Marathoniens en arrêt cardiaque : une prise en charge ultrarapide… à la japonaise

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

20 août 2018

Tokyo, Japan -- Alors que l’engouement pour les courses sur routes ne se dément pas au Japon, une équipe de cardiologues et urgentistes a mis en place une organisation innovante qui a permis de sauver 26 des 28 coureurs qui ont présenté un arrêt cardiaque en cours de course et devant un témoin. Et les chiffres sont étonnants : en moyenne la réanimation cardio-vasculaire a débuté 50 secondes (de 30 secondes à une minute) après l’événement et le premier choc électrique externe a été réalisé avec un délai de 2 minutes 10 secondes.

Les médecins responsables de la médicalisation des courses ont publié dans le NEJM les résultats de la mise en place de moyens spécifiques sur 251 courses sur route entre 2005 et 2017 (soit un panel de 1 965 265 coureurs ayant parcouru de 10 à 42,2 kms).

Des secours à vélo, à pied, en bord de route ou en courant

Le dispositif est fondé sur des équipes mobiles : des paramedics (secouristes non-médecins formés à l’urgence) se déplacent à vélo en équipe de 2 avec un défibrillateur externe et un kit médical d’urgence (rayon d’action 1,5 km), et des binômes d’étudiants en soins infirmiers formés au gestes de premier secours qui transportent eux aussi des défibrillateurs externes (une équipe tous les kilomètres en début de course et une tous les 800 m à l’approche de l’arrivée). En parallèle, des postes médicaux sont disposés tous les 5 km : on peut y trouver des médecins, des infirmiers et des entraineurs sportifs.

Un système de communication dédié a été mis en place avec un poste de commandement qui, en cas d’arrêt cardiaque fournit les coordonnées GPS aux sauveteurs. En retour, les volontaires qui balisent le trajet de la course ont un accès privilégié au centre de commandement médical s’ils constatent qu’un participant nécessite des soins immédiats.

Enfin – et c’est tout à fait orignal – des médecins inscrits à la course sont appariés en binôme et équipés de téléphone avec localisation GPS. En cas de besoin, ils ont accepté d’intervenir auprès les personnes malades, voire de débuter une réanimation cardio-vasculaire en attendant les premiers secours.

 
Des médecins inscrits à la course sont appariés en binôme et équipés de téléphone avec localisation GPS.
 

2 décès sur 30 arrêts cardiaques

Pendant les 12 premières années de suivi de ce dispositif, 30 personnes ont présenté un arrêt cardiaque, dont 2 sans témoins (soit 1,53 arrêt pour 100 000 coureurs). Elles étaient âgées en moyenne de 51 ans et il s’agissait d’hommes dans 90 % des cas. La grande majorité (63 %) des arrêts est survenue à l’occasion de course de longue durée (semi ou marathon). Et 21 des 30 arrêts ont eu lieu dans le dernier quart de course.

Les deux coureurs en arrêt sans témoin sont décédés. Les 28 autres ont été pris en charge en moins d’une minute. Le premier choc électrique externe a été délivré 2 minutes après l’accident aux 23 patients en fibrillation ventriculaire. Cinq des patients ont récupéré une activité cardiaque après réanimation cardiovasculaire (RCP) simple.

Le délai moyen entre l’arrêt et la reprise d’une circulation spontanée a été évalué à 5, 5 minutes (de 3,2 à 7 minutes).

Le devenir neurologique à 1 mois et à 1 an de tous les patients réanimés s’est révélé favorable.

Enfin, les coureurs ont été hospitalisés en moyenne pendant 5 jours (de 3 à 8 jours).

 
Le délai moyen entre l’arrêt et la reprise d’une circulation spontanée a été évalué à 5, 5 minutes.
 

 

 

 

 

 

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