Etudes de médecine : comment faire baisser les coûts?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

25 septembre 2019

France --- Dans un communiqué, l’association des étudiants en médecine ANEMF dénonce une augmentation des frais de rentrée de +8,93% pour les étudiants en PACES et de +6,84% pour les étudiants en quatrième année de médecine (DFASM1) en 2019 [1]

Cette année, un étudiant inscrit en PACES débourserait 5465 € de frais de rentrée plus 964 euros tous les mois en frais courants (loyers, charges, téléphone…), selon les estimations de l’ANEMF. Des chiffres qui sont respectivement de 3 471 et de 964 euros pour un étudiant en DFASM1.

Un budget grevé par les prépas privées

Selon l’association, l’addition est principalement plombée par le coût des prépa privées.

En effet, en première année (et de plus en plus dès le lycée) de nombreux étudiants ont recours à des organismes de préparation privés aux concours de la PACES dont les frais d’inscriptions s’élèvent à 3978,77 euros en région et 5479,71 euros en Île-de-France. Soit 155 et 299,5 fois plus, respectivement, que les frais d’inscription au service bénévole de tutorat proposé par les deuxième et troisième années.

De même, en quatrième année, les services d’aide en ligne à la préparation des ECNi coutent plus de 240 euros et viennent concurrencer la plateforme SIDES mise à disposition de tous les étudiants en DFASM. En outre, des organismes privés proposent des services similaires aux conférences d’entraînements des Universités pour un coût moyen de 938 euros en Île-de-France et 776 euros en régions.

En dehors des prépas, l’ANEMF insiste aussi sur le coût élevé des référentiels de spécialités nécessaires à la préparation des ECNi. Leur coût représente 1329,32 €. Il s’agit du premier des pôles de dépense en matériel pédagogique en DFASM.

Quelles solutions ?

Pour limiter le recours aux prépas privées, l’ANEMF propose, pour la PACES, de faire en sorte que les futurs étudiants soit systématiquement informés sur les tutorats afin prennent conscience de leur existence lors des séances consacrées à l’orientation (prévus par la réforme du lycée).

Aussi, pour la quatrième année, l’ANEMF suggère d’enrichir la plateforme SIDES et d’améliorer le système des conférences universitaires.

Enfin, pour limiter le coût des référentiels de spécialités, elle propose de les rendre accessibles gratuitement en version numérique. Elle note que plusieurs collèges d’enseignants ont déjà entrepris cette démarche.

Revaloriser la rémunération en DFASM1

Autre point chaud, l’ANEMF dénonce la rémunération dérisoire des étudiants en DFSAM1, environ 100 euros net / mois pour 5 demi-journées par semaine, soit environ 20h/semaine (salaire horaire de 1,29 euros brut).

Alors que les frais mensuels pour les étudiants en DFASM sont de 1000 euros en moyenne, cette faible rémunération « entraîne une grande précarité », selon l’association qui propose de revaloriser l’indemnité financière versée aux étudiants hospitaliers avec un alignement sur la rémunération des étudiants stagiaires, soit 300 euros net par mois si l’on définit une demi-journée de travail par une durée de 4 heures.

Dans le même temps, l’ANEMF demande l’ouverture au droit de prime d’activité pour les étudiants hospitaliers et l’ouverture du droit au maintien des bourses l’été.

Réforme du deuxième cycle et service sanitaire : compenser les coûts

A l’addition salée des prépas en tout genre et aux piètres rémunérations, vont bientôt se greffer et s’ajoutent déjà de nouveaux coûts pour les étudiants : ceux liés au service sanitaire et aux futurs stages dans les territoires.

Alors que le service sanitaire a débuté en 2018-2019, l’ANEMF juge l’indemnité de 130 euros, prévue pour financer les déplacements de l’étudiant sur les territoires, insuffisante. Elle propose que le nombre de kilomètres parcourus et le nombre d’allers-retours soient pris en compte dans l’indemnité compensatoire.

En parallèle, la réforme du deuxième cycle des études médicales qui vise notamment à favoriser la mobilité des étudiants sur les territoires sera effective pour les étudiants rentrant en DFASM1 en 2020 avec à la clé, des coûts de mobilité et de logement pour les étudiants.

L’ANEMF demande donc la création, le développement et la rénovation des internats en hébergements territoriaux ou une extension de l’indemnité de logement lorsque le stage est éloigné de la ville universitaire de l’étudiant.

Enfin, l’ANEMF demande des garanties sur l’implication des collectivités territoriales vis-à-vis des aides proposées  (logements, gratuité des transports, prêt de moyens de transport, restauration à moindre frais…).

 

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