Décès liés à la canicule : toutes les classes d’âge ont été impactées

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

9 septembre 2019

Paris, France — Les deux épisodes de canicule de l’été ont entrainé 1435 décès, soit une surmortalité relative de 9,1% par rapport aux morts normalement attendus au cours de ces périodes. Toutes les classes d’âge ont été impactées, y compris les 15-44 ans, et les travailleurs en extérieur.

« Impact sanitaire modéré »

L’épisode de canicule en 2003 a fortement marqué les esprits avec ses 70 000 décès en Europe, dont près de 15 000 en France. Chaque nouvel épisode de fortes chaleurs se mesure donc à l’aune de cette hécatombe, avec des chiffres désormais beaucoup moins élevés, fort heureusement.

L’année 2019, avec ses deux passages caniculaires (voir encadré), n’y échappe pas, et le Ministère de la Santé vient de donner les premiers chiffres, qui font état de 1435 décès en excès répertoriés sur la période du 24 juin au 7 juillet et celle du 21 au 27 juillet [1]. Les 567 morts lors de la première vague de chaleur et les 868 lors de la suivante représentent une surmortalité relative de 9,1% par rapport aux décès normalement attendus au cours de ces périodes.

Une surmortalité à mettre en regard de celle observée lors des épisodes caniculaires de 2015 et 2018, qui était respectivement de 10,1% et 15%. Pour le ministère, « malgré des caractéristiques exceptionnelles, les épisodes de canicule inédits que la France a connus cet été ont eu un impact sanitaire modéré en ce qui concerne les chiffres de surmortalité ».

Toutes les catégories d’âge sont touchées

Si on s’inquiète, avec raison, pour les anciens – les personnes de plus de 75 ans ont été les plus touchées (974 décès) – cette première analyse montre que toutes les classes d’âge ont été impactées, notamment les 15-44 ans qui ont enregistré une surmortalité plus importante lors de la première vague de chaleur (17,4%). Les 65-74 ans ont, en revanche, davantage été victimes de la seconde vague (16,4%), les organismes ayant peut-être été affaiblis par le premier épisode de canicule.

Une surmortalité inégalement répartie sur le territoire

A noter que quatre départements (Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Hérault, Gard) ont été placés en vigilance rouge – compte-tenu des températures diurnes exceptionnelles – lors de la première canicule, suivis par 20 départements dans le nord du pays (Régions Hauts-de-France, Ile-de-France et leurs départements limitrophes) lors de la deuxième canicule, soit respectivement 7% et 35% de la population française métropolitaine, « une première depuis 2003 » souligne le communiqué du Ministère.

Ces 24 départements ayant connu une vigilance rouge au cours de l’été 2019 ont été particulièrement victimes de la surmortalité puisqu’elle y a été 2 fois plus élevée que dans les autres avec 572 décès en excès (+14,5%).

Dans le détail, les régions Centre-Val-de-Loire et Auvergne-Rhône-Alpes ont été les plus touchées lors de la première canicule (du 24/06 au 07/07) : la région Centre-Val-de-Loire a enregistré la plus forte surmortalité relative (+ 16,8%) avec plus de 90 décès en excès, précise Santé Publique France [2]. Lors de la seconde canicule (du 21/07 au 27/07), les régions Pays-de-la-Loire et Ile-de-France ont été les plus touchées, la région Ile-de-France enregistrant la plus forte surmortalité relative (+ 21,6%) avec plus de 300 décès en excès.

10 hommes décédés sur leur lieu de travail

Précision d’importance en cette période de changement climatique, 10 hommes (8 lors du premier épisode et 2 lors du second) sont décédés sur leur lieu de travail, en lien avec la chaleur. Leurs accidents du travail mortels ont été notifiés à Santé publique France par l’Inspection médicale du travail. Il s’agissait à chaque fois d’hommes, âgés de 32 à 61 ans, travaillant principalement en extérieur, dont 4 dans le secteur du BTP et 1 dans l’agriculture. Des décès qui ne sont pas sans faire penser à ces nouvelles pathologies et ces décès potentiellement liés aux fortes chaleurs apparus ces dernières années chez des travailleurs en extérieur dans certains pays pauvres.

Ce premier bilan montre que les efforts de prévention doivent être poursuivis pour toutes les classes d’âges, et en particulier chez les travailleurs, afin protéger l’ensemble de la population.

Deux épisodes de courte durée mais intenses

La première canicule du 24 juin au 7 juillet a surpris par son arrivée précoce dans la saison, avant même la période des vacances scolaires, conduisant le Ministère de l’Education à reporter le brevet des collèges. Plus bref que les canicules de 2015 et 2018, l’épisode de forte chaleur de fin juin a été néanmoins aussi intense, battant un record national de chaleur avec 46° C relevé dans une station de l’Hérault le 28 juin.

La seconde canicule du 21 au 27 juillet a été d’une intensité comparable à celle de 2003, mais de plus courte durée. Les températures diurnes et nocturnes ont été particulièrement élevées et des records absolus de température ont été enregistrés dans plus de la moitié des stations de Météo France avec notamment une température de 43,6° observée à Saint-Maur (94).

 

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