Recrutement de 400 médecins généralistes : où en est-on ?

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

16 juillet 2019

Paris, France — Pour pallier les déserts médicaux, le recrutement de 400 médecins généralistes salariés a débuté cette année, conformément aux engagements du Président de la République dans le cadre de son plan « MaSanté2022 » [1,2]. « Je fais le pari que cette mesure exceptionnelle sera attractive parce que nous constatons que les jeunes générations sont en demande d’un exercice collectif », avait alors déclaré Emmanuel Macron . Qu’en est-il 5 mois après le lancement officiel du recrutement ?

Des postes visant des médecins aux profils variés et aux attentes diverses

L’objectif affiché de ce dispositif : recruter 400 médecins généralistes dans des territoires fragiles afin de pallier le manque de médecins dans ces zones dites « sous-denses ». Les postes proposés sont de deux types : soit à exercice partagé entre la ville et l’hôpital, soit salariés de centres de santé, d’associations ou de collectivités territoriales (voir ci-dessous). Ils s’adressent, explique le ministère de la santé, « à des médecins aux profils variés et aux attentes diverses » tout en répondant à des besoins différents sur le territoire.

C’est RemplaFrance qui a été mandaté par le gouvernement pour la mise en application de ce recrutement [3]. Ce site d’annonces de remplacement pour professionnels de santé est, en effet, spécialisé dans la mise en relation entre l’offre et la demande, et s’est donné pour mission de « montrer aux médecins qui sortent de la fac « l’univers des possibles ». Un challenge quand on sait que 25% d’entre eux ne s’inscrivent pas à l’Ordre à la sortie de leurs études » explique Mathilde Couturié, co-fondatrice de RemplaFrance, à Medscape édition française. Elle nous détaille les deux profils de poste proposés.

200 postes de généralistes à exercice partagé entre l’hôpital et la ville

Gros avantage : il s’agit d’un double poste « clé-en-main » défini sur la base des besoins établis par les Agences régionales de Santé (ARS). Le jeune médecin exercera une partie de son activité dans un établissement public (CH, CHU) ou privé « pas forcément situé en désert médical » sous un statut de praticien hospitalier contractuel. Il pratiquera en ville le reste du temps : son exercice pourra être libéral (médecin installé ou en assistant d’un autre médecin) salarié (d’un centre de santé ou d’un autre médecin sous un contrat de collaboration salariée) à condition qu’il se situe dans une zone sous-dense ou un quartier prioritaire de la politique de la ville. « Soit 2 mi-temps qui sont vraiment susceptibles de répondre aux attentes des jeunes aujourd’hui, commente Mathilde Couturié. C’est une formule qui séduit d’ailleurs beaucoup les jeunes médecins, ceux-là même qui aiment bien à la sortie de leurs études remplacer dans différents types de structure pour évaluer ce qui leur plait et leur convient le mieux ». Voir le descriptif de ce type de poste sur YouTube.

200 postes de médecins généralistes salariés

Les 200 autres postes portent sur du « salariat à 100% sur un poste dans un territoire en difficulté », précise la représentante de RemplaFrance. Ils sont destinés, en priorité, à de jeunes médecins qui pourront être salariés d’un centre de santé, d’un établissement de santé ou d’un autre médecin. Ces postes pourront être créés par des collectivités locales, des associations, des mutuelles, des établissements de santé. Pour faciliter et encourager la création de ces postes, les ARS apporteront un soutien financier à la structure employeuse : elles garantiront l’équilibre économique de l’opération (pas de surcoût pour l’employeur) pendant 2 ans, soit le temps nécessaire pour constituer la patientèle du médecin. Elles pourront aussi participer aux frais d’équipement du cabinet et accompagner la création du centre de santé ou cabinet médical. Voir le descriptif de ce type de poste sur YouTube.

Sur l’ensemble du territoire

Toutes ces offres sont réparties sur l’ensemble du territoire et proposent tout type d’exercice. Elles sont consultables gratuitement sur RemplaFrance où les candidats qui peuvent remplir en ligne une fiche avec leurs vœux et attendre de recevoir des alertes quand leur demande « match » avec une offre. « Si certaines régions ont été très réactives, d’autres sont plus en retard et n’ont pas encore fourni leurs offres, mais rattraperont leur retard dans les mois à venir » précise Mathilde Couturié.

Contacté par Medscape édition française, le Ministère n’a pas fourni les chiffres de recrutement à la veille de l’été. Tout au plus sait-on qu’Agnès Buzyn avait avancé, lors d’une intervention le 9 mai dernier, le chiffre de 65 embauches qui devaient « se concrétiser avant l’été dans des centres de santé municipaux, départementaux ou mutualistes ou encore directement par des établissements de santé » alors même que l’opération de recrutement veniat tout juste de démarrer.
 

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