Lutte contre les déserts médicaux : premier bilan et nouvelles annonces d'Agnès Buzyn

Véronique Hunsinger

Auteurs et déclarations

9 mai 2019

Paris, France – Fin avril, le ministère de la santé a dressé un premier bilan des différentes mesures engagées depuis quelques années pour lutter contre les inégalités d’accès aux soins[1]. Agnès Buzyn a, par ailleurs, annoncé de nouveaux coups de pouce pour encourager la pratique dans les déserts médicaux.

Dans le dernier Journal du Dimanche, la ministre de la santé assure avoir pris le sujet des déserts médicaux « à bras-le-corps » en soulignant, qu'étant donné que la suppression du numerus clausus ne produira des effets que dans dix ans, « il nous faut obtenir des résultats dès maintenant en libérant du temps médical utile ».

Exonération des cotisations complémentaires vieillesse jusqu'à 80000 euros

Vendredi dernier, la ministre de la santé s'est  rendue dans la Manche (50) où elle a visité le pôle de santé libéral en ambulatoire de la Haye du Puits.

A cette occasion, elle a annoncé que le plafond en dessous duquel les médecins libéraux sont exonérés de cotisations complémentaires vieillesses dans les zones sous-denses va passer à 80 000 euros de revenus par an, alors qu’il est actuellement fixé à 40 000 euros. L’idée est d’encourager les médecins retraités à continuer à exercer.

Cette possibilité, ouverte depuis 2003, a été constamment simplifiée et encouragée, au point de concerner aujourd’hui un peu plus de 12 000 praticiens, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère de la santé, parue en décembre dernier[2].

Recrutements en cours :  1er bilan positif suite aux mesures « d'urgences »

Agnès Buzyn en a également profité pour dresser un premier bilan du « plan d’égal accès aux soins » composé de mesures d’urgences qu’elle avait annoncé dès le mois d’octobre 2017 ainsi que de la stratégie « Ma santé 2022 » détaillée par le Président de la République en septembre dernier.

Elle a ainsi souligné que le recrutement de 400 médecins généralistes salariés dans les territoires désertifiés avait déjà débuté : 65 embauches devraient se concrétiser avant l’été dans des centres de santé municipaux, départementaux ou mutualistes ou encore directement par des établissements de santé.

La ministre s’est également réjouie de la forte augmentation du nombre de médecins généralistes agréés pour être maîtres de stage : ceux-ci sont désormais 10 800, soit 17% de plus qu’en 2017. Pour favoriser leur recrutement, leur indemnité mensuelle a été augmentée de 300 euros dans les zones sous denses. Les internes bénéficient, pour leur part, d’une indemnité d’hébergement de 200 euros par mois.

Encouragement à l'installation : les résultats concrets de mesures plus anciennes

Les mesures d’encouragement à l’installation des médecins libéraux ne sont pas nouvelles.

En revanche, le ministère de la santé fait valoir, dans un dossier de presse, que davantage de praticiens peuvent aujourd’hui en être bénéficiaires depuis que le zonage des territoires déficitaires a été revu. Ceux-ci couvrent désormais 18% de la population française.

Ainsi, les contrats d’engagement de service public (CESP) par lesquels les étudiants s’engagent à exercer dans une zone déficitaire en échange d’une bourse pendant leurs études, créés par la loi Bachelot en 2009, bénéficient aujourd’hui à 3 200 étudiants en médecine et en dentaire.

Plus de 300 anciens signataires sont aujourd’hui installés. De même, les aides conventionnelles, comme celles accordées aux praticiens territoriaux de médecine générale (PTMG), un statut créé par le plan contre les déserts médicaux de Marisol Touraine en 2015, concernent désormais 2 400 médecins.

Cependant, le ministère note aussi que ces « contrats forment aujourd’hui une palette fournie, inégalement connue et mobilisée en pratique ». Ainsi, la déléguée nationale à l’accès aux soins et médecin généraliste, Sophie Augros devra d’ici à l’été formuler des « propositions de nature à améliorer leur lisibilité et leur attractivité ».

La délégation de tâches pour faciliter l'accès aux soins

Agnès Buzyn a également défendu le développement des délégations de tâche en particulier le protocole Asalée qui permet à des infirmières de travailler en binôme avec des généralistes pour le suivi et l’accompagnement des maladies chroniques ainsi que les infirmières de pratique avancée (IPA) dont les premières promotions seront diplômées en juillet et la vaccination par les pharmaciens d’officine.

Selon le ministère de la santé, ces trois dispositifs devraient permettre de « libérer » trois millions de consultations médicales à l’horizon 2022. 

S’agissant de la télémédecine, le ministère se réjouit également d’une accélération des pratiques. Ainsi, six mois après l’entrée en vigueur du remboursement des téléconsultations, 700 actes sont pris en charge chaque semaine.

 

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