Le décès d’un jeune sapeur-pompier relance le débat sur la réponse aux urgences

Dr Isabelle Catala

17 septembre 2018

Général Jean-Claude Gallet

France -- Dans un courriel de 3 pages adressé aux 8 500 sapeurs-pompiers de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) et que s’est procuré Le Parisien, le général Jean-Claude Gallet relie directement le décès du caporal Geoffroy Henry, 27 ans, à des manquements du centre 15 qui n’a pas transmis toutes les informations au moment du départ de l’équipe. Une réaction, portée par l’émotion, qui questionne une fois de plus sur l’organisation de la réponse aux urgences et lance le débat sur ce qu’est la véritable mission des hommes du feu qui ont désormais du mal à garder leurs nouvelles recrues.

Patient schizophrène

Pour rappel, deux sapeurs-pompiers ont été attaqués à coups de couteau par un homme atteint de schizophrènie en crise au cours d’intervention le 4 septembre à Villeneuve-Saint-Georges (94), l’un d’entre eux est décédé des suites de ses blessures. « Une société qui ne protège pas ses anges gardiens est vraiment malade, écrit Jean-Claude Gallet, très affecté par ce décès. Les pompiers ne sont pas là pour être le punching-ball d’une violence irrationnelle ». Si les pompiers doivent suivre leur devise « sauver ou périr », poursuit-il, il ne faut « pas que cela soit pour rien ».

 
Une société qui ne protège pas ses anges gardiens est vraiment malade Jean-Claude Gallet
 

198 pompiers agressés en région parisienne en 2017

Le général – sans préciser si l’attaque aurait pu être évitée ou non – indique que l’appel a initialement été reçu par le Centre 15 qui n’a pas retransmis aux pompiers d’informations précises sur les antécédents du patient du fait de la « faible communication entre les acteurs de l’urgence qui fonctionnent avec des schémas éculés ».

Il appelle à la mise en place de « mesures pour qu’un tel drame ne se renouvelle pas ». L’équipage était en effet parti sur une intervention qualifiée de banale alors même que le Samu savait qu’il s’agissait d’un homme agité aux antécédents psychiatrique, en rupture de traitement.

Le nombre des actes de violence vis-à-vis des pompiers augmente régulièrement en région parisienne passant de 84 pompiers agressés en 2014 à 198 en 2017 et à 160 entre le premier janvier 2018 et le 31 aout.

Parasités par la « bobologie »

Interrogé par Le Parisien, le général Jean-Claude Gallet affirme que sa démarche est uniquement guidée par la volonté d’améliorer en permanence la chaine de secours avec l’ensemble des acteurs concernés… « Aujourd’hui, il faut vraiment passer la vitesse supérieure, et aller notamment vers des plates-formes uniques de réception des appels, un système qui a fait ses preuves à l’étranger mais aussi dans plusieurs départements français. Et je sais que c’est la volonté du préfet de police que d’avancer dans cette direction et qu’il soutient la Brigade dans ce sens », ajoute-t-il.

Les pompiers souhaitent depuis quelques années de recentrer sur leur cœur de métier et ils se plaignent d’un nombre important d’intervention pour « bobologie », en particulier à la demande des centres 15 : 84 % des interventions en effet sont désormais des secours à la personne, contre 6 % des incendies.

Corolaire du mésusage des brigades de pompiers, les recrutements sont de plus en plus difficiles à effectuer car le métier ne correspond plus aux attentes. Désormais, 30 % des nouveaux entrants, indique Le Figaro , abandonnent leur poste au cours de la première année de service.

 
84 % des interventions sont désormais des secours à la personne, contre 6 % des incendies
 

 

 

 

 

 

 

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