Cas clinique : des difficultés à la marche chez un homme de 57 ans

Dr Heidi Moawad

Auteurs et déclarations

13 novembre 2018

Anamnèse

Un homme de 57 ans vient consulter en raison d’une difficulté à la marche qu’il met sur le compte d’une maladresse au niveau des deux pieds. Il explique que ses pieds buttent sur les marches quand il se déplace et qu’il a désormais besoin de tenir la rampe dans les escaliers de sa maison lorsqu’il les monte ou les descend afin de ne pas perdre l’équilibre. Il parle aussi d’engourdissements et de paresthésies au niveau de son membre inférieur gauche – et plus particulièrement du pied gauche – et de ses mains. Il ne signale pas d’épisode récent de fièvre, ne rapporte aucun signe d’infection ou de blessure. Il n’a noté aucun changement dans sa vue, et ne se plaint d’aucun signe cognitif.  

Dans ses antécédents, on note seulement une hypertension artérielle et des allergies saisonnières ; toutes deux sont bien contrôlées par un traitement.

Il signale avoir ressenti par moments au cours des dix dernières années des engourdissements et des paresthésies de ses mains et pieds, sans circonstances déclenchantes particulières. Tout est systématiquement rentré dans l’ordre sans intervention médicale.

Il explique néanmoins qu’il y a 4 ans, il a présenté des signes infectieux et que depuis ce temps-là, il n’a pas récupéré son état antérieur. A l’époque, il avait consulté aux urgences en raison d’une fièvre associée à une toux productive et un sifflement respiratoire.

Un diagnostic d’infection respiratoire virale avait été posé et il avait pu regagner son domicile. Pendant cette période infectieuse aiguë et le mois qui a suivi, il dit avoir ressenti des maladresses à la marche de même type que celles qui l’ont incité à vous consulter. Il se rappelle que son infection respiratoire s’est progressivement amandée et que sa démarche est redevenue normale. Néanmoins, il signale que lorsqu’il roule à vélo depuis 4 ans après que cette infection ait survenue, il ressent des difficultés – inconnues jusque là - en particulier lorsqu’il roule sur des chemins non pavés.

Dans ses antécédents familiaux on note une hypertension et un AVC chez sa mère, et une polyarthrite rhumatoïde chez son père.

À l’examen

L’examen clinique retrouve un homme en bonne santé apparente, sans signe d’affection aiguë. Il ne présente pas de signe d’ictère de la peau ou des conjonctives. Sa peau n’est pas le siège d’inflammation, de lésions prurigineuses, d’hématomes ou de troubles de la pigmentation. L’auscultation pulmonaire ne détecte rien de particulier, pas plus que l’auscultation cardiaque. Son abdomen est souple, indolore sans météorisme. Ses pouls périphériques radiaux et pédieux sont perçus.

L’examen neurologique ne détecte ni spasmes musculaires, ni fasciculations. Aucun déficit des nerfs crâniens n’est noté. La force musculaire de ses extrémités supérieures et inférieures est amoindrie. Elle est cotée à 4 sur 5, avec un déficit un peu plus marqué au niveau du membre inférieur gauche.

Ses réflexes ostéo-tendineux sont moins vifs au niveau du membre inférieur droit, des deux pieds et des deux bras ; pour autant, des réflexes persistent. La sensibilité vibratoire est inexistante des genoux à l’extrémité des pieds et de ses coudes à l’extrémité des doigts. Ses doigts et orteils sont peu sensibles au toucher et la discrimination pique-touche est délicate au niveau des pieds, des chevilles et des mains. En revanche, aucune anomalie de ce type n’est décelable au-delà des hanches. Son pas n’est pas assuré et le signe de Romberg est positif.

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