Quiz express: situations médicales embarrassantes pour les patients

Dr George D Harris

Auteurs et déclarations

18 août 2019

Le traitement de l’intertrigo inguinal non compliqué est fondé sur l’utilisation d’antifongiques locaux imidazolés ou de la famille des allylamines. Chez les patients incapables d’utiliser de façon efficace les soins locaux et qui ne sont pas immunodéprimés, des antifongiques systémiques peuvent être proposés (griséofulvine, terbinafine, kétoconazole).

La prévention des réinfections dermatophytaires passe essentiellement par une bonne prise en charge de la maladie. En effet, des patients atteints d’intertrigo unguéal présentent souvent concomitamment des infections dermatophytaires des mains et des pieds.

Traiter de façon simultanée toutes les zones atteintes par les dermatophytes permet de prévenir la réinfection des zones inguinales à partir d’autres parties du corps infectées. Il faut prévenir les patients que les dermatophytes des pieds sont transmissibles et que c’est pour cette raison qu’il est essentiel de mettre ses chaussettes avant ses sous-vêtements afin de réduire le risque de contamination directe. Le séchage des zones fraichement lavées est particulièrement important : des serviettes de toilettes spécifiques doivent être utilisées pour les zones inguinales, et il est possible de sécher les plis avec un sèche-cheveux doux.

L’intertrigo inguinal est une infection facilement transmissible par des vecteurs passifs tels que des serviettes de toilette contaminées ou des draps d’hôtel. Les auto-réinfections par des zones réservoirs (mains et pieds) sont elles aussi assez fréquentes (dermatophytose des mains, des pieds ou des ongles).

Les agents étiologiques des intertrigos inguinaux produisent des kératinases qui permettent une invasion des cellules basales de l’épiderme. La réponse immunitaire de l’hôte permet d’éviter une infection plus profonde. Les agents les plus fréquentes sont Trichophyton rubrum et Epidermophyton floccosum; Trichophyton mentagrophytes et Trichophyton verrucosum sont moins souvent impliqués.

Le pénis et le scrotum sont habituellement épargnés, néanmoins, l’infection peut d’étendre au périnée et aux testicules. Cliniquement les lésions se présentent comme de larges zones circulaires dont le centre est en cours de guérison alors que les berges sont inflammatoires. Elles peuvent atteindre l’abdomen et la région du pubis. Lorsque les lésions sont surinfectées, la peau peut être moite et présenter un aspect exsudatif. A l’inverse, les infections chroniques sont généralement sèches, papulaires et annulaires, rugueuses en périphérie et planes en zone centrale. Les zones centrales peuvent être hyperpigmentées, cicatricielles ou érythémato papuleuses voire squameuses.

L’Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie recommande pour le diagnostic la réalisation d’un prélèvement de qualité à distance de tout traitement (par voie locale ou générale).

Dans les squames épidermiques où les fragments de phanères, le champignon se présente sous la forme de filaments mycéliens cloisonnés arthrosporés.

Elle nécessite la mise en culture des prélèvements sur gélose de Sabouraud additionnée de cycloheximide (Actidione®) et incubée entre 25 et 30°C.

L’identification reposera :

  • sur le temps de pousse (1 à 3 semaines)

  • sur l’examen macroscopique des cultures (couleur et texture)

  • sur l’examen microscopique des cultures (aspect des filaments et des spores).

D’autres milieux favorisant la fructification et la pigmentation des cultures peuvent être utiles. La durée moyenne d’un diagnostic mycologique à partir d’une culture pour les dermatophytes est de 3 semaines environ. La connaissance de l’espèce permet de préciser l’origine de la contamination.

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