Réunion des ministres de la Santé du G7 : quels engagements ?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

27 mai 2019

Paris, France — La réunion des ministres de la Santé du G7 s’est tenue le 16 et 17 mai dernier à Paris [1]. A son agenda : trouver des solutions pour favoriser l’accès aux soins de santé primaires avec trois priorités :

- mettre fin d’ici 2030 à trois pandémies : le sida, la tuberculose et le paludisme ;

- lutter contre les inégalités d’accès aux soins de santé ;

- améliorer l’efficacité des systèmes de santé à travers le partage de connaissances (voir interview Agnès Buzyn en fin d’article sur les déserts médicaux).

 

Nous avons beaucoup de choses à apprendre des uns et des autres. Il existe des interventions qui ont fait leur preuve dans différents pays

 

A l’issue de la réunion, les ministres de la santé du G7 ainsi que l’OMS, l’OCDE, le Fonds mondial, Gavi, l’Alliance du Vaccin et la Banque mondiale ont signé une lettre d’engagement afin de concrétiser leur intention de renforcer la coopération dans le domaine des soins de santé primaires.

Mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme d’ici 2030

En renforçant l’accès aux soins de santé primaires, les ministres du G7 espèrent lutter plus activement contre le sida, la tuberculose et le paludisme qui continuent de faire 2,7 millions de morts par an.

Lors de la réunion, les participants ont rappelé leur engagement à faire de la Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial un succès. Cette conférence, qui se déroulera à Lyon le 10 octobre, aura pour ambition de lever au moins 14 milliards de dollars pour éliminer ces trois maladies d’ici 2030.

Lutter contre l’inégalité d’accès aux soins

Concernant l’inégalité d’accès aux soins, il a été rappelé lors de la réunion que plus de la moitié de la population mondiale n’a pas accès à l’ensemble des services de santé dont elle a besoin. Aussi, il a été largement question des inégalités entre les hommes et les femmes en matière d’accès aux soins dans le monde.

Pour les ministres de la Santé du G7, les soins primaires représentent « la pierre angulaire » pour lutter contre ces inégalités de santé. Ils ont donc évoqué des mesures concrètes pour renforcer l’accès aux soins.

Une plateforme web pour partager les connaissances et améliorer l’efficacité des systèmes de santé

Les différents ministres du G7, l’OMS, l’OCDE, le Fonds mondial, Gavi, l’Alliance du Vaccin et la Banque mondiale se sont entendus sur la nécessité d’un partage des connaissances afin d’améliorer l’efficacité des systèmes de santé.

Concrètement, ils se sont engagés à coopérer pour la mise en place d’une plateforme collaborative permettant de partager les connaissances de chacun sur les soins de santé primaires.

D’ici la fin de l’année, un rapport sera présenté pour la mise en place de cette plateforme web.

Cette plateforme devrait permettre de :

- développer le partage des connaissances et d’expertise entre les différents pays du G7 ;

- de contribuer au renforcement des soins de santé primaires entre les pays du G7 et les pays à faible revenu en particulier les pays du G5 Sahel ;

- de favoriser l’innovation en matière de renforcement des soins de santé primaires en s’appuyant également sur la société civile (chercheurs, professionnels, patients, ONG, secteur privé…).

« J’ai été frappée par la convergence des défis auxquels nous sommes confrontés. Par exemple, celui de la démographie des soignants, de la désertification de certaines zones, notamment rurales, mais aussi celui de la méfiance vis-à-vis de la vaccination. Cette réunion a été l’occasion, pour nous, de réaliser l’importance de cette plateforme collaborative d’échanges et de connaissances. Nous avons beaucoup de choses à apprendre des uns et des autres. Il existe des interventions qui ont fait leur preuve dans différents pays », a expliqué Agnès Buzyn lors du point presse qui a suivi la réunion.

« A travers nos engagements, nous avons posé les jalons d’une coopération internationale renforcée pour faire progresser l’accès à la santé pour tous », a conclu la ministre de la santé lors de l’adoption de la déclaration des ministres du G7.

Déserts médicaux : échanger sur les expériences de chacun pour trouver des solutions

Interrogée par Medscape édition française sur les mesures concrètes évoquées par les différents ministres pour améliorer l’accès aux soins primaires, la ministre de la santé a évoqué des solutions pour lutter contre le manque de médecins, notamment en zone rurale.

« Nous avons échangé sur la capacité que nous avons à former plus de professionnels de santé et à les adresser en zone rurale. Par exemple, beaucoup de pays se sont engagés, comme la France, à développer des aides à l’installation ; à payer les études de médecine en échange d’un engagement à pratiquer en zone rurale désertifiée. C’est le cas de l’Allemagne notamment et l’Italie a fait savoir qu’elle souhaitait apprendre de cette initiative pour s’en emparer ».

« L’OMS a dit qu’il allait manquer deux millions d’infirmières dans les années qui viennent », a précisé la ministre qui a ajouté : « tous les pays se font aujourd’hui une lutte acharnée pour attirer les médecins. Il y a notamment une compétition entre les pays de l’Est et de l’Ouest de l’Europe. Or, cette compétition désertifie encore plus des zones qui en ont énormément besoin. L’idée de la plateforme collaborative est que tout le monde partage des interventions probantes qui peuvent être reprises par d’autres pays, et ce dans un intérêt commun ».

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