Antipsychotiques : moins de 3 % des patients auraient une surveillance biologique correcte

Aude Lecrubier

5 novembre 2018

Nantes, Saint Denis, France—Moins de 3 % des personnes prenant des antipsychotiques ont une surveillance biologique adaptée et 15 % n’ont pas de suivi du tout, indique le Dr Marine Le Pierres dans sa thèse de psychiatrie, présentée au CHU de Nantes le 11 octobre 2018[1].

Ce constat alarmant est tiré d’une enquête réalisée à partir de la base de données de l’Assurance-maladie des Pays de la Loire sur près de 20 000 individus. Il a fait réagir l’ANSM quelques jours plus tard qui a rappelé, dans un point d’information[2], ses recommandations de suivi cardio-métabolique émises en 2010.

L’agence a rappelé qu’ « un traitement par antipsychotiques peut être à l’origine d’une prise de poids et de troubles métaboliques tels que diabète et/ou dyslipidémie » et donc source d’un sur-risque cardiovasculaire.

Elle précise notamment que les patients recevant certains antipsychotiques de 2ème génération, en particulier l’olanzapine et la clozapine, sont exposés à un risque plus important de diabète que les patients traités par antipsychotiques de 1ère génération.

Ce sur-risque s’ajoute au fait que les personnes atteintes de maladie mentale sévère sont davantage exposées aux facteurs de risque cardiovasculaires suivants : surpoids, sédentarité, tabac, hyperglycémie/diabète, hypertension artérielle, dyslipidémie.

Les recommandations de l’ANSM

Avant le traitement, il est recommandé de :

-Rechercher les facteurs de risque du patient (antécédents médicaux, traitements en cours, hygiène de vie).

-Pratiquer des bilans cliniques et biologiques (calcul de l’indice de masse corporel, mesure du périmètre ombilical, mesure de la pression artérielle, dosages à jeun de la glycémie, du cholestérol (total, HDL, LDL) et des triglycérides).

-Informer les patients et leur entourage de la nécessité de consulter rapidement, en cas de survenue de symptômes évocateurs d’un diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids).

Pendant le traitement  :

 -Une surveillance étroite devra porter sur le poids, la glycémie, la pression artérielle et le bilan lipidique.

Fréquence des examens pendant le traitement

 

T0

M1

M3

Tous 3 mois

Tous ans

Tous 5 ans

Poids et IMC

X

X

X

X

 

 

Périmètre ombilical

X

 

 

 

 

 

Glycémie à jeun

X

 

X

 

X

 

Bilan lipidique

X

 

X

 

 

X

Pression artérielle

X

 

X

 

X

 

T0 : avant le traitement ; M1 : un mois après le début du traitement, M3 : 3 mois après.

La stratégie de surveillance dépend des facteurs de risque trouvés avant l’instauration du traitement, des signes cliniques apparaissant pendant le traitement, et du traitement antipsychotique instauré.

En cas d’anomalies détectées pendant le traitement :

-Il est recommandé de rappeler aux patients les règles hygiéno-diététiques.

-La prise en charge thérapeutique doit faire intervenir médecin traitant et psychiatre et peut amener, dans certains cas, à orienter le patient vers un spécialiste.

 

 

 

 

 

 

 

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