POINT DE VUE

Nouvelle technique d’oxygénothérapie dans la bronchiolite du nourrisson

Dr Dominique Savary

Auteurs et déclarations

3 octobre 2018

Le blog du Dr Dominique Savary – urgentiste, réanimateur

TRANSCRIPTION

Bonjour et bienvenue sur Medscape Édition française. Je suis le Dr Dominique Savary, médecin urgentiste au centre hospitalier Annecy Genevois et nous allons évoquer ensemble aujourd’hui la bronchiolite sévère hypoxémique du nourrisson.

Pourquoi parler de ce sujet ? Tout simplement parce qu’il a été évoqué dans le New England Journal of Medicine[1] cette année et parce que nous allons entrer dans la période épidémique hivernale de cette maladie virale. Nous n’avons pas de traitement spécifique de la bronchiolite, qui touche préférentiellement les enfants de moins de deux ans et est souvent plus grave chez les petits nourrissons. Sont donc proposés en traitement symptomatique : l’oxygénothérapie, le soutien respiratoire et la réhydratation.

Concernant l’oxygénothérapie, nous avons à notre disposition soit une oxygénothérapie standard aux lunettes à 2 L par minute, classique, soit pour les équipes qui en ont, de la CPAP (c’est-à-dire, la continuous positive airway pressure) — un système ventilatoire qui se met au niveau nasal sur le petit nourrisson, et puis une technique assez récente, qui est la High-Flow,  ou oxygénothérapie à haut débit, qui permet, grâce à des canules nasales, d’apporter de l’oxygène à haut débit à la fois humidifié et réchauffé. Cette technique serait efficace dans un certain nombre de pathologies et la bronchiolite en particulier, parce qu’elle augmente la fraction inspirée d’oxygène, elle diminuerait la fatigue respiratoire, en particulier en améliorant assez rapidement la fréquence respiratoire, parce que cette technique apporte un petit effet PEP du fait du lavage des voies aériennes supérieures.

Donc l’équipe australienne de Donna Franklin présentait dans le NEJM de cette année une belle étude randomisée contrôlée [1  ]sur une population de 1472 enfants qui comparait un bras standard avec de l’oxygénothérapie classique versus un bras avec de la High-Flow Therapy. Ce qui était recherché, c’était l’absence d’escalade thérapeutique dans les deux bras, en particulier l’absence de passage à une ventilation, que ce soit une CPAP ou même une ventilation mécanique invasive.

Les résultats de cette étude sont flagrants : une grosse différence entre le bras High-Flow Therapy, où l’escalade thérapeutique a concerné 12 % des enfants, versus le bras oxygène standard où, là, c’est 23 % (soit quasiment un quart) des enfants qui ont nécessité cette escalade ventilatoire. Il y a donc un vrai bénéfice à la High-Flow Therapy dans cette étude plutôt bien menée. Autres éléments qui ressortent et que concluent les auteurs, c’est que la High-Flow peut être utilisée sur les bronchiolites hypoxémiques en première intention et que cela évite l’escalade thérapeutique chez un enfant sur dix.

Bien sûr, il peut être nécessaire de rappeler qu’à la fois l’oxygène est important, mais aussi de traiter les enfants avec un environnement serein et aussi des mesures d’hydratation toujours nécessaires.

Voilà ce qui ressort de cette belle étude que je vous engage à lire ou à relire. Je vous souhaite un bon hiver et je vous dis à très bientôt sur Medscape.

 

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