Pr Christophe Pison

Auteurs et déclarations

20 septembre 2018

Enregistré le 18 septembre 2018, en direct du congrès de l’European Respiratory Society

De plus en plus d’études montrent le rôle clé du microbiote dans divers domaines de la santé, en infectiologie et en gastro-entérologie, notamment, mais pas seulement. Lors du congrès de l’European Respiratory Society 2018, un symposium a été consacré aux liens entre le microbiote et les maladies respiratoires[1]. Le Pr Christophe Pison (Pneumologue, CHU de Grenoble ; Inserm, Université Joseph-Fourier, France.) revient, dans cette vidéo, sur les principaux points clés de la session.

Dans une première partie, le Pr James D. Chalmers, de Dundee en Ecosse, a rappelé que la découverte de bactéries dans le poumon ne date que de quelques années. « Au départ on pensait que le milieu était stérile », précise-le Pr Pison. Le Pr Chalmers a présenté une revue de la littérature sur les déterminants de ces microbiotes en fonction de l’âge, de la génétique, des médicaments (antibiotiques, cortisone…), de l’environnement et de la maladie des patients. Il a montré qu’il n’y avait pas d’influence du sexe. « Dans la série de la médecine personnalisée, voilà une nouvelle strate qui est extrêmement informative. Mais, on ne sait pas encore très bien comment le mesurer en routine », souligne le Pr Pison. Faut-il le mesurer sur l’expectoration ? Faut-il faire des analyses très complètes ? Peut-on aller analyser directement les métabolites que l’on exhale ?  Faut-il décrypter la taxonomie de ce microbiote ?

Dans une deuxième partie, Karoline Faust (Leuven, Belgium) a modélisé les interactions entre les différents micro-organismes. « On voit bien que la bioinformatique et la modélisation sont très importantes pour essayer de comprendre cette écologie, de comprendre comment ces groupes de bactéries se comportent entre elles et de prédire des réponses », explique le Pr Pison.

Dans une troisième partie, Patricia Lepage (INRA, Jouy en Josas, France) a abordé le concept de résilience. Après une agression, qu’elle soit infectieuse, environnementale, nutritionnelle ou antibiotique, comment le microbiote revient ou ne revient pas à l’état antérieur. « C’est un grand mystère, le microbiote est en général très stable mais qu’elles sont les circonstances qui le déstabilisent et le rendent dys-symbiotique ? ».

L’oratrice a ensuite abordé la question de la modulation du microbiote. « Les modifications du microbiote seraient probablement causales et non pas la conséquence des maladies digestives », souligne le pneumologue français.

Quelles applications en pneumologie ? Dans le futur, les experts espèrent des avancées dans l’asthme et la BPCO. Mais déjà, la mesure du microbiote avant de démarrer une immunothérapie dans le cancer du poumon est en passe de devenir une routine. « Si votre microbiote est modifié avant de démarrer une immunothérapie pour un cancer du poumon, il n’y a aucun effet. Une antibiothérapie aussi banale soit-elle par une ampicilline avant une immunothérapie anéanti tout espoir de réponse. Cela a été la grande découverte de 2018 que nous a rappelé Patricia Lepage », conclut le médecin grenoblois.

 

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