Palmarès des pathologies les plus coûteuses pour l’Assurance Maladie

Philippe Anaton

24 juin 2019

France --- Comme chaque année depuis 2012, l'Assurance Maladie a publié sa cartographie médicalisée des dépenses de santé. Réalisée à partir des données issues du Système national des données de santé (SNDS), cette cartographie est en fait un palmarès des pathologies les plus coûteuses pour les Français ou, plus précisément, pour les 57,6 millions bénéficiaires du régime général.

La plus forte dépense pour les hospitalisations ponctuelles

35% des assurés (soit 20 millions de personnes) ont été pris en charge pour une pathologie spécifique. Si l'on y ajoute les cas de maternité et d'hospitalisation ponctuelle, le document montre que 45% des assurés ont bénéficié du système de soins en 2017.

Par grandes familles de pathologies, ce sont les maladies psychiatriques qui occupent la plus haute place du podium avec 20,3 milliards d’euros dépensés, suivies par les cancers (15,6 milliards) puis les maladies cardioneurovasculaires (voir graphique ci-dessous). Mais en observant les chiffres sous un autre angle, on constate que la plus forte dépense était liée aux hospitalisations ponctuelles (31,3 milliards). Le chiffre, en augmentation continue depuis 2012, est attribuable au moins partiellement au vieillissement de la population. Les actes les plus souvent effectués lors de ces séjours hospitaliers sont du domaine de la chirurgie réfractive du cristallin (cataracte) ou des prothèses articulaires (hanche, genou...).

L’oncologie, toujours plus coûteuse

Cette année, l'Assurance Maladie s’est penchée sur trois types de pathologies – le cancer, l’infection par le VIH et le diabète – et en a détaillé l’évolution des dépenses.

Ainsi, 1 188 500 patients ont été pris en charge pour un cancer en phase active de traitement, un nombre en constate augmentation depuis 2012, avec une accélération renforcée depuis 2015. Pour cette année-là, la croissance s’élevait à plus de 3% par an, contre 1,8% en 2014 et 0,6% en 2013. Atteignant les 14 milliards d’euros en 2017 (soit 10% du total), les dépenses liées aux cancers affichent ainsi une augmentation annuelle moyenne de 2,8% entre 2012 et 2017, contre 2,3% pour l’ensemble des pathologies.

Les frais engendrés par la prise en charge du cancer du poumon sont particulièrement interpelant : ils ont grimpé de 461 millions d'euros entre 2012 et 2017, avec l’arrivée de nouveaux traitements qui, entre 2016 et 2017, ont multiplié par 2,5 le coût thérapeutique de cette affection. « Le cancer du poumon constitue un fort enjeu de santé publique, en raison du nombre important de personnes concernées (en 2017, 79 700 patients étaient en phase active de traitement) et de la progression du nombre de cas chez les femmes (+38 % versus +12 % chez les hommes entre 2012 et 2017), qui témoigne de la hausse continue du tabagisme chez les femmes depuis 50 ans », note l'Assurance Maladie.

45% des assurés ont bénéficié du système de soins en 2017.

Coût du VIH en diminution : baisse du prix des médicaments et génériques

131 800 personnes ont été prises en charge pour une infection par le VIH, générant une dépense globale de 1,3 milliard d'euros. « L’âge moyen des patients est plus élevé chez les hommes (50 ans) que chez les femmes (47 ans). (…) La prévalence diffère selon les départements : elle est plus élevée dans la région Ile-de-France, dans des départements du bassin aquitain et ceux qui bordent la Méditerranée, ainsi que dans les DOM-TOM ». La dépense moyenne par patient a cependant baissé de 11 000 à 9 768 euros entre 2012 et 2017, à la faveur d’une baisse du prix des médicaments et de l'arrivée de génériques sur le marché.

Diabète en hausse, tiré par les lecteurs de glycémie et l'insulinothérapie

En 2017, le diabète touchait 3,2 millions de personnes en France. « On observe que les hommes sont plus souvent concernés que les femmes et que le pourcentage de personnes diabétiques est le plus élevé dans les régions du Nord et de l’Est ainsi que dans les territoires ultramarins ». Le coût annuel de l’affection s’établit à 2 160 euros en moyenne par patient, pour un montant global de 2,7 milliards. Ce chiffre a augmenté de 2,5% entre 2012 et 2017, ce qui est à rapprocher à la croissance du nombre de diabétiques (+ 2,7% en moyenne sur la même période). Si les dépenses moyennes pour le poste "médicaments" affichaient une tendance à la baisse, il en allait tout autrement pour celles liées aux soins infirmiers (insulinothérapie) ainsi qu’à des dispositifs médicaux comme les pompes à insuline et les lecteurs de glycémie de type FreeStyle Libre : après une baisse continue entre 2013 et 2016, elles ont grimpé de 3,2% entre 2016 et 2017.

Un rapport annuel pour améliorer la qualité du système de santé

La cartographie des dépenses est réalisée chaque année par la Caisse nationale de l’Assurance Maladie dans le cadre de son rapport annuel Charges et produits. Très détaillé et remis chaque année au mois de juillet au ministre chargé de la Sécurité sociale et au Parlement, en vue de la préparation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le rapport présente les propositions de l’Assurance Maladie pour améliorer la qualité du système de santé et maitriser les dépenses. A suivre, donc, pour la version 2019.

 

 

 

 

 

 

 

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