dr Julie Dubourg
 

Dans la deuxième partie de l’étude, toujours en cours, le double aveugle a été levé pour que l’ensemble des patients reçoivent l'iméglimine dans l’objectif d’évaluer la sécurité d’emploi du traitement.

« Les résultats disponibles montrent qu'au Japon d’abord, puis dans d'autres pays, l'iméglimine a vocation à devenir une nouvelle option efficace et bien tolérée pour les diabétiques de type 2, tant en monothérapie qu'en complément d'autres traitements », a conclu le Dr Dubourg.

 

Le Pr De Fronzo a déclaré des liens d’intérêt avec AstraZeneca, Novo Nordisk, Janssen, Boehringer-Ingelheim, Intarcia, Elcelyx, Janssen, and Merck

 

Le Dr Dubourg est employée du laboratoire Poxel, qui développe l’iméglimine.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....