Stopblues, une appli de prévention contre la dépression

Marine Cygler

Auteurs et déclarations

5 septembre 2019

France – Et si les outils connectés s'avéraient d'une aide précieuse pour les patients stressés et à risque de dépression ? C'est en tous cas ce que pensent des chercheurs de l'Inserm qui ont créé l'application pour smartphone Stopblues (https://stopblues.fr). Medscape édition française a demandé au Dr Guillaume Fond, psychiatre à l’AP-HM et enseignant-chercheur à la faculté de médecine de La Timone à Marseille, de la tester. Ses retours sont positifs. A conseiller donc aux patients anxieux, stressés ou avec un antécédent d'épisode dépressif.

Dr Guillaume Fond

« C'est d'abord une excellente initiative qui répond à une problématique croissante. En dix ans, entre 2005 et 2015, la prévalence de la dépression a augmenté de deux points » rappelle-t-il, s'appuyant sur les chiffres de sa dernière enquête (1). Selon ses travaux qui confirment les chiffres d'autres études, 10 % des Français, contre 8 % dix ans auparavant, sont dans un état dépressif. Il indique également que plus de 40 % des consultations des médecins généralistes ont pour objet un état anxieux ou dépressif.

« Les outils connectés sont un moyen formidable d'informations et de mise en relation avec un réseau de soin. Les patients ne savent pas où aller » considère-t-il.

Mise au point par l'équipe ECEVE UMR 1123 rattachée à l'Inserm et à l'université Paris Diderot,  et financée par Santé Publique France, Stopblues est à la fois une application gratuite et un site internet. Elle aide les patients à s'auto-évaluer au travers de quizz et à trouver les informations nécessaires à comprendre ce qu'ils ressentent (fatigue, troubles de la concentration, du comportement alimentaire ou encore du sommeil, tristesse) grâce à des vidéos didactiques.

Elle a déjà fait l'objet d'expérimentations dans près de 30 villes françaises.

La psychologie positive et la gratitude

Du côté des points positifs, Guillaume Fond cite d'abord les exercices de psychologie positive. « La psychothérapie s'est longtemps focalisée sur la suppression des symptômes. La psychologie positive essaye d'augmenter le positif et de donner un sens à notre vie » explique-t-il. Il suggère qu'à l'instar de l'application Petit Bambou, payante, les versions ultérieures de Stopblues puissent proposer des méditations guidées. Psychologie positive, méditation, relaxation ou encore gratitude font partie des techniques de « self help ».

Outre les vidéos où se relaient les spécialistes, les différents témoignages d'anonymes éclairent les subtilités et les manifestations différentes des états de grand mal être. Ils démontrent aussi qu'il est possible de s'en sortir et certains d'entre eux rappellent l'intérêt d'une consultation spécialisée.

Guillaume Fond, globalement conquis par Stopblues qu'il qualifie d' « outil de santé publique », déplore toutefois un manque d'information sur la luminothérapie ou encore la nutrition. « On sait que l'alimentation a un impact conséquent sur la santé mentale ».

Pour qui ?

Le psychiatre considère que tous les patients stressés, surmenés, « qui ne sentent vulnérables ou qui ont déjà fait une dépression » pourraient en bénéficier. Le médecin généraliste peut conseiller l'application ou aviser ses patients grâce à une affichette dans la salle d'attente.

Plus largement, « il est toujours intéressant d'apprendre les techniques de self help quand on va bien ». Guillaume Fond rappelle que la méditation n'est pas à conseiller chez un patient dépressif car elle est susceptible d'aggraver la dépression.

Si cette application ne remplace par ni le diagnostic ni la prise en charge d'une dépression sévère, elle s'avère intéressante pour les états dépressifs légers.

 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....