2019 : baisse du nombre de postes d'internat mais hausse des CESP

Philippe Anaton

13 août 2019

France – Le nombre de postes d'internes pour la rentrée universitaire 2019-2020 est en baisse de pratiquement 2%. En revanche, le nombre de postes en contrat d'engagement de service public (CESP) augmente, passant de 210 à 224. Mais l’ophtalmologie reste sous-dotée, selon le Syndicat national des opthalmologistes de France (SNOF).

8263 places contre 8407 l’an dernier

C'est par un arrêté du 19 juillet 2019 que le ministère de la santé a officialisé une baisse du nombre de postes d'internats pour l'année universitaire 2019-2020. Hors contrat  d'engagement de service public (CESP), la baisse du nombre de postes est, en valeur absolue, de 144, soit -1,7%. Pour l'année 2019, le nombre de places ouvertes est de 8263 contre 8407 l'an dernier. Pratiquement toutes les spécialités sont touchées mais pas toutes dans les mêmes proportions. Certaines ont réagi vivement, comme en ophtalmologie qui, avec « 152 postes contre les 240 nécessaires », dénonce, via le Snof, une sous-attribution et une décision « en totale contradiction avec les besoins criants de la population en matière de soins visuels ».

Dans les spécialités chirurgicales, hors CESP, la neurochirurgie, elle, gagne une place, tandis que la chirurgie thoracique et cardiovasculaire en gagne 6. Pour les spécialités médicales, l'anesthésie-réanimation gagne deux places (de 465 à 467), l'endocrinologie gagne 1 place (de 82 à 83 places), de même que la gynécologie médicale qui passe de 81 à 82 places. La médecine générale, en baisse de 1,6%, représente 39% de l'ensemble des places, hors CESP.

Qu'est-ce que le CESP ?

Le contrat d'engagement de service public (CESP) a été créé par la loi hôpital, patients, santé et territoires (HPST). Le CESP est proposé dès la deuxième année de médecine afin de "fixer" les étudiants dans les zones sous-denses. En échange d’une allocation mensuelle de 1 200€, les étudiants et les internes en médecine s’engagent – pendant un nombre d’années égal à celui durant lequel ils auront perçu l’allocation et pour 2 ans minimum – à choisir une spécialité moins représentée ou à s’installer dans une zone où la continuité des soins est menacée. En 2011, 148 CESP avait été signés, contre 550 en 2018.

Le CHU de Tours sort gagnant

En termes d'établissements, certains ont tendance à gagner des étudiants tandis que d'autres en perdent. Quand on y regarde de plus près, le CHU de Tours, avec 18 étudiants de plus, va voir son effectif d’internes augmenter de 7,38%, celui de Limoges de 6%, Pointe à Pitre (Martinique) de 2,38%, et Amiens de 1%.

Parmi ceux qui auront moins d’internes, le CHU de Reims perd 11 places, soit une baisse de 5,6%, Besançon est en chute de 4,5%, Montpellier-Nîmes de 3,8%, et Toulouse de 3,3%.

En résumé, les CHU situés dans des zones sous-denses (Tours et Limoges) ont gagné le plus d'internes, tandis que les zones bien pourvues en ont perdu.

Hausse du nombre de CESP

Cette baisse des postes d’internat est en fait un trompe-l’œil car le nombre de postes en contrat d'engagement de service public (CESP) augmente, lui, passant de 210 à 224. C'est en médecine générale que  la hausse du nombre de postes, en chiffre absolu, est la  plus importante, soit 9 places de plus. Mais c'est en ophtalmologie que la hausse, en proportion, est la plus élevée, soit +140% (+ 7 places, soit 12 places en 2019 contre 5 places en 2018), et la hausse est de 5% en médecine générale. La gynécologie obstétrique tire son épingle du jeu avec une augmentation de 3 places.

En revanche, l'endocrinologie et l'anesthésie-réanimation perdent chacune deux places. En termes d'établissements, Reims gagne 11 places, Rouen 5, Grenoble, Besançon et Strasbourg 4 places, tandis que Tours, qui avait déjà gagné 18 places en internat classique, gagne encore 3 places en CESP.

En chiffre absolu, néanmoins, c'est l'AP-HP qui rafle la mise avec 25 places, même si le plus gros CHU de France perd 5 places. L'AP-HP est suivi par Toulouse (17 places), et  Reims (14 places). Limoges perd 11 places, Bordeaux 5 places, et Saint-Etienne 4 places.

L'opthalmo' en colère

Le nombre de places à peine connu, que certaines spécialités s'en offusquaient. À commencer par l'ophtalmologie. « Seulement 152 postes attribuées à la spécialité ophtalmologie », se désolait le Syndicat national des opthalmologistes de France (SNOF). « Le nombre d’internes en ophtalmologie a été une nouvelle fois revu à la baisse avec seulement 152 postes pour la rentrée 2019, alors qu’une franche augmentation était attendue après des décennies de sous-attribution. Cette décision est en totale contradiction avec les besoins criants de la population en matière de soins visuels », argumente-t-il. Le SNOF estimait pour sa part que le nombre de postes nécessaires dans sa spécialité s'élevait à 240. Et, malgré des efforts fournis par la profession pour réduire le délai d'attente – qui reste de 43 jours – du fait de la pénurie d'ophtalmologues en France.

 

 

 

 

 

 

 

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