Pour les étudiants en médecine, la rentrée, ce n’est pas donné

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

5 septembre 2018

France -- Pour la deuxième année consécutive, l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) rend publique une étude sur le coût de la rentrée en première année commune des études de santé (Paces), ainsi qu'en première année du deuxième cycle des études médicales (DFASM1). Ces deux périodes étudiantes sont ponctuées par des concours, alourdissant d'autant les frais étudiants. L'Anemf a fait le choix d’analyser ces frais auprès d’étudiants non-boursiers, vivant ailleurs qu’au domicile parental.

Coût exorbitant des "prépas"

Au global, les frais des étudiants en Paces sont en moyenne de 5016,95 euros et de 3249,25 euros en DFASM1. Une baisse par rapport à l'an dernier, puisque, respectivement, ces dépenses étaient de 5749 euros et 4026 euros. Cela reste toutefois un montant trop important pour l'Anemf, qui estime que ces sommes pourraient être revues à la baisse, tant il est vrai que des divers achats pourraient être supprimés, avec l'aide des pouvoirs publics.

Concernant les étudiants en Paces, l'Anemf dénonce le coût exorbitant des "prépas" privées. En effet, pour aborder leur concours de la meilleure façon possible, les étudiants en Paces ont le choix entre les services du tutorat, et ceux d'organismes de préparation privée. Si la majorité des tutorats – des groupements d'étudiants en deuxième et troisième année qui viennent en aide aux étudiants en première année – sont gratuits, il en va tout autrement des prépas privées : leur coût s'élève entre 3722,13 euros en région et 4533,13 euros en Ile-de-France. Pour contrer les effets pervers de cette distorsion de concurrence entre étudiants, l'Anemf prône le développement des tutorats afin qu'ils deviennent les interlocuteurs privilégiés des lycéens visant la Paces.

Référentiels au format numérique

Pour les étudiants en DFASM1, les référentiels de spécialité constituent le premier des pôles de dépense en matériel pédagogique, selon l'Anemf. Leur coût ? 1221,10 euros s'ils sont achetés neufs. Et sans qu’il soit possible, pour les associations, de fixer le prix de ces livres – non considérés comme des ouvrages scolaires. Pour l'Anemf, il s'agit d'une anomalie qu'il convient de corriger, en attribuant la qualification de livres scolaires auxdits référentiels. Autre solution prônée par l'Anemf pour diminuer les coûts : permettre aux étudiants de bénéficier des référentiels au format numérique gratuitement. Un certain nombre de collèges d'enseignants ont d'ores et déjà entrepris de le faire, reste à généraliser cette procédure.

Les étudiants en DFASM1 doivent aussi faire face aux dépenses liées à la préparation des ECNi en ligne. Des services d'aide proposent un forfait à 243 euros, concurrençant ainsi la plateforme publique et libre d'accès SIDES. L'Anemf incite les universités à enrichir SIDES pour fournir un vrai service de préparation aux ECNi.

Difficultés spécifiques aux étudiants hospitaliers

En matière de protection sociale, l'association d'étudiants souligne aussi un paradoxe : les frais d'inscription pour les étudiants en DFSAM1 sont augmentés de 71,90 euros, du fait de la mise en place de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC). En contre-partie de cette nouvelle contribution, les étudiants sont déchargés de leur cotisation à l'assurance maladie... sauf pour les étudiants hospitaliers, considérés comme des salariés. Ils doivent donc s'acquitter à la fois de la CVEC et de leur cotisation à l'assurance maladie... L'Anemf demande donc une compensation du coût de la CVEC pour les étudiants hospitaliers, mais aussi la possibilité de percevoir la prime pour activité, réservée aux salariés à revenu modeste.

Logement et restauration posent également problème pour les étudiants hospitaliers. Éloignés de chez eux, ils devraient pouvoir se loger, dans de véritables externats-internats, encore trop rares et peu rénovés. Ou percevoir l'aide aux logements pour les zones sous-denses de 235 euros.

Ne pas faire du service sanitaire, une charge supplémentaire

Ils devraient aussi bénéficier dans les hôpitaux de tarifs de restauration étudiants, à l'instar des tarifs universitaires. Si l'Anemf salue la mise en place du service sanitaire, en revanche l'association insiste pour qu’il ne soit pas une charge supplémentaire pour les étudiants et des garanties sur l'implication des collectivités territoriales quant aux aides proposées aux étudiants pour la réalisation du service sanitaire.

Une grande concertation sur l'entrée dans les études de santé

Dans le cadre de l'annonce du plan de transformation de notre système de santé par les pouvoirs publics, l'Anemf lance une grande concertation auprès des étudiants entre septembre et novembre. Durant le mois de septembre, l'Anemf lancera un sondage public, élaborera des groupes de travail dématérialisés, et des groupes de travail physiques afin de proposer de nouveaux modèles d'étude. En octobre et novembre, l'association d'étudiants organisera des assemblées générales locales dans chaque faculté de médecine, pour un rendu lors d'une assemblée générale entre le 1er et le 4 novembre.

 

 

 

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