Assistants médicaux : signature de l’avenant et réactions des syndicats

Philippe Anaton

Auteurs et déclarations

9 juillet 2019

France--Après moult tergiversations, trois syndicats de médecins ont paraphé le 19 juin dernier l'avenant n°7 qui met en œuvre la nouvelle fonction d'assistants médicaux - mais aussi les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) nouvelle formule alors que deux syndicats ont voté contre.

MG France, la confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et le syndicat des médecins libéraux (SML) représentant 68% des généralistes et 55% des autres spécialistes ont approuvé cet avenant, validant ainsi le dispositif, tout en formulant de nombreuses critiques.

Pour MG France, « ces deux accords (assistants médicaux et CPTS, NDLR), insuffisants à bien des égards, constituent néanmoins la base d'une transformation de notre système de soins. MG France a choisi de dépasser le repli corporatiste et s'inscrit résolument dans une dynamique volontariste de changement ». Malgré ces critiques, la place de l'assistant médical, pour MG France, « doit permettre de dégager du temps médical ». Reste que le syndicat, souhaiterait, à termes élargir la possibilité de recrutement d'un assistant pour un seul médecin à des zones plus larges que les zones reconnues officiellement comme sous-denses.

Le SML est beaucoup plus critique : « l'accord conventionnel interprofessionnel (ACI) comme l'avenant n°7 se caractérise par la mise en marche d'une machine à produire de la bureaucratie ». Alors pourquoi signer cet accord ? « Le SML compte exploiter sa signature au profit des médecins et de la sauvegarde de l'exercice libéral afin de simplifier ces deux dispositifs et les débarrasser des contraintes et donc des menaces qu'ils contiennent ». De manière moins démagogique, le SML admet que « chaque médecin devra-devrait être entouré d'un assistant afin d'être déchargé des tâches administratives et aidé dans la préparation et le suivi des consultations ».

Pour la CSMF, la mise en place des assistants médicaux marque évidemment un progrès : « De l’exercice isolé, qui était la norme au siècle dernier mais qui représente encore plus de la moitié de l’exercice des médecins généralistes en France, la mutation se fait vers un exercice regroupé, coordonné et renforcé ». En revanche, la CSMF reste prudente quant à l'augmentation de la patientèle de chaque médecin demandée par l'assurance maladie, en guide de contrepartie au financement de l'embauche d'un assistant médical : « Chaque médecin devra faire ses comptes et analyser si l’augmentation du nombre de patients

pris en charge, telle que la Cnam le demande en contrepartie, est un objectif réalisable et compatible avec la qualité des soins qu’il doit à ses patients et sa vision d’organisation du métier », souligne la CSMF.

Même son de cloche pour l'UFML, qui ne participe pas aux négociations conventionnelles, mais qui a quand même son mot à dire sur la question. Si la création de la nouvelle fonction d'assistant médical ne semble pas poser de problèmes particuliers au syndicat du Dr Gérard Marty, en revanche son mode de financement laisse à désirer. Pour l'UFML, seule une augmentation significative des honoraires des médecins doit permettre l'embauche d'assistants médicaux : « Les médecins de ville n’ont rien contre le fait de travailler avec l’aide d’un ou de plusieurs assistants. Ils demandent juste à avoir des tarifs leur permettant de salarier, librement et personnellement ces professionnels, comme peuvent le faire, par exemple les dentistes, sur tout le territoire. » Le syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) reste lui aussi très critique sur ces accords signés : « les assistants médicaux seront bien souvent de petites mains (sans compétence professionnelle définie ni profil de formation évident) permettant aux médecins de répondre à la demande administrative d'augmentation des actes, avec comme principal critère d'attribution la participation à une organisation administrative des soignants et non l'aide aux médecins en zones démographiquement fragiles ».

Au final, les votes négatifs de deux syndicats, le BLOC (chirurgiens de l'UCDF, anesthésistes-réanimateurs de l'AAL et gynécologues-obstétriciens du SYNGOF) et la Fédération des Médecins de France (FMF) n’ont pas été suffisants pour empêcher la validation du dispositif. Très remontée, la FMF dénonce, notamment, le seuil minimal d'activité requis pour bénéficier de cette aide.

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La ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est pour sa part félicitée de la signature de l'avenant 7. « La création des assistants médicaux et le déploiement des CPTS devront libérer du temps médical utile pour les médecins et ainsi renforcer l'accès à la santé sur l'ensemble du territoire ». Dans un long communiqué, l'assurance maladie a rappelé les principaux points qui définissent la fonction d'assistant médical.

 

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